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Résilience alimentaire
Un modèle 100 % local serait contre-productif, selon Utopies

À l’occasion du salon Produrable (7 et 8 septembre à Paris), un atelier a porté sur la capacité des zones urbaines françaises à développer leur autonomie alimentaire.

Pour développer la résilience alimentaire, un mix entre développement de l’offre locale et émergence de synergies est proposé sans exclure le renforcement de l’offre local déjà existante : les fruits et légumes se retrouveraient dans cette configuration . © Philippe Gautier - FLD
Pour développer la résilience alimentaire, un mix entre développement de l’offre locale et émergence de synergies est proposé sans exclure le renforcement de l’offre local déjà existante : les fruits et légumes se retrouveraient dans cette configuration .
© Philippe Gautier - FLD

Les Français semblent avoir un appétit de plus en plus marqué pour les produits locaux et de proximité. Mais, les chiffres sont têtus : le degré d’autonomie alimentaire des cent principales aires urbaines françaises ne dépasse pas 2 %. C’est le résultat d’études menées par le cabinet Utopies qui animait la conférence « Autonomie alimentaire : produire local ne suffit pas », à l’occasion du salon Produrable à Paris le 7 septembre. Utopies a apporté son expertise dans l’élaboration de la stratégie alimentaire métropolitaine du Grand Lyon. La métropole n’est autonome qu’à 9,5 % en légumes et 2,6 % en fruits. Pourtant, dans un rayon de 50 km, les producteurs ne manquent pas. « En fait, la production alimentaire existe mais elle est expédiée à 85 % hors de la région et les IAA locales importent leur matière dans une même proportion », note Annabelle Richard, directrice Économies locales et durables.

Éviter le repli sur soi

Développer une production locale destinée majoritairement à un marché local donc fait sens. Cependant, pour Aurore Maire, directrice Stratégie & Consommation responsable, un modèle 100 % local (comme on le voit se développer actuellement) pourrait être contre-productif : « Local ne signifie pas forcément durable. La pertinence doit se mesurer sur l’ensemble de la chaîne de production et selon le cahier des charges retenu. De plus, en termes de résilience alimentaire, le local ne doit pas être synonyme de repli sur soi. On peut imaginer un département autonome en matière alimentaire : il serait vulnérable en cas d’intempérie climatique. Que se passerait-il alors ? Si une zone urbaine entend atteindre entre 10 et 20 % d’autonomie alimentaire (un chiffre considéré comme maximum), une interdépendance voulue (entre activités, entre régions…) et le développement de synergies paraient nécessaires ». Dans une récente note de position, Utopies a évalué la résilience alimentaire dans le monde. Globalement, la France se classe 4e mais, elle ne pointe qu’à la 27e place pour les fruits et légumes.

La capacité d’autonomie alimentaire pour les zones urbaines serait de 10 % à 20 % maximum selon le cabinet.

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