Aller au contenu principal

« Les professionnels sont proactifs sur le bien-être animal en cours de transport »

Un nouveau règlement européen sur le transport des animaux vivants est annoncé pour fin 2023. Mickaël Marcerou, référent pour le bien-être animal à La coopération agricole, met en avant les actions engagées par les professionnels.

Mickaël Marcerou est éleveur de gasconnes en agriculture biologique en Ariège.
Mickaël Marcerou est éleveur de gasconnes en agriculture biologique en Ariège.
© S. Bourgeois

La Commission européenne fera ses propositions sur le transport des animaux vivants à la fin de l’année 2023. Une nouvelle réglementation remplacera celle qui est en vigueur depuis 2005. Comment cela se présente-t-il ?

Mickaël Marcerou - Ce prochain règlement européen se construit dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne De la ferme à la table, et avec des ONG de plus en plus actives sur le sujet. La commission d’enquête du Parlement européen sur la protection des animaux pendant le transport, qui a rendu ses conclusions en début d’année 2022, plaide pour limiter les durées de transport, et pour mettre un coup de frein sur les exportations de bovins vivants sur pays tiers.

Personne ne sait ce qui va être décidé dans un an. La Commission est gestionnaire du risque : elle s’inspire des sources scientifiques, de ce que demande la société, et de ce que disent les professionnels. C’est pourquoi il est très important que la Commission européenne connaisse concrètement la façon de travailler de tous les maillons de la filière.

Quelle est votre approche pour faire valoir les pratiques des professionnels par rapport au bien-être animal ?

M. M. - Nous travaillons beaucoup au niveau des coopératives pour produire des données montrant très concrètement les pratiques des professionnels. L’approche est pragmatique. Elle s’appuie sur un bilan objectivé des pratiques actuelles, qui sont de bon sens et en phase avec la réalité économique et concurrentielle. Et elle est pédagogique, en définissant sur quels leviers on peut agir et en graduant les améliorations possibles. On peut parfois s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres filières animales.

Les pratiques sont sans cesse en évolution. En témoigne le développement des installations de contention ou encore l’adaptation du transport des animaux en période de fortes chaleurs.

On s’aperçoit que la France est souvent mieux disante par rapport à la réglementation européenne sur le bien-être animal. On peut être fiers de ce qui est mis en place, et il faut montrer que cela marche. Tous, de l’éleveur au bout de la chaîne, se sont saisis du sujet du bien-être animal. C’est le cœur de métier des professionnels.

Les coopératives agricoles soutiendront l’export d’animaux vivants, et nous réaffirmons le besoin de continuer l’amélioration collective des pratiques dans la recherche du meilleur bien-être des animaux et des personnes à leur contact.

Quels autres éléments est-il possible de faire valoir auprès de la Commission européenne ?

M. M. - Mettre à la disposition de la Commission européenne des données économiques et scientifiques est primordial. Une étude a été réalisée en ce sens par l’Institut de l’élevage à la demande d’Interbev pour évaluer l’impact sur la filière d’une suppression de l’export des bovins vivants vers les pays tiers. Elle chiffre le poids économique de cette activité, et alerte sur le choc de prix et d’équilibre des marchés qui en résulterait.

Dans la même logique, alors qu’il n’existait pas de données objectives sur le bien-être des bovins pendant le transport maritime, une étude scientifique est en train d’être conduite avec l’Inrae de Clermont-Ferrand par la Sepab (société d’exploitation du parc à bestiaux de Sète). Ses résultats seront mis à disposition des experts de l’Efsa qui conseillent la Commission européenne.

Le bien-être animal est le cœur de métier de toute la filière

En savoir plus

La coopération agricole a publié un recueil de bonnes pratiques sur le bien-être animal. « Bien-être animal : les coopératives agricoles et le One Welfare » avec des exemples concrets dans les coopératives.

Deux colloques ont aussi été organisés sur ce thème, au Space et au Sommet de l’élevage 2022.

Les plus lus

Décapitalisation : une baisse du cheptel-mère de 20 % à horizon 2030 aurait des conséquences quasi irréversibles « bien au-delà des fermes »

Dans le cadre des Matinales de la Recherche tenues le 18 mars à Paris, la société de conseil Ceresco a projeté, pour le compte…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Florent Méliand, éleveur de limousines dans la Sarthe : « Mon objectif est d’en faire des ruminants le plus tôt possible »

Rationaliser les coûts, Florent Méliand, à Saint-Ulphace dans le pays du Perche sarthois, l’a toujours intégré dans sa logique…

<em class="placeholder">Vache Aubrac couchée sur une logette.</em>
Bâtiment d'élevage : « Nos vaches aubrac s’accommodent bien aux logettes conçues pour les laitières »

À l’EARL des Bachoux, à Valuejols dans le Cantal, soixante-dix vaches aubracs ont remplacé depuis 2022 les montbéliardes dans…

<em class="placeholder">Flavien et Benoit Lecler, agriculteur à Ouville dans la Manche, devant la Remorque autochargeuse Pöttinger Jumbo 7210 Combiline de la Cuma L&#039;Entraide d&#039;Ouville dans la ...</em>
« Nous avons investi en Cuma dans une remorque autochargeuse d’occasion pour accéder à une machine performante, tout en limitant le coût de revient »

Dans la Manche, la Cuma d’Ouville a fait le choix d’investir dans une remorque autochargeuse d’occasion. Cette démarche permet…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Sélection génétique : « J’utilise jusqu’à 40 taureaux d’IA dans mon plan d’accouplement »

Florent Méliand, situé dans le pays du Perche sarthois, mène un troupeau de deux cents mères limousines. Il s’appuie sur l’…

autochargeuse recolte herbe
« Nous avons investi dans une remorque autochargeuse pour mieux valoriser les prairies »

Depuis qu’ils ont investi dans une remorque autochargeuse, Jean-Noël Voiseux et son fils Antoine, situés à Fleury dans le Pas-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande