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Transmettre et être compétitif pour assurer la souveraineté alimentaire

C’est autour de la transmission des élevages que l’organisation de producteurs Opalim a choisi de centrer son assemblée générale le 25 avril dernier après avoir balayé les actions menées et à venir.

© P. Dumont

En 2022, Opalim recensait 1 064 adhérents sur toute sa zone d’action, à 85 % des éleveurs bovins. L’organisation comptait également 96 acheteurs désignés, 79 négociants et points de vente et 17 abatteurs régionaux ou nationaux. À noter, les éleveurs commercialisant plus de 25 % de leur production hors acheteurs désignés ne sont pas adhérents à l’OP mais à l’association. Sur l’année écoulée, Opalim a observé une baisse du cheptel bovin d’1 %, associée à des prix en sensible hausse et des charges qui flambent. L’inquiétude est vive pour les veaux sous la mère dont la consommation est en baisse et le renouvellement des éleveurs difficile. 77 % des éleveurs bovins adhérents sont engagés sous un signe officiel de qualité (SIQO) et Opalim est la première OP en volume pour le label Blason Prestige Bœuf Limousin. Depuis 2000, une filière a été mise en place par l’abatteur pleine maison avec Aldi. Elle permet de valoriser des carcasses inférieures à 400 kg. Au niveau ovins, les effectifs abattus sont en progression sur 2022 de même que les prix de vente. Le tendance des ventes est au lissage sur l’année avec un effet « Pâques » désormais moins flagrant. Là encore, une majorité des adhérents sont engagés dans des SIQO. Les filières se développent : agneau du Limousin Label Rouge, filière engagée Auchan en agneau du Limousin, filière Qualité carrefour. Dans son rapport d’orientation le président Patrick Blanc a mis l’accent sur trois mots : stabilité, utilité et confiance. Stabilité de l’OP au bilan positif, utilité par la priorité donnée aux services et confiance des adhérents. « On entend beaucoup de critiques sur l’élevage, or, notre métier est essentiel et nous avons notre rôle à tenir dans l’écosystème, a rappelé Patrick Blanc. Oui, notre cheptel baisse mais c’est aussi l’occasion d’aller vers plus de qualité et de capter la jeunesse en quête de sens ».

La transmission en élevage
En 10 ans, le cheptel bovin a reculé de 9 % en Haute-Vienne et 5 % en Creuse. Sur la cinquantaine d’installations qui ont eu lieu dans l’année sur la zone couverte par OPALIM, la majorité ne concerne pas l’élevage. C’est sur ce constat que le débat s’est ouvert. Julien et Alexandre Troubat, installés hors cadre familial en 2018 ont témoigné de leur expérience tandis qu’Élisabeth Savin juriste à la chambre régionale d’agriculture abordait la transmission du foncier. Laurent Duplomb, éleveur, sénateur de la Haute-Loire et président du groupe d’études Agriculture et alimentation au Sénat a apporté son éclairage sur la situation de l’élevage. « Aujourd’hui, le risque c’est la perte de souveraineté alimentaire voire même de sécurité alimentaire, a-t-il expliqué. La décapitalisation engendre également une perte de savoir-faire. Dans le même temps la société est divisée et 85 % de la population n’a pas les moyens de choisir son alimentation. » Dans ce contexte, le sénateur a déposé une proposition de loi visant à améliorer la compétitivité de la ferme France, proposition qui a été signée par 147 sénateurs.

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