Aller au contenu principal

[Covid-19] Chez Triballat Rians : "Les ventes vont repartir progressivement"

Triballat Rians, transformateur laitier dans le Grand-Est, a demandé aux éleveurs de modérer leur collecte sur le printemps, sans entamer leurs capacités de production de cet été. Pour Dominique Verneau, directeur amont, en cette mi-mai, la crise liée au coronavirus est encore une crise conjoncturelle de quelques mois.

Dominique Verneau, directeur amont de Triballat Rians
Dominique Verneau, directeur amont de Triballat Rians : "Aujourd'hui (15 mai), cette crise est encore une crise conjoncturelle de quelques mois."
© C. Pruilh - Archives

Pour Triballat Rians, le confinement dû au Covid-19 a entraîné de fortes croissances des ventes sur certaines gammes vendues en GMS (grande et moyenne surface), comme les gros conditionnements de faisselle (500 g et 1 kg) plébiscités par les familles, tandis que d'autres ventes se sont écroulées, comme celles des fromages AOP Epoisses et Langres (baisse des ventes de plus de 40%). Les débouchés RHF et export ont fortement régressé. Certaines lignes de transformation sont donc sous tension, quand d'autres sont quasiment à l'arrêt.

Lire aussi : Face au Covid-19, des situations très disparates dans la filière laitière

C'est le réseau de distribution qui explique avant tout l'évolution des ventes

Les mesures françaises de confinement ont fait la part belle aux GMS et au rayon libre-service. "Le comportement du consommateur a évolué, vers des produits de plus gros format, stockables, cuisinables. Mais c’est avant tout le positionnement réseau qui influence les évolutions des ventes. Un exemple, en Rocamadour, nous ne sommes pas leader, mais nous avons des positions essentiellement GMS et MDD (marque distributeur) : nos ventes augmentent. Tandis que nos concurrents qui sont plus sur les réseaux spécialisés (crémiers, grossistes, restauration) voient leurs ventes chuter", expose Dominique Verneau, directeur amont de T. Rians.

Les fromages AOP vendus à la coupe ont souffert

C'est l'inverse pour les AOP Epoisses et Langres. "La fermeture des rayons à la coupe des distributeurs a sonné un coup d’arrêt pour nos ventes. Nous avons des références pour le rayon libre-service, mais les centrales d'achat ne les ont plus commandées pendant le confinement, pour privilégier les fromages les plus vendus. Et elles ont  pu parfois privilégier leur marque distributeur (MDD) au dépend de nos marques."

A l'export, nos ventes ont baissé entre 5 et 30% selon les destinations ; l’Angleterre est un pays où nos ventes ont le mieux résisté avec un quasi maintien des volumes.

Plus d'excédents de lait à gérer au printemps

Au final, "nous avons eu environ 10 à 15% de lait d'excédent en plus que d'habitude. Quelques contrats ont pu être trouvés, mais sinon l'essentiel a été vendu sur le marché du lait spot : entre 180 et 200 €/1000 l départ usine pour le lait entier, 70 à 100 € pour le lait écrémé", précise Dominique Verneau.

Pour l'instant, c'est encore une crise conjoncturelle

L'entreprise a demandé aux éleveurs de modérer les volumes de lait livrés sur avril et mai, sans indiquer de pourcentage de baisse, ni imposer de dispositif individuel. "Il n'était pas question d'entamer les capacités de production des éleveurs." L'été est une période de grosse consommation pour T. Rians. "En cette mi-mai, on peut dire que l'on est encore dans une crise conjoncturelle de quelques mois."

Dominique Verneau souligne l'état d'esprit positif des les OP partenaires (UPLV, APLBC, APLFG). "Nous faisons régulièrement des visioconférences ensemble pour renforcer la communication entre nous, ce qui a joué pour trouver des solutions ensemble qui conviennent à tous."

Un peu plus de la moitié des éleveurs bénéficieront de l’aide du Cniel

Un peu plus de la moitié des 125 exploitations bovin lait qui livrent T. Rians pourront être indemnisées par le fonds de solidarité du Cniel. En moyenne, les livraisons d'avril ont baissé de 10,5% par rapport à avril 2019. "Hormis les cas de cessation laitière anticipée, des éleveurs ont accompli un véritable effort pour baisser entre 2 et 5% leurs livraisons, étant donné que l'année 2019 avait été une mauvaise année fourragère. Ils ont réduit les concentrés, anticipé des tarissements et des réformes. Les conditions sèches du mois d'avril ont joué en faveur d'une réduction de la production, sur nos trois bassins de collecte (Centre, Vosges, Haute-Marne)."

L'autre moitié des éleveurs a augmenté la production, mais là aussi "des éleveurs ont réduit leur croissance". Au final, la collecte totale de T. Rians reste en hausse par rapport à 2019, mais la croissance est ralentie.

La hausse du prix du lait est stoppée

Pour le prix de base du lait, la formule conclue entre T. Rians et les OP partenaires (UPLV, APLBC, APLFG) est toujours appliquée. Cela donne une hausse sur le premier trimestre 2020 de + 10 €/1000 l, entre 335 et 338 €/1000 l. Un prix stable en avril et mai, entre 335 et 340€ €/1000 l. "La crise du Covid-19 a stoppé la tendance à la hausse du prix du lait", résume Dominique Verneau.

"2020 ne sera pas une bonne année, mais ce ne sont pas les éleveurs qui nous livrent qui souffriront le plus, grâce à la formule de prix et à l'indemnisation du Cniel. L'entreprise va par contre encaisser une baisse de chiffre d'affaires significative. Heureusement, en France il y a un dispositif de soutien aux entreprises."

Chiffres clés

66 millions de litres de lait de vache collectés auprès de 125 exploitations laitières du Centre, de Haute-Marne et des Vosges

125 exploitations en lait de vache et un peu plus de 300 en lait de chèvre

Les plus lus

<em class="placeholder">vache équipée pour mesure de courant électrique continu</em>
Courants parasites : un prototype embarqué sur vache laitière permet de mesurer en continu les courants perçus par l’animal

Les méthodes actuelles de diagnostic électrique, en élevage, ne permettent des mesures qu’à un instant t. C’est pourquoi un…

<em class="placeholder">Nicolas Legentil, éleveur normand et co-président de l’AOP FMB Grand Ouest et Normandie</em>
« J’ai deux acheteurs, Lactalis et Savencia, deux tanks mais seul le camion Eurial me collecte dans le Calvados »

Bloqué dans son développement par un contrat avec Lactalis pénalisant tout dépassement, Nicolas Legentil, éleveur laitier dans…

Cyril Mignon, éleveur laitier dans le Finistère
Monotraite partielle : « À 10h30, l’astreinte de la journée est terminée dans mon élevage laitier du Finistère »

Réduire l’astreinte tout en palliant les annuités liées à son installation, c’est un challenge qu’aimeraient voir aboutir…

<em class="placeholder">Vincent Guérin, éleveur dans le Calvados</em>
Courants parasites en élevage : « Le problème venait de mes racleurs dans le Calvados »

À l’EARL de la Pérouze, dans le Calvados, les soucis de courants parasites ont commencé en 2012. L’année d’implantation de…

<em class="placeholder">Alice Nothhelfer, vétérinaire consultante</em>
Abreuvement : « Le manque d’eau freine la production dans neuf élevages sur dix »
L’incidence d’un apport d’eau insuffisant sur les performances et la santé des vaches reste souvent peu palpable en élevage.…
Carte de la répartition des foyers déclarés de FCO 3 en France, à date du 13 mars 2025.
FCO 3 : moins de 100 foyers en une semaine et libre circulation des bovins sur le territoire national

À date de jeudi 13 mars 2025, le ministère de l'Agriculture annonce 10 410 cas de fièvre catarrhale ovine sérotype 3. La…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière