Matelas logette :comme la vache se couche, elle fait son lait

Installé sur la commune de Vèze, là où le Cézallier glisse vers la vallée de la Sianne, Didier et Maryline Audubert et leur fils Baptiste, aide familial, souhaitaient répondre à plusieurs enjeux sur leur exploitation : confort des animaux, amélioration des rendements et baisse des charges. La réponse à ce triptyque est venue simplement
de la litière des laitières. 2020-2021, le Gaec producteur de lait s’est engagé dans une réflexion d’amélioration de ses méthodes de travail. Dans le cadre du programme thématique Nutri +, auquel il participe, le conseiller technique de Cantal conseil élevage (CCE) avait repéré dans son diagnostic les mauvaises conditions de vie dans la stabulation. Du moins, si la stabulation construite en 1995 donnait toute satisfaction, le point noir correspondait à des logettes posées directement sur le béton. En 2022, des “matelas” de logette étaient donc
installés. En caoutchouc, en trois couches, ce revêtement couvre le sol des 72 logettes. Le résultat a été immédiat !
Moins de paille et moins de blessures
Tout d’abord, la quantité de paille a été divisée par deux, offrant une baisse d’autant sur la charge de trésorerie quand le prix de la matière première ne cesse d’augmenter. La surface est aussi plus simple à nettoyer que le béton accusant déjà un certain âge. La paille a tendance également à mieux tenir en place. “Dans la phase d’expérimentation, des caméras ont été installées pour enregistrer le comportement des animaux 24 heures sur 24”, indique Floriane Clerc, de Cantal conseil élevage. Le résultat est probant, les vaches se plaisent
mieux dans leurs emplacements et restent plus longtemps allongées, plus calmes. Le matelas sert avan-
tageusement d’isolant sur le béton durant l’hiver. “Depuis, le nombre de boiteries a fortement diminué
tout comme les écrasements de mamelles car les matelas amortissent les piétinements si une vache
marche sur une autre allongée”, se félicite Didier Audubert.
Hausse de la production
Et une vache en meilleure santé capable de mieux se reposer est plus à même de produire davantage de lait avec une appétence accrue. La moyenne est passée pour les 80 montbéliarde de 5 961 kg par vache à 6 601 kg, soit un gain d’environ 600 grammes. “Si elles ont davantage d’appétit, nous n’avons rien changé à la
ration à base d’ensilage et d’enrubannage, sauf de ravitailler plus tôt pour réduire la période où elles n’ont rien à manger”, souligne Didier Audubert. Le gain de production avec une ration identique (coût financier amélioré)
pourrait donc être mis au crédit là aussi du bien-être animal. “C’est une piste à suivre en parallèle de
l’amélioration génétique du troupeau”, préconise Floriane Clerc. Le Gaec Audubert produit 500 000
litres de lait annuels. L’objectif n’est pas d’aller au-delà mais, avec des animaux plus performants, ce
serait de réduire de quelques laitières pour être plus à l’aise. Il faut compter une vingtaine de génisses de renouvellement mais surtout les vaches de réforme sont conservées pour l’engraissement. Avec 120 hectares de SAU à 1 080 mètres d’altitude, il s’agit d’assurer l’autonomie alimentaire. L’exploitation compte aussi un atelier allaitant d’une quinzaine de limousine.