Aller au contenu principal

L'aleurode épineux du citronnier débarque sur la vigne en Occitanie

Un nouvel insecte ravageur de la vigne, l'aleurode épineux du citronnier, a été repéré dans le Gard et l’Hérault cet été. Ouvrez l’œil !

Aleurocanthus spiniferus. Tel est le petit nom latin de l’aleurode épineux du citronnier, le nouveau ravageur détecté sur de nombreux végétaux, dont la vigne, cet été. Originaire du sud-est de l’Asie, cet insecte progresse sur le continent européen depuis plusieurs années. Selon la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) Occitanie, il a été identifié en 2008 en Italie, dans la région des Pouilles, puis en Grèce, en Croatie, au Monténégro et en Albanie, avant de pénétrer dans l’Hexagone au mois de juin. Il s’agit d’un organisme de quarantaine des agrumes, au même titre que Scaphoideus titanus pour la vigne.

Cet insecte peut conduire à la mort de plants affaiblis

Si on ne connaît pas pour l’heure l’impact exact de cet insecte sur la vigne, la Draaf Occitanie précise que l’aleurode « s’alimente sur les feuilles des végétaux, et affaiblit la plante. Il excrète de plus un miellat abondant et collant qui conduit au développement d’une couche noirâtre (la fumagine), empêchant la photosynthèse et la respiration de la plante. De fortes infestations peuvent entraîner la chute des feuilles et même conduire à la mort de jeunes arbres ou plantes trop affaiblies ».

Si vous décelez des larves « regroupées en colonies immobiles sur la face inférieure des feuilles : de petite taille (entre 0,3 et 0,8 mm), noires avec une marge blanche constituée de courts filaments de cire », il peut s’agir de l’aleurode épineux. La Draaf précise par ailleurs que « les adultes possèdent des ailes gris-bleu avec des points blancs et ne mesurent pas plus de 1,7 mm ». En cas de localisation de telles larves ou de tels insectes, un signalement sans délai auprès de la Draaf-SRAL Occitanie (sral.draaf-occitanie@agriculture.gouv.fr) est de mise, en joignant si possible une ou plusieurs photos des insectes observés.

Incinérer ou ensacher les parties infestées

Dans les communes où l’infestation a déjà été constatée, seuls les signalements de dégâts importants ou de suspicions sur de nouvelles espèces végétales doivent être remontés à la Draaf. Ces communes en question sont Aimargues, Aubord, Bernis, Bouillargues, Congénies, Junas, Nîmes, Saint-Gilles, Saint-Laurent-d’Aigouze, Uchaud, Vauvert et Vestric-et-Candiac (Gard) ainsi que Lunel et Saint-Nazaire-de-Pézan (Hérault). « L’insecte est également en attente de confirmation sur les communes de Aigues-Vives, La Calmette, Langlade et Le Cailar (Gard), à Marsillargues (Hérault), et a été détecté de façon localisée à Boisseron et Montpellier (Hérault) », précise la Draaf.

En cas de pied atteint, il est primordial de brûler ses parties infestées ou de les isoler dans des sacs hermétiques durant au moins deux semaines.

Comment lutter ?

La note de la Draaf indique que des « traitements insecticides à base d’huiles minérales, paraffiniques ou huiles essentielles d’orange, à action physique (contact-asphyxie) sur les larves, peuvent être conseillés dans le respect des usages autorisés pour ces produits, sur les plantes assainies, dès lors qu’une infestation peu importante sans développement de fumagine est observée ».
De son côté, Jacques Grosman, référent-expert national viticulture en santé et protection des végétaux à la Draaf-SRAL, recommande aux vignerons situés dans les zones où la présence de l’aleurode a été constatée de traiter les vignes avec du Magestik de Certis, un insecticide de biocontrôle à base de maltodextrine. Et ce, afin d’éviter la propagation de l’insecte.

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">Remorque antigel bricolée.</em>
Astuce de vigneron en Gironde : « J’ai confectionné une remorque antigel pour protéger mes vignes »

Frédéric Lahaye, viticulteur à Val de Virvée, en Gironde, a bricolé une remorque antigel. Voici comment il a opéré.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Le programme de protection doit tenir compte de la pression black-rot sur les gamays. </em>
Dans le Rhône, « le soufre réinvestit mon programme de traitement de la vigne »

Certifié Terra Vitis, Benoît Bleton essaie de limiter les produits CMR au maximum, tout en conservant une bonne efficacité.…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole