Un outil de diagnostic agro-écologique décevant
En octobre, le ministère de l’Agriculture lançait, à grand renfort de communication, un outil web d’auto-diagnostic agro-écologique. Nous l’avons testé. S’il s’avère intéressant pour débuter une démarche plus durable, ses limites sont vite atteintes.
En octobre, le ministère de l’Agriculture lançait, à grand renfort de communication, un outil web d’auto-diagnostic agro-écologique. Nous l’avons testé. S’il s’avère intéressant pour débuter une démarche plus durable, ses limites sont vite atteintes.

Évaluer son exploitation dans la démarche d’agro-écologie et trouver des pistes de progrès. Telle est la promesse de l’outil de diagnostic du ministère de l’Agriculture, lancé fin 2015. En pratique, force est de constater qu’il ne donne que de très grandes orientations. Mis en ligne courant 2015, l’outil est accessible à tous les agriculteurs depuis une plateforme internet gratuite, et utilisable après une simple inscription. Point positif, la prise en main est facile : le site est ergonomique, plutôt intuitif et la création du compte se fait sans peine, en renseignant quelques informations basiques sur son exploitation (type de culture, superficie…). Le diagnostic en lui-même est une suite de petits questionnaires (29 au total) divisés en trois modules : pratiques, performances et démarches.
L’outil est développé pour toutes les filières agricoles confondues
Le remplissage de tous les paramètres demande deux heures environ, et nécessite parfois de se replonger dans ses dossiers (pour donner son EBE, par exemple). Le site calcule ensuite automatiquement le degré d’implication dans l’agro-écologie, avec un code couleur permettant de visualiser les points forts et points faibles. Malheureusement, l’évaluation se montre, dans bien des cas, peu pertinente, car développée pour l’ensemble les filières agricoles confondues, et donc pas forcément adaptée au contexte de la viticulture. Dans d’autres cas, elle ne porte que sur une seule question, lui conférant une vision très manichéenne. Par exemple, le seul fait d’avoir un cépage résistant au stress hydrique suffit à donner une bonne note au poste « économie des ressources en eau ». Peu importe que vous utilisiez des milliers de mètres cubes pour laver votre tracteur, ou que vous ayez des compteurs pour surveiller vos consommations ! Au final, l’outil enfonce parfois des portes ouvertes et les indicateurs manquent de puissance car le diagnostic n’est pas assez poussé. Il émet un avis que l’on soupçonne avant même de commencer. Par ailleurs, la lecture des pistes de progrès est peu compréhensible. Cet outil a toutefois le mérite d’exister, et peut être une porte d’entrée pour ceux qui sont étrangers au concept d’agro-écologie mais souhaitent commencer à s’y intéresser.