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Météo : un mois de juillet chaud et sec qui affole les statistiques et menace les cultures

Pour le 14e mois consécutif, juillet a affiché des températures supérieures à la moyenne saisonnière. C’est également le mois de juillet le plus sec depuis 1959, accentuant la séquence de sécheresse qui s’est installée depuis le printemps et parachevant une année climatique très compliquée en grandes cultures.

Le mois de juillet très sec et plus chaud que la normale vient renforcer les inquiétudes, alors que les excès de la météo ont déjà lourdement pénalisé les cultures d'automne. © G. Omnès
Le mois de juillet très sec et plus chaud que la normale vient renforcer les inquiétudes, alors que les excès de la météo ont déjà lourdement pénalisé les cultures d'automne.
© G. Omnès

Quand l’anormal devient la norme… Les analyses de Météo-France se suivent et se ressemblent, pointant du doigt le sec et la chaleur qui prévalent de plus en plus souvent dans le pays à la période estivale. Le mois de juillet cumule ces deux caractéristiques. Le 29 juillet, Météo-France indiquait que le mois de juillet 2020 était « au premier rang des plus secs » depuis 1959. Avant l’épisode orageux survenu toute fin juillet, les précipitations en moyenne sur la France ne représentaient que 28 % des valeurs normales (sur 1981-2010) entre le 1er et le 28 juillet.

Le déficit d’eau enfonce ainsi ceux enregistrés en juillet 1964 (40,5 % des valeurs normales) et 1979 (45,2 %). Une grande partie du pays est touchée par le déficit hydrique, particulièrement marqué dans les régions allant du Sud-Ouest à la vallée de la Loire et au Nord-Est. Conséquence : Météo-France attire l’attention sur le risque d’observer une sécheresse agricole de l’Auvergne-Rhône-Alpes au Grand-Est et des Hauts de France à la Basse-Normandie.

Les sols superficiels affichent un déficit hydrique marqué néfaste pour les cultures

La sécheresse agricole est définie par Météo France comme « un déficit en eau des sols superficiels entre 1 et 2 m de profondeur, suffisant pour altérer le bon développement de la végétation ». Selon Jean-Michel Soubeyroux, climatologue pour Météo-France interrogé par le quotidien 20 Minutes le 3 août, « toute la zone située au nord d’une ligne allant de Cherbourg à Grenoble se situe à un niveau « sec décennal », c’est-à-dire à un niveau de sécheresse que l’on ne rencontre que tous les dix ans ».

Cette séquence de sec survient après les excès d’eau de l’automne qui ont empêché la bonne exécution des semis des cultures d’hiver (blé et orge) dans plusieurs régions françaises. La sécheresse s’est ensuite installée au printemps, pénalisant un peu plus les rendements de cultures fragilisées par une mauvaise implantation.

Sur les sept premiers mois de l’année, 2020 établit un nouveau record de chaleur

Il faut ajouter à ce manque de précipitations des températures une nouvelle fois au-dessus de la normale sur ce mois de juillet. « Le mois de juillet encore plus chaud que la normale complète une série de 14 mois sans anomalie négative depuis juin 2019 », rapporte Météo-France. Du jamais vu depuis le début des mesures météorologiques, il y a plus de cent ans. Le mois de juillet 2020 affiche une température moyenne supérieure de 0,9 °C par rapport à la normale. « Ce mois de juillet relativement chaud conforte l’avance de 2020 sur la période janvier-juillet par rapport à tous les autres débuts d’année depuis 1900, explique l’organisme public. Sur les 7 premiers mois de l’année, 2020 devance ainsi 2007 (le précédent record) avec une marge de +0,34 °C. »

La récolte 2020 est ainsi à ranger parmi les millésimes particulièrement touchés par les excès de la météo en grandes cultures, comme en témoigne la petite production en blé tendre, estimée en dessous de 30 millions de tonnes sous l’effet de la baisse des surfaces et des conditions météo adverses.

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