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Quand le spectaculaire développement d'une Cuma répond à de multiples besoins

Plus économiques, plus efficaces et garantissant de surcroît du lien social, les adhérents de la Cuma de Haut-de-Cère en Carladès ont acheté 20 outils collectifs en quatre ans.

Guillaume Verneyre est président d'une très dynamique Cuma en Carladès.
Guillaume Verneyre est président d'une très dynamique Cuma en Carladès.
© R. S.-A.

T ous les responsables de Cuma du département seront là, mardi 25 octobre. Après l'assemblée générale de la FDCuma à la salle polyvalente de Thiézac, ils seront accueillis à Lasmolinaries, chez Guillaume Verneyre(1), président de celle du Haut-de-Cère. Exposition de matériel et démonstration d'un tracteur de pente seront notamment au menu.
Il faut dire qu'en un temps record, la jeune Cuma s'est dotée d'un parc assez important de matériel. "Depuis mon installation en 2010, je regrettais qu'il n'y ait pas de Cuma proche du siège de l'exploitation", témoigne l'agriculteur. "En 2017, avec la FDCuma et la mairie de Thiézac, une réunion à laquelle ont participé une douzaine d'exploitants - de Saint-Jacques-des-Blats, Vic, Saint-Clément et bien sûr Thiézac - conclut à la nécessité de créer une coopérative d'utilisation de matériel agricole, notamment pour les travaux d'épandage de fumier et de lisier."

Organisation cadrée
Quelques mois plus tard, en février 2018, les statuts sont déposés. Dans la foulée, les concessionnaires locaux sont visités, les banques consultées, un épandeur, nettoyeur haute-pression à eau chaude, une herse, un parc de contention et deux plateaux fourragers sont achetés. Au départ, ce sont 52 000 EUR qui ont été investis, dans les deux plus gros outils subventionnés à 40 %. Une trésorerie a été constituée avec les adhésions (100 EUR/structure), des prêts de 7 à 9 ans contractés et une estimation des coûts de revient calculée par la FDCuma. Le règlement  intérieur prévoit que, le temps du financement, un bulletin d'engagement soit signé (qu'on utilise ou non l'outil qui nous intéresse) et un responsable par outil est nommé (il stocke, veille au planning et à l'état du matériel). "Il n'y a pas de gros souci de disponibilité. Si durant une période la demande est forte, l'adhérent ne peut avoir l'outil qu'un seul jour maxi à dispo", précise le jeune président de la Cuma de Haut-de-Cère. Les frais réels d'utilisation sont facturés. Le nettoyage et le graissage doivent être effectués au moment de rendre le matériel et les problèmes éventuels signalés.

Une croissance rapide
L'ensemble de ces principes fonctionnent très bien. Pour preuve, la Cuma s'est rapidement développée au fur et à mesure que des besoins étaient évoqués. Ainsi, en trois ans à peine, ce sont ajoutés : deux bennes, une tonne à lisier, une mini-pelle équipée d'un grappin-coupeur (voir les photos), un épandeur à chaux, une épareuse, un broyeur de refus. Pas plus tard que sur le dernier exercice, le parc était encore complété par une enrubanneuse, un valet de ferme, un round baller, un endaineur-double, une presse de bottes carrées, un tracteur de pente (celui qui sera en démonstration)... Ces six derniers outils, d'une valeur de 298 950 EUR, ont bénéficié de 143 200 EUR de subvention, presque 50 %.
Imbattable sur le plan économique
Ainsi, non seulement le matériel partagé est une vraie opportunité
économique pour les exploitations adhérentes à la Cuma, mais en plus, les investissements sont allégés. Toujours avec pour objectif de mutualiser pour économiser, il est même possible de travailler en inter-Cuma. C'est un thème qui sera abordé lors de l'assemblée générale de la FDCuma et que pratique déjà celle du Haut-de-Cère. "Nous travaillons avec la Cuma de Polminhac qui se sert de la mini-pelle(2) et à qui nous empruntons une bétaillère", explique encore Guillaume Verneyre. Désormais, la Cuma du Haut-de-Cère compte 23 adhérents et a vu sa zone élargie jusqu'à Mandailles.
Chacun s'engage  en moyenne sur cinq à sept outils ; certains jusqu'à une dizaine. Le seul regret du président Verneyre, c'est de ne pas avoir prévu, dès la constitution de la Cuma, l'achat d'un gros tracteur.

(1) En Gaec avec son frère Jean-Michel, une exploitation de 160 ha, 120 mères, pour une production de broutards purs et croisés et de vaches salers label rouge.
(2) Des communes également sont intéressées par ce type de matériel.

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