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Export français de blé tendre revu en légère baisse vers les pays tiers, selon FranceAgriMer.

La demande marocaine semble se tasser en blé tendre. Le feuilleton de la phosphine n'a eu aucune conséquence sur les calculs de FranceAgriMer. En orge, l'origine hexagonale devrait être concurrencée par les lots australiens sur le marché chinois lors du second semestre 2023.

© dendoktoor-Pixabay

Les exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers pour la campagne commerciale 2022-2023 ont été révisées à la baisse entre mars et avril par FranceAgriMer (FAM), de 50 000 t pour tomber à 10,4 Mt. Celles vers l’UE régressent également, de 74 000 t, à 6,431 Mt.

La raison évoquée pour expliquer cet effritement attendu des expéditions vers pays tiers est « une demande internationale un peu moins importante, du Maroc notamment », relève Paul Le Bideau, adjoint au chef de l’unité Grains et sucre de FAM, lors de la conférence de presse suivant le conseil spécialisé Grandes cultures le 13 avril 2023 en visioconférence. Il précise que « 8,5 Mt ont été expédiées entre juillet 2022 et fin février 2023 (toutes destinations confondues), et que le "line-up" observé porterait ce chiffre à plus de 9 Mt en mars et en avril, ce qui est nettement supérieur au rythme observé l’an dernier à pareille époque ». Concernant le commerce vers les pays de l’UE, les experts de FAM constatent un recul des expéditions vers les Pays-Bas assez significatif.

Le feuilleton de la phosphine a bien entendu été évoqué par les participants au conseil spécialisé. « Cet épisode a inquiété les opérateurs, mais normalement, le gouvernement devrait prendre les mesures nécessaires pour que nous puissions continuer à exporter. (…) Dans nos calculs permettant d’élaborer les bilans, nous avons considéré qu’il n’y aura pas de problème », commente Benoît Piètrement, qui préside ledit conseil. Néanmoins, « la question à l’avenir est de savoir si ce genre d’épisode va se reproduire. Ce type de décision doit être prise au niveau politique, pas au niveau de l’Anses. (…) Nos clients africains nous demandent de traiter à la phosphine, et ce serait se tirer une balle dans le pied de ne pas y répondre, surtout dans un contexte de guerre en Ukraine, où la Russie pourrait en profiter », prévient-il.

Les bilans relatifs aux industries françaises (meunerie, amidonnerie, alimentation animale…) évoluent peu. Le seul changement constaté est la révision à la baisse de la consommation de blé tendre par la nutrition animale hexagonale de 50 000 t entre mars et avril, à 4,3 Mt, compte tenu d’une perte de compétitivité en formulation par rapport au maïs. Les stocks prévisionnels de fin de campagne 2022-2023 sont relevés de 112 000 t, à 2,614 Mt.

Bonne dynamique des expéditions d’orges 2022-2023

En orges, FAM a rehaussé significativement ses projections d’exportations vers les pays de l’UE d’un mois sur l’autre de 170 000 t, à 3,183 Mt. Ceci en raison d’une forte demande de la part « des Pays-Bas, de la Belgique mais aussi de l’Allemagne, grâce à la bonne compétitivité de l’origine française », témoigne Paul Le Bideau. Du côté des pays tiers, l’heure est également au relèvement des perspectives, les expéditions passant de 3 Mt à 3,03 Mt. « La potentielle baisse des droits de douanes appliqués par la Chine sur les origines australiennes n’impactera pas les exportations hexagonales pour 2022-2023. Nous avons encore d’importants "line-up" vers ce pays d’ici à la fin de la présente campagne. En revanche, la question se posera lors du second semestre 2023 », prévient l’adjoint au chef de l’unité Grains et sucre de FAM.

La consommation de la malterie est revue en légère baisse, de 20 000 t entre mars et avril, à 270 000 t. Celle de la nutrition animale régresse de 50 000 t, à 1,1 Mt, également en raison de la moindre compétitivité de l'orge fourragère par rapport au maïs en formulation.
Les stocks de fin de campagne sont abaissés de 150 000 t sur la période, à 1,317 Mt.

En maïs, la consommation des fabricants d’aliments pour animaux est rehaussée de 50 000 t d’un mois sur l’autre, à 2,35 Mt. Celle de l’amidonnerie régresse de 25 000 t, à 1,825 Mt. Du côté des exportations, FAM abaisse ses prévisions vers les Etats membres de l’UE de 41 000 t, à 3,079 Mt, et de 20 000 t vers les pays tiers, à 340 000 t. Bilan : les réserves de fin de campagne augmentent de 82 000 t, à 2,150 Mt.

Des réserves françaises 2022-2023 de blé dur historiquement basses

En blé dur, le bilan se tend une nouvelle fois. FAM parie sur des stocks hexagonaux de fin de campagne 2022-2023 à seulement 71 000 t (contre 83 000 t le mois antérieur), un plus bas historique.

L’utilisation par la semoulerie s’avère dynamique, et se retrouve relevée de 20 000 t entre mars et avril par l’organisme public, à 520 000 t. Alors que l'export vers pays tiers est maintenu à 130 000 t sur la période, celui vers l’UE est augmenté de 10 000 t, à 825 000 t.

 

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