Industrie des viandes
Du politiquement régulé à l´économie de marché
Industrie des viandes
« Par sa dimension mondiale et spéculative, la flambée des prix des matières premières agricoles traduit un changement d´époque radical. Notre agriculture est en train de sortir d´un système politiquement régulé pour entrer de plain- pied dans l´économie de marché avec un risque de grande volatilité des prix », expliquait à l´occasion de la dernière assemblée générale du Syndicat national de l´industrie des viandes fin septembre 2007 à Paris, son président Jean-Paul Bigard. Pour les industriels de la viande, l´actuelle Politique agricole commune a du plomb dans l´aile. Et ce ne sont pas les propos du Président de la république lors du dernier Space qui incitent à penser le contraire. Ce dernier avait alors appelé de ses voeux une nouvelle PAC permettant « à nos agriculteurs de vivre du prix de leurs produits. »
Du côté du Sniv on s´attend donc à des évolutions rapides de la PAC. Ce qui dans le contexte actuel de flambée des prix des matières premières agricoles particulièrement défavorable aux éleveurs suscite quelques inquiétudes.
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Les adhérents du SNIV ont écoulé l´an dernier 310 000 t de carcasses, 279 200 t de viandes désossées et 349 100 t de produits élaborés. ©DR |
Distorsions de concurrence
« Nos engraisseurs de bovins voient l´aliment du bétail se renchérir et le prix de la paille exploser. Ils pourraient être rapidement découragés et se tourner vers les productions végétales ! Qui engraissera alors nos veaux, génisses et jeunes bovins ? Voulons-nous qu´ils soient vendus à nos concurrents pour qu´ils les engraissent, les abattent et les découpent avec de la main-d´oeuvre à moindre coût pour revenir ensuite dans les linéaires français ? La menace est réelle », affirme Jean-Paul Bigard qui n´a pas manqué de dénoncer les distorsions de concurrence qui existent entre les différents pays européens pour le prix de la main-d´oeuvre mais aussi pour le financement de l´équarrissage.
La seule petite note positive dans ce discours est venue d´un avis rendu mi-juillet par l´Agence française de sécurité sanitaire des aliments, sur l´évolution de l´ESB dans notre pays. L´Afssa « n´hésite plus à préconiser pour les bovins nés après le premier juillet 2001, un allègement significatif des mesures. » Reste à modifier les textes législatifs en conséquence pour faire évoluer la réglementation sur la valorisation des sous-produits d´abattage et tout particulièrement les suifs des bovins. « Il faut savoir sortir d´une crise », a souligné Jean-Paul Bigard.