LUTTE BIOLOGIQUE
Influence du cépage sur le ver de la grappe
LUTTE BIOLOGIQUE
Selon le cépage sur lequel se développe le ver de la grappe, ce dernier n’opposera pas la même résistance à ses ennemis naturels. Un constat qui pourrait conduire à affiner les stratégies de lutte biologique en fonction des cépages.

LE NOMBRE D’ŒUFS DE VERS DE LA GRAPPE peut varier de 20% entre un pinot et un grenache.
©
P. Cronenberger
Les résultats enregistrés en viticulture par la lutte biologique avec des trichogrammes contre les vers de la grappe varient de 20 à 70 %. Une telle variabilité est à attribuer à la latitude, au climat, à la structure du vignoble, à la taille des parcelles mais aussi au cépage. " Entre un pinot et un grenache, le nombre d'œufs d'eudémis pondus peut enregistrer une différence de 20 % ", constate Denis Thiéry, chercheur à l'INRA de Bordeaux.
" Le cépage favoriserait ou non le succès reproducteur du ravageur"
Mais au-delà du nombre d'œufs pondus, c'est aussi la qualité intrinsèque de l'œuf ou de la chenille du ravageur qui va être modifiée selon le cépage sur lequel il se développe et donc ses performances vis-à-vis du parasite. " Selon la qualité nutritive qu'il est en mesure de lui fournir, le cépage favoriserait ou non le succès reproducteur du ravageur, sa fécondité, sa durée de vie. Il influencerait même la vitesse de développement de la chenille d'eudémis ainsi que la taille des œufs, sachant que le trichogramme parasite de préférence les plus gros œufs. " Ainsi entre deux cépages, les dégâts provoqués par les vers de la grappe pourront être différents ainsi que l'efficacité de la lutte biologique par les trichogrammes. " Nous sommes toutefois face à une situation complexe. Le riesling, par exemple, est très défavorable à l'eudémis. Celle-ci y vit moins longtemps, a une fertilité faible mais les œufs qu'elle produit se montrent plus résistants au trichogramme (Trichogramma evanescens), entraînant probablement un phénomène de compensation aux facteurs négatifs cités plus haut. Cela ne doit pas conduire pour autant à abandonner la lutte biologique, mais au contraire à réfléchir à une adaptation en fonction des caractéristiques du vignoble (encépagement, présence ou absence de zones écologiques refuges favorables aux ennemis naturels...) Actuellement, on ne lâche pas de trichogrammes en France contre les vers de la grappe. Si cette technique se développe, on pourrait réfléchir à adapter le nombre de trichogrammes ", estime Denis Thiéry. Des travaux menés entre l'UMR de santé végétale de Bordeaux et l'UMR CNRS de Biogéosciences de Dijon, étudient d'ailleurs en détail les variations de capacités de défense de la chenille (via son système immunitaire), en fonction du cépage.
" Le cépage favoriserait ou non le succès reproducteur du ravageur"
Mais au-delà du nombre d'œufs pondus, c'est aussi la qualité intrinsèque de l'œuf ou de la chenille du ravageur qui va être modifiée selon le cépage sur lequel il se développe et donc ses performances vis-à-vis du parasite. " Selon la qualité nutritive qu'il est en mesure de lui fournir, le cépage favoriserait ou non le succès reproducteur du ravageur, sa fécondité, sa durée de vie. Il influencerait même la vitesse de développement de la chenille d'eudémis ainsi que la taille des œufs, sachant que le trichogramme parasite de préférence les plus gros œufs. " Ainsi entre deux cépages, les dégâts provoqués par les vers de la grappe pourront être différents ainsi que l'efficacité de la lutte biologique par les trichogrammes. " Nous sommes toutefois face à une situation complexe. Le riesling, par exemple, est très défavorable à l'eudémis. Celle-ci y vit moins longtemps, a une fertilité faible mais les œufs qu'elle produit se montrent plus résistants au trichogramme (Trichogramma evanescens), entraînant probablement un phénomène de compensation aux facteurs négatifs cités plus haut. Cela ne doit pas conduire pour autant à abandonner la lutte biologique, mais au contraire à réfléchir à une adaptation en fonction des caractéristiques du vignoble (encépagement, présence ou absence de zones écologiques refuges favorables aux ennemis naturels...) Actuellement, on ne lâche pas de trichogrammes en France contre les vers de la grappe. Si cette technique se développe, on pourrait réfléchir à adapter le nombre de trichogrammes ", estime Denis Thiéry. Des travaux menés entre l'UMR de santé végétale de Bordeaux et l'UMR CNRS de Biogéosciences de Dijon, étudient d'ailleurs en détail les variations de capacités de défense de la chenille (via son système immunitaire), en fonction du cépage.