Volailles de chair : Une lutte biologique efficace contre les ténébrions
Retour d’expérience d’un éleveur technicien sur l’utilisation d’une solution de lutte biologique intégrée contre les ténébrions en élevage de volailles bio.
Paul Daugreilh dans le bâtiment d’Emmanuel Misson à Meilhan-sur-Garonne. La pulvérisation sans filtre se fait sur les zones cibles, à savoir sous les mangeoires, les pesons et au bas des parois.
Paul Daugreilh dans le bâtiment d’Emmanuel Misson à Meilhan-sur-Garonne. La pulvérisation sans filtre se fait sur les zones cibles, à savoir sous les mangeoires, les pesons et au bas des parois.
Paul Daugreilh dans le bâtiment d’Emmanuel Misson à Meilhan-sur-Garonne. La pulvérisation sans filtre se fait sur les zones cibles, à savoir sous les mangeoires, les pesons et au bas des parois.
« Les ténébrions adultes n’ont pas de prédateurs connus et plus il fait chaud, plus ils prolifèrent. Ces insectes dégradent les matériaux d’isolation dans les bâtiments, explique Paul Daugreilh, éleveur de volailles bio à Monclar dans le Lot-et-Garonne et technicien chez Terres du Sud. Ils sont porteurs de maladies et facteurs de stress pour les volailles… En plus, il y en a toute l’année. Le ténébrion évolue la nuit et creuse des galeries dans le sol (litière) et les isolants. »
Depuis 2019, l’éleveur-technicien a adopté Darwin un insecticide naturel contre les ténébrions, constitué de vers parasites. C’est pour être en adéquation avec l’éthique de production des éleveurs de poules pondeuses ou volailles de chair bio. Les nématodes Darwin tuent préférentiellement les larves, mais aussi les nymphes et les adultes en pénétrant dans leurs voies respiratoires.
Commercialisé par l’entreprise Appi, le produit se présente sous la forme d’une poudre en sachet à diluer dans 20 à 40 litres d’eau (selon l’humidité du milieu) et à pulvériser dans le bâtiment d’élevage sur environ 250 m2 selon la prescription du fournisseur.
« Pour gérer l’efficacité d’une solution, il est indispensable d’évaluer la population. Je combine donc des pièges à ténébrions (type Tenedrop) et la pulvérisation de ces micros vers, analyse Paul Daugreilh. Au début, je pouvais relever jusqu’à 3,5 kg de ténébrions par bande dans un bâtiment de 400 m2 ! Je pulvérisais deux sachets de Darwin en fin de lot parce que ces nuisibles ne vivent que dix jours."
En appliquant le produit à la dixième semaine d’élevage, on atteint ainsi davantage de larves, comme le préconise Appi. " Depuis trois bandes, je constate que l’infestation a diminué et sur le lot sorti en décembre, j’ai relevé moins de 300 g de ténébrions avec les pièges. Je suis donc convaincu que cette lutte biologique intégrée peut stabiliser l’infestation. Mais attention, ce doit être un traitement au long cours."
Sur des bâtiments infestés, Paul Daugreilh estime que l’on peut procéder avec une phase d’attaque combinant un produit chimique autorisé en élevage bio de type Spinosad, puis la pulvérisation de Darwin associée au piégeage. « Darwin est un produit efficace et raisonné alors il suffit que les éleveurs soient prêts à utiliser le piégeage en complément (environ 4 pièges pour un bâtiment de 400 m2) », conclut-il.
Autres astuces pour limiter la prolifération : le curage de toute la litière (ne pas laisser de résidus), un bon réglage des mangeoires pour éviter de nourrir les ténébrions, placer du papier sous les mangeoires pour ramasser les cadavres de ces insectes macrophages et éviter les liaisons non jointives entre les panneaux d’un bâtiment.