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Matière organique : choisir en fonction du besoin de la vigne et non de la disponibilité

Il peut être tentant de sauter sur l’opportunité d’un gisement organique à proximité du domaine. Mais attention à ce qu’il soit adapté aux vignes et à l’objectif agronomique.

Aviculture. Élevage de poulet. Litière à base de copeaux. Aspect compost.
Toutes les matières organiques n'ont pas les mêmes propriétés une fois épandues dans les vignes.
© Réussir

« Plusieurs critères sont à regarder lorsqu’on s’intéresse aux produits organiques », prévient Jean-Yves Cahurel, spécialiste de la fertilisation à l’IFV. Pour lui, il est nécessaire de définir avant tout l’objectif de l’apport de matière organique. Est-ce qu’il s’agit d’améliorer les propriétés du sol ? Dans ce cas, il faudra choisir un produit avec du carbone stable et un indice de stabilité des matières organiques (ISMO) élevé. Est-ce qu’il s’agit plutôt de booster la vie du sol pour retrouver de la fertilité ? Alors un produit plus labile et avec moins de carbone stable sera plus adapté. Pour Marie-Pascale Couronne, de la chambre d’agriculture de la Drôme, il faut veiller à ce que l’option d’apport organique choisi soit adaptée à ce que l’on veut faire. Les fumiers de bovins et ovins sont assez calmes et lents.

Alterner entre carbone stable et produits plus labiles

Si l’on cherche un produit plus nerveux, mieux vaut partir sur des lisiers de porc ou encore des fumiers de volaille, sans dépasser les deux tonnes par hectare. Les composts de déchets verts, eux, ont un effet rapide sur le taux de matière organique du sol mais n’amènent que peu de fournitures en éléments nutritifs et en vie du sol.

« Le carbone stable n’est pas à apporter tous les ans, rappelle Jean-Yves Cahurel. Je conseille, dans la mesure du possible, d’utiliser les deux typologies de produit. En alternance un an sur deux, par exemple. » L’ingénieur recommande par ailleurs de prendre en compte son type de sol dans le choix.

Et d’illustrer qu’un sol qui retient la potasse ne devra pas recevoir de produit trop riche en cet élément pour ne pas ajouter du déséquilibre. En ce qui concerne la qualité des produits, Jean-Yves Cahurel admet que l’on est tributaires du fournisseur, mais que ce dernier a des normes à respecter. Il est important de demander l’analyse, qui est censé être une obligation légale pour le producteur. « En portant une attention particulière au cuivre dans la liste des éléments traces métalliques », ajoute l’ingénieur de l’IFV. L’expert donne au passage une petite astuce pour reconnaître un bon compost : il ne doit pas sentir mauvais. « Dans nos essais, nous avons observé que s’il est bien fait, il n’y a pas de grosses différences entre les origines », précise-t-il.

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