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Après vêlage, en cas de rétention placentaire, évitez les délivrances manuelles

En cas de non-expulsion du placenta dans les 12-24 heures après vêlage, mieux vaut ne pas forcément mettre le bras dans l’utérus pour essayer d’arracher la délivrance. La délivrance manuelle aurait même un impact négatif sur la fertilité.

« Bonjour, il faudrait venir délivrer la grosse Jalna qui a vêlé hier et qui a toujours la délivrance accrochée. » Ce genre de motif d’appel est amené à disparaître, mais encore faut-il le rappeler aux éleveurs : dans ce type de situation, il convient d’attendre. Une rétention placentaire ou non-délivrance correspond à une non-expulsion du placenta dans les 12 à 24 heures après vêlage. Cela reste quelque chose de relativement fréquent puisque concernant jusqu’à 8-10 % des bovins après une mise bas normale.

Une petite visite à Jalna permet de m’assurer qu’il n’y a pas d’erreur de diagnostic : il ne faudrait pas confondre les enveloppes fœtales et l’utérus ! Ce dernier est lourd, volumineux, rougeâtre, avec des cotylédons bien visibles (boules ovales aplaties de 5 à 10 cm de long sur lesquelles est accroché le placenta). Et s’il ne reste pas sagement dans l’abdomen, on parle de matrice ou encore de prolapsus utérin. C’est une urgence, avec un risque vital pour la vache lié à une possible hémorragie. Une délivrance est moins épaisse, beaucoup plus claire (blanchâtre à rouge pâle) avec les zones d’accroche sur les cotylédons rougeâtres et en léger relief. Et vouloir attraper la matrice avec une fourche au cul de la vache, parce qu’on l'a confondue avec la délivrance… cela se termine rarement bien !

D’abord ne pas nuire puis surveiller

En l’occurrence, Jalna n’a qu’une simple délivrance qui lui pendouille derrière, ouf ! S’ensuivent un petit tour de la vache et un questionnement de l’éleveur : A-t-elle vêlé à terme ? Seule ou avec de l’aide ? Veau simple ou jumeaux ? Les non-délivrances sont en effet beaucoup plus fréquentes sur les vêlages assistés, les avortements ou les jumeaux.

On n’oublie évidemment pas de vérifier l’absence de fièvre, de mammite, la présence d’une rumination normale. C’est le cas pour cette vache. Et là, déception pour l’éleveur : on ne fait pratiquement rien d’autre. Et en particulier, on ne met pas forcément le bras dans l’utérus pour essayer d’arracher la délivrance (NDLR : au risque d’introduire des germes et traumatiser l’utérus). Au mieux, on tord sur lui-même le morceau qui pend : parfois la délivrance termine de tomber. Si jamais elle reste accrochée, il faut couper au ras de la vulve pour éviter que le poids trop important de la délivrance crée des lésions sur la muqueuse de l’utérus. Il y aurait même un impact négatif sur la fertilité lors de délivrance manuelle. On utilisera des antibiotiques uniquement si la vache se met à présenter de la fièvre. Il n’y a pas de différence d’effet entre un antibiotique dans l’utérus ou par voie générale. On préférera cette dernière pour éviter de ramener de nouveaux germes dans la matrice.

Des traitements complémentaires peuvent améliorer l’expulsion de la délivrance : acupuncture, huiles essentielles (certaines huiles sont utérotoniques et ont un effet anti-infectieux), homéopathie à donner précocement.

Il conviendra évidemment de surveiller la vache dans les jours et semaines qui suivent : présence ou non de fièvre, présence ou non d’écoulements vulvaires (couleur lie-de-vin dans les jours suivant le vêlage, jaune/blanc plus tard, présence d’une odeur, etc). L’administration de prostaglandines peut être intéressante 10-15 jours après vêlage pour améliorer la vidange de l’utérus et limiter l’apparition de métrite.

 

Toujours contextualiser la vache au milieu du troupeau

Quelle est la fréquence des non-délivrances et des métrites dans le cheptel ? La présence de nombreuses non-délivrances (plus de 10-12 %) et/ou métrites doit faire penser à rechercher certains germes (notamment la fièvre Q) et à réfléchir à l’alimentation. Les carences en vitamine E et sélénium affectent l’immunité. Les fièvres de lait subcliniques (vache debout mais quand même carencée en calcium) vont limiter la contraction de l’utérus et donc ralentir le vêlage, avec un risque plus élevé d’intervention de l’éleveur… Sans oublier que la propreté autour du vêlage (box, matériel, mains de l’éleveur…) est essentielle.

À retenir

-Pas de délivrance manuelle forcée
-Couper le surplus qui ne tombe pas seul
-Surveiller la fièvre et l’état général de la vache
-Surveiller l’absence de métrite

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