Jeunes Agriculteurs
Une journée pour discuter d'installations en agriculture
Le 13 février, les JA de Haute-Loire organisaient la journée des nouveaux installés au Gaec du Buisson à Vieille-Brioude. Témoignages et échanges autour de l'installation.

Dans le cadre de la semaine du renouvellement des générations organisée au niveau national par les Jeunes Agriculteurs, les JA de Haute-Loire ont organisé une journée spécifiquement dédiée aux nouveaux installés.
Après l'inauguration d'une installation en Gaec en 2011 et l'idée de réunir des jeunes installés sur une exploitation en 2012, le syndicat a décidé à nouveau de rassembler les jeunes qui ont décidé de se lancer dans le métier d'agriculteur dans le secteur du Brivadois le 13 février.
Témoignage
La rencontre se déroulait sur le Gaec du Buisson, chez René, Martine Fonton et Grégory Arbogast, installé depuis le 1er octobre 2013 en hors cadre familial. Originaire du Bas-Rhin, ce jeune homme avait l'objectif de s'installer mais l'importante pression foncière dans son département l'en a empêché. Il s'est alors tourné vers la Haute-Loire et a cherché une ferme à reprendre. Alors qu'il suivait un BPREA en formation adulte à l'ISVT, Grégory a trouvé une première ferme mais le projet n'a pu aboutir. Il a alors eu une autre possibilité pour s'installer en remplaçant l'un des associés du Gaec du Buisson (production laitière en agriculture bio) à Vieille-Brioude. Après sa formation, ce jeune s'est engagé dans un stage parrainage d'un an avec l'un des associés du Gaec, René Fonton, comme maître de stage. Un stage qu'il juge «très intéressant et utile (en particulier sur le plan humain) mais un peu trop court». Si Grégory Arbogast se dit très satisfait du suivi administratif par les OPA durant son parcours à l'installation, il pointe du doigt la rigidité de la réglementation européenne concernant le PDE.
Cette journée de rencontres et d'échanges a permis de faire un point sur les chiffres de l'installation en 2013 et sur le dispositif d'aide à l'installation.
«En 2013, 55 jeunes de moins de 40 ans se sont installés avec les aides de l'Etat. Ce qui situe le département dans les premiers au classement national» ont indiqué les JA de Haute-Loire.
Une phase d'installation primordiale
Or, pour qu'une installation soit réussie et pérenne, la phase d'installation est jugée «primordiale» par les responsables JA de Haute-Loire. Cette étape doit en effet être bien préparée. Depuis 2009, l'accompagnement à l'installation ainsi que le PDE (Plan de Développement de l'Exploitation) ont été rénovés. Quatre ans après, les JA de Haute-Loire se sont interrogés sur l'efficacité de ces outils. «Le nouveau parcours à l'installation (PPP-parcours de professionnalisation personnalisé) est plus adapté au candidat et à son projet. Des formations sont proposées en fonction des besoins de chacun et je pense que le jeune a davantage la possibilité de s'imprégner de son parcours» explique Cédric Gauthier, responsable Installation aux JA Haute-Loire et Auvergne.
En revanche, «les jeunes trouvent le parcours à l'installation trop long. Du passage au point info installation jusqu'à l'installation, il faut compter entre 8 mois et 1 an». Le stage 21 heures ne semble pas complètement répondre à la demande des jeunes. «Tous les organismes en charge de l'installation doivent se mettre autour d'une table pour réfléchir à l'évolution de ce stage obligatoire».
Cédric Gauthier a soulevé deux problèmes qui pèsent sur les jeunes fraîchement installés ; lorsque les investissements dépassent les prévisions faites dans le cadre du PDE (+ 25% de l'investissement annuel prévu ou de +50% lissés sur 5 ans), les JA sont obligés de faire un avenant au coût élevé (entre 600 et 800 euros par avenant). Les nouveaux installés doivent par ailleurs remplir la fiche annuelle individualisée chaque année durant 5 ans ; une réglementation européenne qui alourdit le travail administratif des jeunes.
Le 13 février, les JA de Haute-Loire avaient invité tous les maires de la communauté de communes du Brivadois en vue de les sensibiliser à l'importance de l'agriculture dans nos territoires ruraux. L'un d'entre eux, Roland Chareyron maire de Vieille-Brioude, a pris part à ce temps d'échanges (voir ci-contre).
Véronique Gruber