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Complémentation au pâturage
Obtenir de bonnes performances sans gaspillage

Quand et comment complémenter les vaches laitières au pâturage ? Avis d´experts pour vous aider à choisir la stratégie la plus adaptée à votre système.

Chronopature est également expérimenté par d’autres laiteries, comme Agrial. © Fromagerie Milleret
Chronopature est également expérimenté par d’autres laiteries, comme Agrial.
© Fromagerie Milleret


« Pour caler les complémentations en concentrés des vaches laitières au pâturage, il faut viser 95 g de PDI par UFL dans la ration totale, conseille Gérard Losq, ingénieur alimentation au pôle régional herbivores des Chambres d´agriculture de Bretagne. Pendant les périodes de transition ou quand la proportion d´ensilage de maïs représente environ les trois quarts de la ration totale, je suggère de complémenter à hauteur de 100 grammes de correcteur azoté de type tourteau de soja par kilo de matière sèche d´ensilage de maïs. Cela représente 1 kilo de correcteur pour 10 kilos de matière sèche d´ensilage. Cette ration permet un niveau de production de 26 à 27 kilos de lait par jour. Dés que le pâturage représente plus de la moitié de la ration, il est judicieux de supprimer le correcteur azoté quelle que que soit la nature de la prairie mais sous réserve d´une offre d´herbe suffisante et de bonne qualité. »
En pleine saison de pâturage, la valeur azotée de l´herbe excède largement le seuil des 95 grammes. En sortie d´hiver, les prairies feuillues de ray-grass anglais et trèfle blanc ont des valeurs alimentaires élevées atteignant fréquemment 150 grammes de PDIN, 115 grammes de PDIE et 1 UFL par kilo de matière sèche.
En période de pousse (d´avril à juin), les valeurs tournent autour de 130 grammes de PDIN, 110 grammes de PDIE et 1 UFL par kilo de matière sèche. « On a souvent tendance à sous-estimer la valeur azotée de l´herbe au printemps et à l´automne, ajoute Rémy Delagarde, ingénieur de recherche à l´Inra de Saint-Gilles (35). On n´a aucun intérêt à apporter un correcteur azoté lorsque les vaches ne consomment que de l´herbe sauf pour certains cas en fin d´été ou pour des prairies de graminées non fertilisées. »


Privilégier les concentrés à base de céréales


Pour le concentré de production, il faut privilégier les céréales ou les concentrés de production à base de céréales (90 grammes de PDI) voire une VL 18.
La complémentation au pâturage a un effet sur les taux. « De 0 à 5 kilos de concentré, le taux butyreux diminue de 0,2 à 0,4 grammes et le taux protéique augmente de 0,2 grammes par kilo de concentré consommé » commente Rémy Delagarde. L´arrêt de la complémentation dépend des objectifs de l´éleveur. Pour des vêlages réalisés en fin d´été voire début d´automne, cet arrêt ne pose pas de problème particulier. « Les vaches sont en fin de lactation au printemps, et leur production va diminuer parallèlement à la baisse de valeur nutritive de l´herbe », explique Gérard Losq.



Complémenter si l´offre d´herbe est limitante


Des essais menés dans les stations expérimentales de Trévarez (29) et de l´Inra du Rheu (35) ont montré qu´avec une herbe de printemps sans complémentation, des vaches multipares en début de lactation ont pu produire 36 kilos de lait. « Les performances des vaches au pâturage dépendent essentiellement de leur production à la mise à l´herbe. Elles sont liées au potentiel laitier et à la capacité d´ingestion de l´animal. Or, l´ingestion des animaux varie selon les quantités et la qualité de l´herbe. rappelle Luc Delaby, de l´Inra de Saint-Gilles.
Souvent le niveau d´ingestion des vaches en début de lactation dépasse largement nos repères habituels. « La notion de seuil de complémentation est aujourd´hui définitivement abandonnée », ajoute Luc Delaby. La décision de complémenter ou pas se fera surtout en fonction de la disponibilité de l´herbe et du chargement. Complémenter se justifie d´autant plus que la surface de pâture et donc que l´offre d´herbe est limitante pour la saison. La complémentation en énergie se justifie aussi si l´on souhaite maximiser la production et se rassurer.

Quant au choix des vaches à complémenter, il se fait sur l´état corporel et le stade de lactation. La période à risque est celle de la mise à la reproduction. Toutefois, les habituelles recommandations de complémentation en début de lactation, visant à éviter un amaigrissement excessif et la dégradation des performances de reproduction, sont loin d´être avérées.
En effet, une récente synthèse réalisée par Luc Delaby, à partir des données obtenues à l´Inra du Pin au Haras, indique qu´en début de lactation et au printemps, l´apport de 4 kilos de concentré n´améliore pas les performances de reproduction. L´apport de concentrés améliore la production laitière conformément à la règle de 1 kilo de lait pour 1 kilo de concentré. Pour des niveaux de production compris entre 25 et 40 kilos, cette réponse à l´apport de concentré au pâturage est constante et se vérifie au moins jusqu´à 4 kilos de concentrés. Au-delà, l´efficacité devient beaucoup plus dépendante des conditions de pâturage.

 

 

 

 

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