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Jean-Louis Cazaubon, vice-président de l'APCA
Les abattoirs de proximité ont de l'avenir

Les chambres d’agriculture jouent un rôle dans le soutien aux abattoirs de proximité. De nombreux petits abattoirs sont aujourd’hui à monter, à réinventer ou à mettre au goût du jour.

Jean-Louis Cazaubon, éleveur laitier dans les Hautes-Pyrénées, est viceprésident de l’Assemblée permanente
des chambres d’agriculture, et président de la chambre d’agriculture de Midi-Pyrénées.
Jean-Louis Cazaubon, éleveur laitier dans les Hautes-Pyrénées, est viceprésident de l’Assemblée permanente
des chambres d’agriculture, et président de la chambre d’agriculture de Midi-Pyrénées.
© S. GARCIA/TRAIT D’UNION PAYSAN

L’APCA a organisé une journée sur le maintien des abattoirs de proximité. Pourquoi ?

Jean-Louis Cazaubon - Les besoins des éleveurs pour ce type d’outils sont importants. Le recensement général agricole a montré que presqu’une exploitation d’élevage sur quatre pratiquait, à petite ou grande échelle, la vente de proximité (c’est-à-dire la vente directe, ou la vente via un intermédiaire local qui peut être un boucher, une superette…). Une enquête conduite par l’APCA portant sur 57 dépar - tements a montré aussi que de nombreux projets étaient en cours sur le terrain pour faire fonctionner des abattoirs de proximité. On voit bien que la demande pour ce créneau des produits de proximité augmente et pour un bon maillage territorial, il y a de nombreux outils à monter, à réinventer, ou à mettre au goût du jour. C’est une mission parfaitement dans le rôle des chambres d’agriculture sur l’aménagement du territoire, car les abattoirs de proximité permettent de dégager de la valeur ajoutée et de créer des emplois en zone rurale. Ce serait une erreur de ne s’occuper que des circuits nationaux et de l’exportation. Il y a aussi des parts de marché à récupérer dans les circuits de proximité.


Les abattoirs de proximité qui existent répondent-ils aux besoins des éleveurs ?


J.-L. C. - Les abattoirs municipaux qui ferment et sont souvent repris par le secteur privé, sont souvent destinés à une utilisation mono-espèce. Les éleveurs ont davantage besoin d’outils multi-espèces. Un abattoir multi-espèce de 1500 tonnes peut très bien être viable, avec une salle de découpe et de transformation. L’investissement de départ est très important. Il est souvent de 1,5 à 2millions d’euros, ce qui ne se trouve pas facilement. Le montage financier est à raisonner en partenariat avec les collectivités, et une des solutions souvent choisie est de s’associer avec les bouchers.


Les frais d’abattage et de découpe sont élevés dans ce type de circuit. Connaît-on les pistes pour maîtriser ces charges ?

J.-L. C. - Les coûts ramenés à l’animal sont en effet plus importants que dans un outil industriel. Les petits outils ont les mêmes exigences que les grands sur le plan sanitaire ou de la réglementation environnementale… Un certain nombre de charges fixes ne sont pas diluées. Une organisation rationnelle de la maind’oeuvre est difficile. Le point clé de la réussite consiste probablement en la responsabilisation des éleveurs qui approvisionnent l’abattoir, pour qu’ils s’engagent dans la durée à apporter un certain volume d’animaux. La qualification du personnel d’abattoir est aussi importante. Pour que la valeur ajoutée soit au rendez-vous pour les éleveurs dans ce créneau, la découpe doit être de qualité. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est toujours plus avantageux d’utiliser les services d’un abattoir proche que de faire une bonne centaine de kilomètres avec sa bête dans une remorque et de retourner deux jours plus tard en camionnette frigorifique chercher la carcasse.

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