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Méthanisation : quel bilan entre les disponibilités en biomasse et les besoins ?

Le rapport 2022 de l’observatoire national des ressources en biomasse de FranceAgriMer compare les disponibilités en biomasse avec les besoins de la méthanisation.

Méthanisation : quel bilan entre les disponibilités en biomasse et les besoins ?
© Réussir SA

Le rapport 2022 de l’ONRB (observatoire national des ressources en biomasse) de FranceAgriMer fait le point sur les disponibilités théoriques des ressources en biomasse pour la méthanisation agricole. Elle considère la biomasse issue de l’agriculture et des industries agroalimentaires pour les installations de méthanisation à la ferme et centralisées.

Cette étude fait l’hypothèse de la mise en route des 840 projets d’installations qui étaient en file d’attente fin 2021, et donne donc une vision à cinq ans maximum. D’après cette étude, la biomasse disponible prise à l’échelle nationale dans son ensemble semble laisser une marge de croissance à la méthanisation. "Globalement, des déficits de matières fermentescibles existent dans des régions d’élevage peu céréalières, et dans des régions céréalières avec peu d’élevage. Ils sont comblés par des échanges interrégionaux de matières."

Pour les effluents d’élevage, il n’y a pas de tension au niveau national mais pour deux régions - Île-de-France et Paca - des déficits de matières sont résolus par des transferts depuis d’autres régions. Deux autres régions doivent rester attentives à la disponibilité de leur gisement de fumiers et lisiers : en Centre-Val-de-Loire, 38 % du gisement est mobilisé par la méthanisation, et dans les Hauts-de-France c’est 45 %.

Les pailles de céréales déjà en tension certaines années

Pour les résidus de grandes cultures, des déficits structurels de matière existent dans les régions d’élevage en lien avec la demande soutenue en pailles pour les litières. "À l’échelle nationale, en année de basse production céréalière, une possible tension sur les pailles de céréales peut survenir entre méthanisation et litière" selon ce rapport. En 2020 par exemple, les besoins nationaux en pailles de céréales pour les litières ont été tout juste couverts avec des flux interrégionaux. Une situation qui pourrait se répéter, même si la part de pailles utilisées en méthanisation ne devrait pas augmenter. Cela va dépendre de la dynamique de l’élevage et du développement d’autres usages pour la paille comme la fabrication de biomatériaux.

Pour les coproduits des industries agroalimentaires, la tension est présente "si l’alimentation animale reste le débouché prioritaire." Concernant les pulpes de betterave, une sucrerie de Normandie prévoit d’en méthaniser une partie dans l’objectif d’améliorer son bilan carbone. Si les 25 sucreries françaises décidaient à son image chacune d’intégrer leur propre unité de méthanisation, ce serait 71 % du gisement national de pulpes de betterave qui seraient mobilisés dans une année à récolte relativement faible comme 2020, estiment les auteurs de ce rapport. En ajoutant à cela la quantité que les planteurs reprennent pour la méthaniser eux-mêmes, il resterait pour l’alimentation animale environ 18 % des pulpes produites. C’est 90 % pour l’instant. "Dans le cas où une demande en pulpes pour l’alimentation animale resterait élevée, le développement de la méthanisation et l’alimentation animale entreraient donc en concurrence pour cette biomasse."

La part des cultures dédiées pourrait augmenter à l’avenir

Les Cive - cultures intermédiaires à vocation énergétique - occupaient d’après une estimation 3 % des surfaces de grandes cultures en 2021 (et représentaient 13 % de la matière totale entrant dans les unités de méthanisation agricole). "Mais leur potentiel de développement tenant compte des limites agronomiques et environnementales reste à déterminer." Quant aux cultures principales dédiées, elles représentaient 5 % du maïs fourrage et ensilage utilisé en méthanisation. "Ce pourcentage pourrait augmenter si les Cive n’absorbent pas la montée en puissance de la méthanisation."

Cette question des disponibilités de biomasse se posera avec davantage d’acuité à l’horizon 2050, avec la montée en puissance de la production de biogaz par méthanisation en France et elle devrait aussi être accentuée par le conflit russo-ukrainien et la volonté européenne de se passer de gaz russe à moyen terme. "Un arbitrage national sur l’usage de la biomasse fermentescible pourra devenir nécessaire."

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