Les promesses des stimulateurs
Les stimulateurs des défenses naturelles des plantes (SDP ou SDN) sont de plus en plus performants sur vigne. S’ils ne peuvent pas encore se substituer aux produits traditionnels de traitement, ils permettent d’en diminuer les doses. Voici un point d’étape sur les connaissances actuelles.
Les stimulateurs des défenses naturelles des plantes (SDP ou SDN) sont de plus en plus performants sur vigne. S’ils ne peuvent pas encore se substituer aux produits traditionnels de traitement, ils permettent d’en diminuer les doses. Voici un point d’étape sur les connaissances actuelles.



« Je n’ai constaté aucune différence d’efficacité par rapport à un programme classique », se réjouit David Mau. En 2017, ce viticulteur de Loubens, en Gironde, a expérimenté un itinéraire « biocontrôle » comprenant des SDP, sur deux hectares. « Je fais partie du réseau Dephy et nous essayons donc de diminuer les doses de produits phyto ; de trouver des alternatives, décrit-il. Notre animateur a parlé du Messager. J’ai donc décidé de le tester. » Pour ce faire, il a consacré à l’expérimentation trois parcelles partiellement gelées de merlot, cabernet sauvignon et sauvignon blanc.
Le Messager s'emploie comme un phyto conventionnel
L’animateur du réseau Dephy l’a aidé à élaborer le programme, en concertation avec son distributeur de phytos. En début de campagne, David Mau a réalisé deux passages avec du LBG-01F34 (phosphonates de potassium) et des produits de contact. Le 4 mai, le 17 et le 25, il a traité avec du Messager de Jouffray-Drillaud, à 2 litres par hectare. Ce produit, constitué de Cos-Oga, un mélange de chitosan, issu de l’exosquelette des crustacés, et de pectine, provenant de la peau des agrumes et des pommes, permet de simuler la présence et la prolifération du champignon, ce qui déclenche les défenses immunitaires de la vigne.
Pour l’appliquer, David Mau a employé son pulvérisateur pneumatique habituel, un face par face Thomas Nicolas de 1 500 litres, qu’il a passé à 5,6 km/h comme de coutume. Il est intervenu dans les mêmes conditions météorologiques que pour les produits conventionnels : le matin ou le soir, lorsque la température n’est pas trop élevée et que le vent est absent ou faible, et avec un volume de 120 litres par hectare à pleine végétation. Le 4 mai, il a mélangé la formulation liquide du Messager à deux contacts : du Polyram DF (métirame) à 400 g (pour une dose homologuée de 2 kg/ha) et un soufre mouillable (Kumulus DF, homologué à 12,5 kg/ha) à 1,5 kg. « Les produits se sont très bien mélangés, je n’ai eu aucun souci », rapporte David Mau. Ni grumeaux, ni bouchages de pastilles. Et le nettoyage du pulvérisateur a été similaire à la normale.
De même, le 17 mai, il a intégré le Messager à du cuivre à 800 g et du soufre à 4 kg. Et à du Kumulus à 4,5 kg et du Polyram à 1,3 kg le 25 mai. Il a clos la saison avec deux passages de contacts additionnés d’un engrais foliaire éliciteur, le Nectar MGS, de De Sangosse.
Au final, les vignes protégées de la sorte n’ont pas eu plus de dégâts que les autres. David Mau compte donc étendre l’expérimentation cette année. « 2017 était une année de faible pression, rappelle-t-il. Je souhaite donc re-tester le produit. Je vais passer à 12 hectares, l’équivalent d’un pulvérisateur, avec le même programme et peut-être du Limocide/Essenc’iel (huile d’orange douce) en plus. Le risque n’est pas énorme. Si jamais je vois que cela décroche, je peux basculer sur un programme conventionnel. » Pour lui, travailler de la sorte n’a que deux inconvénients : le coût, qui est supérieur à celui d’un itinéraire classique, et les cadences, qui doivent être raccourcies en cas de pluie. Mais c’est le prix à payer pour diminuer les doses de phytos. « J’ai été convaincu par ce programme, conclut le viticulteur. Et dans le groupe, tous ceux qui ont essayé vont poursuivre. Mais de là à l’employer sur toute la propriété, je ne sais pas. Il faut que cela reste rentable. »
Travailler de la sorte n’a que deux inconvénients : le coût, qui est supérieur à celui d’un itinéraire classique, et les cadences, qui doivent être raccourcies en cas de pluie.
repères
SCEA Mau
Surface 88 hectares
AOC bordeaux blanc, rouge et rosé
Cépages merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, malbec et sauvignon blanc
Nombre de salariés 2 CDI intermittents et 4 saisonniers
Production à venir environ 4 000 hl de rouge et 650 hl de blanc
Cave coopérative Les Coteaux d’Albret Mesterrieux