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Choux : de nouvelles variétés plus résistantes

Les bioagresseurs, notamment les maladies, sont une préoccupation importante en choux. De nouvelles variétés plus résistantes apparaissent ou sont annoncées pour les années à venir.

Les essais du CATE montrent des différences de sensibilité variétales pour de nombreux bioagresseurs.
© V. Bargain

« En 2017, en Bretagne, 52 bioagresseurs ont été répertoriés en choux », a indiqué Damien Penguilly, du Cate, lors de la journée Brassica organisée par Syngenta. Les bioagresseurs se répartissaient entre seize champignons, quatre bactéries, vingt-cinq insectes et sept vertébrés et mollusques. Et si la prophylaxie, des solutions chimiques, des techniques alternatives permettent de limiter les dégâts, les résistances variétales sont de plus en plus recherchées, pour des raisons d’efficacité, de coût et de réponse aux attentes sociétales en termes de réduction des pesticides. Mycosphaerella brassicicola, champignon de périodes humides, est un des bioagresseurs les plus importants. Dispersé par le vent et la pluie, il provoque des taches circulaires de 1 mm à 2 cm, brun foncé avec des points noirs, qui ne se déchirent pas. Les symptômes les plus graves sont observés de novembre à fin mars, avec des chutes de feuilles, pertes de calibre et taches sur les parties commercialisées. Des différences de sensibilité variétales sont toutefois observées. Dans un essai du Cate, l’absence de protection sur des variétés sensibles a entraîné une baisse des gros calibres de 30 % par rapport aux zones protégées, alors qu’avec les variétés à très bon comportement, les calibres ont été similaires avec ou sans fongicide. Les bactéries, favorisées par la pluie, le vent et l’humidité, causent aussi des pertes importantes. Xanthomonas campestris (pourriture noire), qui survit plus de cinq ans dans les déchets de culture et le sol, est peu nuisible en chou-fleur et brocoli mais peut être très dommageable en chou pommé. Et d’autres bactéries peuvent causer des dégâts (Pseudomonas marginalis…), le brocoli en particulier pouvant être attaqué par tout un cortège de bactéries. Les solutions chimiques sont peu efficaces, mais des différences de sensibilité sont observées entre variétés. Autre problème : la rouille blanche, causée par le champignon Albugo candida, qui se manifeste par des cloques desquelles s’échappe une poudre blanche (les spores). Transmis par le vent, la pluie, les insectes, favorisé par un temps humide et frais, le champignon peut provoquer des dégâts en brocoli, choux de Bruxelles et choux pommés. Là encore, des différences de sensibilité sont observées entre les variétés.

Résistances et tolérances aux maladies d’hiver

De plus en plus, les sélectionneurs recherchent donc des résistances à ces maladies. Syngenta propose des variétés ayant des résistances intermédiaires à Mycosphaerella en chou-fleur d’hiver (Darwin, Delon), chou blanc, chou de Milan et devrait en proposer en choux de Bruxelles en 2019. Le semencier offre aussi des variétés résistantes à Xanthomonas campestris en chou blanc (hors Europe pour l’instant) et en annonce pour les autres espèces en 2020. Contre la rouille blanche, il propose des résistances intermédiaires en choux de Bruxelles, chou blanc et chou de Milan. « Notre objectif est d’augmenter les résistances et d’accroître leur durabilité », précise Jan Bruin, phytopathologiste chez Syngenta. Bejo travaille sur la bonne tenue globale des choux aux maladies d’hiver. « En chou de Milan, nous ne proposons plus que des variétés ayant au moins une résistance intermédiaire aux bactéries et à Mycosphaerella », indique Maxime Viel, technico-commercial Bejo. Bejo teste notamment en production deux nouvelles variétés de chou de Milan (Bejo 3053 et Bejo 3154) et deux nouvelles variétés de chou-fleur (Bejo 3028 et Bejo 3029) de bon comportement à ces maladies. Le semencier propose aussi Doric, variété de choux de Bruxelles à bon comportement aux bactéries. Et contre la rouille blanche, il offre Report, chou à choucroute hautement résistant à la rouille blanche, ainsi que Impala et Expect, choux blancs de résistance intermédiaire à la rouille blanche, à Mycosphaerella et à Xanthomonas. Les variétés résistantes aux maladies d’hiver sont toutefois peu nombreuses. Sur 38 variétés de chou-fleur retenues en Bretagne, seules 7 sont hautement tolérantes ou résistantes à Mycosphaerella, pour les créneaux de février à avril. Et sur les 9 variétés de chou de Milan retenues, aucune n’est hautement tolérante ou résistante au pathogène.

Résistance à la hernie

Autre problème important : la hernie du chou, due au champignon Plasmodiophora brassicae et favorisée par la chaleur, les excès d’eau et un pH acide. Les spores, qui persistent 15-20 ans au champ, sont transmises par la terre, les bottes, les machines. Le champignon, qui pénètre dans la plante par les poils absorbants ou les blessures des racines, s’y multiplie, provoquant sur les racines la formation de galles qui perturbent l’alimentation en eau et nutriments. Les symptômes sont un feuillage sénescent, jaune à vert pâle, un flétrissement et un rabougrissement de la plante. Dans une enquête menée en 2017 par la Chambre d’agriculture de Bretagne sur dix-sept exploitations, six avaient des dégâts de hernie ayant entraîné 3 à 25 % de pertes, six avaient quelques zones de hernie et cinq n’en avaient pas. Les leviers chimiques sont inefficaces et la protection repose sur des rotations longues, le chaulage, la préparation de sol… Quatre races sont aujourd’hui répertoriées, les races 0 et 1 étant prédominantes. Quelques variétés hautement résistantes existent déjà. Syngenta propose des variétés résistantes en chou-fleur (Clapton, résistante aux races 0,1, 3, Claforsa), chou blanc (Kilajack, Kilazol, Kilaton, Kilastor), choux de Bruxelles (Crispus, Cryptus) et désormais chou de Milan (Cordesa) et annonce pour 2020 des variétés résistantes aux quatre races de la hernie pour toutes les espèces. Bejo propose Lodero, variété de chou rouge résistante aux races 0, 1, 2 et travaille pour avoir au moins une variété résistante hernie dans chaque espèce.

Thrips, mouche du chou, mildiou

La tolérance au thrips est un autre axe essentiel de sélection. Cet insecte est très nuisible en brocoli, chou-fleur, choux de Bruxelles et surtout chou blanc, où le ravageur se développe entre les feuilles, ce qui rend les traitements très difficiles et peut impliquer d’enlever de nombreuses couches de feuilles pour vendre le produit. Aucune haute résistance n’est proposée mais des différences de sensibilité variétale sont observées. Syngenta propose des variétés de chou blanc plus tolérantes au thrips (Casitor, Bloktor, Kingstonia…), ne nécessitant d’enlever qu’une à deux couches de feuilles, et devrait en proposer d’ici 2020 en choux de Bruxelles. Impala et Expecta de Bejo présentent aussi un bon comportement au thrips. Autre axe de recherche : la résistance à la mouche du chou, ravageur omniprésent et vorace, contre laquelle les solutions alternatives sont peu efficaces ou économiquement inadaptées. Des sources de résistance existent dans d’autres espèces et un programme a été initié par l’Inra et l’UFS pour étudier un possible transfert aux choux. Autre problème : le mildiou, important en chou-fleur et brocoli. Aux USA, Syngenta propose un brocoli hautement résistant au mildiou (Everest) et prévoit d’ici 2020-2022 de proposer d’autres variétés de brocoli et des variétés de chou-fleur hautement résistantes.

Rédaction Réussir

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