Aller au contenu principal

Le Covid-19 pourrait accélérer la démondialisation

© G. Omnès

Après des années d’intensification du commerce international, la mondialisation est entrée dans le discrédit général, accentué par la pandémie du coronavirus, selon Thierry Pouch, économiste à l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture). La rupture était clairement apparue lors de la crise économique de 2008-2009, qui s’était accompagnée d’une baisse des échanges internationaux. Ce constat a été conforté par le processus de relocalisation de certaines industries, fortement influencé par les écarts de coûts salariaux dans le monde. Le Covid 19 pourrait accélérer cette démondialisation. De plus, le caractère libéral du commerce mondial a progressivement fait place à des protections nationales. Un exemple récent est le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, qui peut être considéré comme une interruption de la libéralisation du commerce mondial et une réintroduction des accords bilatéraux entre les nations. De plus, les citoyens-consommateurs sont devenus sensibles aux méthodes de production, à la disponibilité des produits et biens, à l’innovation et au respect de l’environnement et des droits de l’homme conduisant également au protectionnisme. Ainsi, la démondialisation gagne en importance. Le ralentissement de la croissance économique mondiale peut être largement attribué à la situation économique de la Chine. Cette situation s’est aggravée depuis l’apparition du coronavirus. Début mars, l’OCDE a de nouveau révisé à la baisse ses prévisions économiques pour l’année 2020. Le Covid-19 déstabilise désormais l’économie mondiale et souligne l’interdépendance internationale, notamment entre le monde occidental et la Chine.

Q. Mathieu et T. Pouch, 2020. Thomas Diafoirus, médecin et probable prix Nobel d’économie 2020 ou les effets probables du COVID-19 sur l’économie mondiale et sur l’agriculture. Analyses et perspectives n° 2002 - mars 2020.

Avis d’expert : Jan Peter Van Ferneij, Ifip-Institut du porc

« La filière porcine européenne est trop dépendante de la Chine »

« La filière porcine européenne est devenue dépendante de la demande chinoise, qui achète plus de la moitié de ses exportations. Depuis janvier, ces exportations sont interrompues par le Covid-19. En raison des barrières de transport en Chine, il était souvent impossible de livrer la viande dans les villes. De nombreux conteneurs ont été stockés dans les ports chinois et asiatiques. Depuis mi-mars, ce stock dans les ports commence lentement à se résorber. Maintenant, les exportations européennes se heurtent aux problèmes logistiques, liés au manque de disponibilité de containers et à la diffusion du coronavirus en Europe. Nous vivons une époque très incertaine, avec une économie fragilisée, où il est extrêmement difficile d’imaginer comment la consommation répondra au confinement des populations, comment les exportations se dérouleront dans un contexte d’une concurrence accrue avec les États-Unis et comment les prix évolueront. »

Les plus lus

truies en liberté dans des cases maternité en groupe de 6 truies, avec sevrage sur place
Truies en groupe et sevrage sur place, la maternité repensée

Sabine et Stéphane Demeuré ont mis au point leur modèle de maternité liberté qui associe truies en groupe et sevrage sur place…

<em class="placeholder">Jean-Marc et Stéphanie Langlais, éleveur de porcs</em>
« J’ai agrandi mon élevage de porcs pour avoir des salariés »

À Lamballe dans les Côtes-d’Armor, Jean-Marc Langlais a repris deux sites proches de son élevage pour atteindre une taille d…

<em class="placeholder">Elevage porcin es Espagne</em>
Pourquoi la croissance de la production porcine espagnole est sous contraintes ?

Portée par un modèle compétitif, une forte intégration et une stratégie export offensive, la filière porcine espagnole a connu…

<em class="placeholder">Actuellement, une fraction minoritaire des animaux prélevés rejoint des circuits commerciaux officiels.</em>
Gibier sauvage : une ressource à valoriser

Malgré des prélèvements en forte hausse, la viande de grand gibier reste paradoxalement sous-exploitée. Une expérimentation…

<em class="placeholder">Morgane Rannou, présidente de Porélia</em>
Le groupement d'éleveurs de porcs Porélia défend la résilience de son modèle

Face à la baisse des cours du porc, Porélia réaffirme les fondamentaux de son modèle : maîtrise des coûts,…

<em class="placeholder">Un quart des 26 installations accompagnées par la Cooperl en moyenne tous les ans se font hors cadre familial</em>
Transmettre son exploitation à son salarié

Pour remplacer les éleveurs qui vont partir en retraite, les seules transmissions familiales ne suffiront pas. Les salariés…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)