Aller au contenu principal

Accord UE-Mercosur : « La France doit tout mettre en œuvre pour bloquer la ratification de ce projet en l’état »

Dans une tribune publiée le 17 mars 2023 au « Monde », l'interprofession du bétail et des viandes (Interbev), la Fondation pour la Nature et l'Homme et l'Institut Veblen appellent la France à maintenir une opposition ferme contre l'accord commercial UE-Mercosur, tant que des « clauses de conditionnalité contraignantes » ne seront pas clairement inscrites. 

Selon un rapport de l’Institut de l'élevage publié en octobre 2022, 27 % des pesticides utilisés par les éleveurs brésiliens sont strictement interdits par la réglementation UE. Par ailleurs, l’utilisation d’antibiotiques comme stimulateurs de croissance est largement répandue en élevages bovins viandes.
Selon un rapport de l’Institut de l'élevage publié en octobre 2022, 27 % des pesticides utilisés par les éleveurs brésiliens sont strictement interdits par la réglementation UE. Par ailleurs, l’utilisation d’antibiotiques comme stimulateurs de croissance est largement répandue en élevages bovins viandes.
© Reussir SA

« La Commission européenne, des eurodéputés, de nombreux États membres dont l’actuelle et la prochaine présidence de l’UE, la Suède et l’Espagne, poussent fortement en faveur d’une ratification de l’accord UE-Mercosur d’ici la fin de l’année 2023 », alertent d'une seule voix l'interprofession du bétail et des viandes (Interbev), la Fondation pour la Nature et l'Homme et l'Institut Veblen (1) dans une tribune publiée le 17 mars 2023 au « Monde ».

Dans ce contexte géopolitique incertain, les trois associations demandent à la France de « tout mettre en oeuvre pour garder son droit de véto et bloquer la ratification de ce projet d’accord ».

 

Le gouvernement français enjoint à clarifier sa position

Elles rappellent qu'à fin du mois de février, au Salon de l’Agriculture, Emmanuel Macron a réaffirmé son opposition à la ratification de l’accord “en l’état”, tant que celui-ci n’implique pas le plein respect de l’Accord de Paris et des normes environnementales et sanitaires imposées aux producteurs européens.

« Pour autant, le président de la République ne précise toujours pas quelles “clauses miroirs” la France entend exiger afin de conditionner les préférences tarifaires accordées au Mercosur au respect des normes de production européennes », pointent Interbev, la Fondation pour la Nature et l'Homme et l'Institut Veblen.

Or, l’architecture même de cet accord, hérité des années 1990, est totalement anachronique au regard des engagements de l’Accord de Paris et du Green Deal européen, soulèvent les trois organisations. 

 

Une proposition de résolution partisane à l'Assemblée nationale

C'est pourquoi « les clauses miroirs devront a minima assurer que les produits sensibles bénéficiant de préférences commerciales respectent les règles européennes en matière de pesticides, d’antibiotiques et de bien-être animal. Cela passe par des clauses de conditionnalité contraignantes clairement inscrites, soit dans l’accord, soit dans le “protocole additionnel” que l’Union européenne devrait présenter aux pays du Mercosur, ces prochaines semaines ».

Les trois associations renvoient à la proposition de résolution transpartisane portée par des députés de tous bords et présentée le 14 mars à l’Assemblée nationale. « À travers cette résolution commune, les députés ont appelé le Gouvernement à faire preuve de la plus grande fermeté vis-à-vis de Bruxelles, expliquant que pour eux, rien ne pourrait justifier la ratification d’un accord qui ne contiendrait pas de telles clauses », indiquent-elles.

(1) Signataires : Emmanuel Bernard, éleveur bovin et président d’Interbev Bovins, Stéphanie Clément-Grandcourt, directrice générale de la Fondation pour la Nature et l’Homme et Mathilde Dupré, co-directrice de l’Institut Veblen.

Les plus lus

Décapitalisation : une baisse du cheptel-mère de 20 % à horizon 2030 aurait des conséquences quasi irréversibles « bien au-delà des fermes »

Dans le cadre des Matinales de la Recherche tenues le 18 mars à Paris, la société de conseil Ceresco a projeté, pour le compte…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Florent Méliand, éleveur de limousines dans la Sarthe : « Mon objectif est d’en faire des ruminants le plus tôt possible »

Rationaliser les coûts, Florent Méliand, à Saint-Ulphace dans le pays du Perche sarthois, l’a toujours intégré dans sa logique…

<em class="placeholder">Vache Aubrac couchée sur une logette.</em>
Bâtiment d'élevage : « Nos vaches aubrac s’accommodent bien aux logettes conçues pour les laitières »

À l’EARL des Bachoux, à Valuejols dans le Cantal, soixante-dix vaches aubracs ont remplacé depuis 2022 les montbéliardes dans…

<em class="placeholder">Eleveurs bovins viande et leur conseiller, dans le bâtiment d&#039;engraissement des jeunes bovins où un ventilateur assure la circulation de l&#039;air. </em>
Bâtiment d'élevage : « La ventilation dynamique est devenue indispensable dans notre atelier d’engraissement »

Le Gaec de Buysse, dans l’Aisne, fait tourner les ventilateurs en continu depuis l’installation d’un système de ventilation…

<em class="placeholder">Flavien et Benoit Lecler, agriculteur à Ouville dans la Manche, devant la Remorque autochargeuse Pöttinger Jumbo 7210 Combiline de la Cuma L&#039;Entraide d&#039;Ouville dans la ...</em>
« Nous avons investi en Cuma dans une remorque autochargeuse d’occasion pour accéder à une machine performante, tout en limitant le coût de revient »

Dans la Manche, la Cuma d’Ouville a fait le choix d’investir dans une remorque autochargeuse d’occasion. Cette démarche permet…

<em class="placeholder">Florent Meliand, sélectionneur et éleveur de Limousines en système naisseur à Saint-Ulphace (Sarthe)</em>
Sélection génétique : « J’utilise jusqu’à 40 taureaux d’IA dans mon plan d’accouplement »

Florent Méliand, situé dans le pays du Perche sarthois, mène un troupeau de deux cents mères limousines. Il s’appuie sur l’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande