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Comprendre la grippe porcine en quatre questions

Un groupe de vétérinaires praticiens a rédigé trois fiches pédagogiques destinées aux éleveurs de porc. Elles permettent de mieux comprendre et prévenir la grippe porcine en élevage.

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Une quarantaine stricte réduit le risque d'introduction du virus par les animaux.
© D. Poilvet

Un « comité grippe » composé de vétérinaires praticiens en élevages porcins et animé par Isabelle Corrégé, vétérinaire à l’Ifip, s’est constitué début 2022 dans l’objectif d’améliorer la connaissance et la prise en charge de la grippe porcine par les professionnels de la filière. 

Lire aussi : « Nous maîtrisons les signes cliniques de la grippe porcine»

Ce comité a rédigé des fiches pédagogiques destinées à répondre à toutes les questions des éleveurs avec le soutien institutionnel de Ceva Santé animale. Elles résument les principales informations à connaître sur la maladie, la gestion de la grippe en élevage et le risque pour l’homme.

Lire aussi : Les mains et les vêtements contribuent à transmettre la grippe chez les porcs

1-Comment se transmet le virus de la grippe porcine?

Le virus de la grippe se transmet essentiellement par contact direct « de groin à groin » et par transmission aérienne d’un bâtiment à l’autre. Des transmissions d’un élevage à l’autre jusqu’à deux kilomètres de distance ont été scientifiquement démontrées. Le virus peut aussi se transmettre indirectement par des objets ou des surfaces contaminées (bottes, gants, tenues de l’éleveur, poussières ou matériel d’élevage). Le virus grippal est très contagieux. Au sein d’une population naïve, un porc infecté contamine en moyenne quinze autres porcs. À titre de comparaison, un porc contaminé par le PCV2 transmet le virus à cinq autres porcs, 5,4 porcs pour le SDRP et entre 1,3 et 1,5 porc pour le mycoplasme, ce qui souligne la très forte contagiosité de la grippe.

 

 
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Le virus de la grippe A est très contagieux © Ceva

2-Quels sont les symptômes de la grippe porcine?

Les virus influenza ciblent les cellules des voies respiratoires et s’y multiplient, provoquant leur mort. Cela déclenche des éternuements, des écoulements nasaux, puis de la toux et des coups de flancs et une baisse d’appétit. La fièvre monte souvent à plus de 40,3 °C. De nombreux porcs de l’élevage sont atteints simultanément s’il s’agit d’une grippe épidémique. En revanche, la grippe récurrente touche systématiquement des porcs au même âge, le plus souvent autour de 7 à 8 semaines de vie. Dans ce cas, les symptômes sont plus discrets, mais ils se prolongent à l’échelle de la bande car de nouveaux porcs sont malades quotidiennement. Les truies peuvent être également atteintes, avec pour conséquence de l’infertilité, de la mortalité embryonnaire, des avortements et une baisse de la production laitière.

3-Comment faire un bon diagnostic de la grippe porcine?

Le virus est rapidement excrété par l’animal, dès un à deux jours après sa contamination, et pendant environ sept jours. Un diagnostic virologique est possible durant cette période sur des fluides corporels prélevés par des écouvillons nasaux, des cordes à mâcher, des sondages trachéo-bronchiques ou encore des chiffonnettes. En seconde intention, pour les porcs âgés de plus de 70 jours uniquement, un diagnostic sérologique peut être réalisé à partir de huit jours après l’infection pour une recherche d’anticorps post-infectieux. Mais l’identification du sous-type responsable de l’infection par cette méthode n’est pas fiable à 100 %, d’autres sous-types ayant pu contaminer les animaux précédemment.

 

 
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Deux méthodes de diagnostic de la Grippe A selon le temps écoulé après l'infection des animaux © Source : Ceva Santé animale

4-Comment prévenir la grippe porcine?

Quatre angles d’attaque permettent de prévenir et de mieux gérer les épisodes de grippe en élevage :

Réduire le risque d’introduction du virus par des animaux avec une période de quarantaine stricte, et par les aérosols contaminés grâce à la filtration de l’air entrant et la mise en place de haies brise-vent autour des bâtiments d’élevage par exemple. L’introduction via des humains porteurs doit aussi être évitée.
Réduire l’impact clinique en agissant sur les co-infectants via les vaccins ou les antibiotiques, et sur la fièvre par l’administration d’antipyrétiques. L’absence d’appétit nécessite de baisser la ration alimentaire.
Limiter sa diffusion dans l’élevage en réduisant la pression infectieuse (tout plein-tout vide, nettoyage, désinfection et vide sanitaire), en augmentant les défenses immunitaires (vaccination), en réduisant le plus possible les mélanges, et en assurant le confort des porcs. Le recyclage d’air vicié issu de la ventilation des salles doit être évité au maximum.
Vacciner les animaux, et avant tout les reproducteurs pour réduire les signes cliniques, l’excrétion virale et protéger la descendance des signes cliniques jusqu’à cinq semaines de vie. Deux protocoles peuvent être appliqués : une vaccination de masse tous les quatre mois pour un statut immunitaire homogène des reproducteurs, ou bien une vaccination bande à bande avant mise bas pour un maximum d’immunité colostrale transmise aux porcelets. Cependant, la vaccination des truies n’a pas d’influence sur la dynamique de circulation de la grippe dans l’élevage. En effet, les reproducteurs ne représentent que 10 % de l’effectif présent chez un naisseur-engraisseur.

Côté web

Téléchargez trois fiches conseil sur la grippe porcine destinées aux éleveurs sur le site Porc Info

 

 

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