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Le confinement a été une épreuve pour les fromagers fermiers

La perte brutale des débouchés a entraîné stress, perte de chiffre d’affaires et surcroît de travail pour les fromagers fermiers.

Une enquête en ligne menée cet automne par la Fnec auprès de fromagers fermiers caprins (75 %), bovins et ovins a montré les dures conséquences du Covid-19 et du premier confinement. Avec la fermeture brutale des marchés de plein air, premier circuit de commercialisation de nombreux fromagers, les producteurs ont dû réorganiser rapidement leurs ventes. Seuls 20 % des 136 producteurs ayant répondu à l’enquête ont vu leur marché maintenu au début du confinement. La moitié des marchés étant encore clos jusqu’à leur réouverture au déconfinement de mi-mai 2020.

Des tournées de livraison improvisées

Pour pallier la fermeture des marchés et des restaurants, plus de 60 % des producteurs interrogés ont mis en place des tournées de livraison (alors qu’ils n’en faisaient pas avant), et 20 % des producteurs les ont conservées après l’été. Avec l’arrêt de leurs principaux débouchés, plus de la moitié des producteurs laitiers fermiers ont vu leur chiffre d’affaires baisser, et pour certains jusqu’à plus de 50 %. Cependant, un quart des producteurs ont augmenté leur chiffre d’affaires pendant le confinement (mais avec l’augmentation de la charge de travail qui va avec…).

L’incertitude et la garde des enfants en plus

À l’été 2020, la grande majorité des producteurs ont pu retrouver leur chiffre d’affaires, voire l’augmenter pour 30 % d’entre eux, mais toujours avec une surcharge de travail. « À part la surcharge de travail, le plus dur a été de gérer continuellement des imprévus et de se réadapter chaque jour avec beaucoup de stress », témoigne un des producteurs. « Le plus compliqué pour nous a été la gestion des enfants en bas âge en plus du travail quotidien », décrit un autre. Seule la moitié des producteurs interrogés ont demandé les aides de l’État (fonds de solidarité, arrêt maladie pour garde d’enfant, chômage partiel pour les salariés, report des échéances sociales…).

Avis d'expert - Yuna Chiffoleau, directrice de recherche en sociologie et spécialiste des circuits courts, Inrae.

« Les systèmes alimentaires ont été bousculés mais ont résisté à la crise »

« Les circuits longs autant que les circuits courts ont été impactés par le confinement du printemps dernier. Les systèmes alimentaires ont tenu bon mais ont tout de même été bousculés dans le sens où il y a eu de nouveaux modes d’achat qui sont apparus. Les circuits longs ont, dans un premier temps, été victimes de la complexité de leur chaîne logistique car, du point de vue du consommateur, il y avait une crainte permanente de pénurie. D’un autre côté, les circuits courts ont attiré une nouvelle clientèle qui a vu dans ce type de système une sécurité sanitaire, moins de risques de contamination et des produits de meilleure qualité. Les consommateurs ont pu mettre en place des groupements d’achats, au niveau d’un lotissement par exemple, avec des membres qui n’étaient pas engagés dans la consommation locale avant le confinement. Les enseignements à tirer de cette période sont que nous devons améliorer notre résilience alimentaire en adaptant davantage les systèmes de distribution aux spécificités locales, en mettant en place une sécurité sociale alimentaire… »

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