Pourriture acide : des doutes sur la responsabilité de la drosophile suzukii
La présence de Drosophila suzukii a été confirmée en Bourgogne et en Alsace. Est-elle, pour autant, responsable des dégâts de pourriture acide constatés dans le vignoble français ? La chose n’est pas avérée.

d’importants dégâts sur les fruits rouges. Elle a été repérée en France pour la
première fois en 2010.
Drosophila suzukii, cet insecte d’origine asiatique, dont la présence est désormais confirmée dans certaines zones du vignoble français, a fait le buzz durant toute la période des vendanges. Mais les accusations dont elle a pu faire l’objet quant aux attaques de pourriture acide constatées ici ou là, ne sont pas, elles, confirmées. “ Nous avons piégé et identifié des drosophiles suzukii, un peu partout dans le vignoble alsacien ”, indique Céline Abidon, de la chambre d’agriculture de la région Alsace. “ Certes, cette année est marquée par la piqûre acétique. Mais les conditions du millésime s’y prêtaient. Il est donc difficile d’établir la part de responsabilité de la suzukii sur cette question. ” 2014, compte tenu de la météorologie, restera comme une année à drosophiles, renchérit Eve Gueydon du BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne). “ Pour la première fois, cette année, nous l’avons identifié en Bourgogne. Nous avons quelques dégâts de pourriture acide mais qui restent localisé et qui ne mettent pas la vendange en péril. Mais il est impossible à ce jour de faire un lien entre suzukii et la pourriture acide, d’autant plus que celle-ci n’est pas majoritaire par rapport à la drosophile melanogaster qui est classiquement responsable de ces attaques. ”
Pas de présence avérée dans le Bordelais
Du côté de Bordeaux, la présence de suzukii n’est pas avérée. “ Nous avons bien vu partir quelques foyers de pourriture acide mais ce n’est pas la première fois et ceux-ci restent limités. L’état de la vendange, grâce aux conditions météo est plutôt satisfaisant. Nous nous posons bien évidemment la question de la présence de suzukii dans le vignoble et nous allons travailler avec des entomologistes pour la reconnaître. Mais il semblerait, compte tenu de son comportement, à savoir qu’elle mange entièrement les baies qu’elle serait plutôt responsable d’une perte de récolte que des attaques de pourriture acide ”, indique Carine Delacroix, conseillère viticole à l’Urablt (Union régionale agricole de Branne-Libourne-Targon). À noter toutefois que la Draaf Aquitaine a lancé une enquête (1) auprès des vignerons afin de préciser le niveau d’attaque de pourriture acide et les secteurs concernés. “ On parle beaucoup de suzukii mais, dans le vignoble saumurois, c’est essentiellement melanogaster qui est retrouvée ”, constate Nicolas Rubin, de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. “ Nous sommes néanmoins en train de la rechercher dans le raisin atteint de pourriture acide. Un phénomène qui reste limité à quelques parcelles même si celui-ci est récurrent depuis quelques années. ”
(1) https://docs.google.com/ forms/d/1US-BuVVRa0m-YGI5NdR9T35E3N87C6JFlLg_hZj1vw4/viewform