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"Le génotypage nous permet d'élever moins de génisses"

En ciblant le renouvellement sur les meilleures génisses et vaches, le Gaec Cadro atteint aujourd'hui 125 points d'ISU contre 101 en 2013.

Sur les 110 ha de l’exploitation d’Hervé et Pierre-Yves Cadro, éleveurs à Assérac en Loire-Atlantique, 50 ne sont pas labourables. «Face à cette contrainte, pour dégager deux revenus, nous devons rechercher de la valeur ajoutée sur l’atelier lait, notamment en travaillant les taux », explique Hervé Cadro. Aujourd’hui, le troupeau de 110 Prim'holstein atteint une moyenne de 35,8  en TP et de 44 en TB sur les 900.000 litres produits. « La simplification du travail est notre autre axe de travail », complète l’éleveur. Ces deux objectifs sont intégrés dans leur stratégie de renouvellement. Depuis 2013, les deux associés font génotyper toutes les génisses. «Pour assurer la trentaine de femelles dont nous avons besoin pour notre renouvellement, on met  de la semence sexée sur les meilleures génisses et vaches. Sur quelques autres, on utilise des doses conventionnelles, et on fait du croisement en INRA 95 sur près de 70% des vaches. Non seulement nous avons moins de génisses à élever mais aussi des veaux mieux valorisés ».

Du croisement sur près de 70% des vaches

Cibler le renouvellement sur les meilleures femelles a permis à l’ISU moyen du troupeau de faire un bond. En 2013, il était à 101. Aujourd’hui, il atteint les 125 points. A titre de comparaison, sur la même période, sur tous les adhérents de la coopérative Evolution, il est passé de 104 à 115. Cette hausse de l’ISU se détaille en un gain de 0,9 point de TP et 1,6 en TB. Pour une prévision sur 2020 d’une production moyenne à 8.450 kg à 36,1 de TP et 45,9 de TB, les deux associés peuvent espérer une plus-value aux 1.000 litres de 48€.

Un retour sur investissement

Si l’amélioration du potentiel génétique se traduit par une meilleure valorisation du lait, encore faut-il que le surcoût du génotypage et de la semence sexée soit amorti. Dans une stratégie basé sur une utilisation exclusive de doses de semences conventionnelles, il en coûte 67€/IAP. Pour 100 vaches, le coût global est de 6.718 € que la vente des veaux mâles ( 4 460 €) ne compense pas. Avec une stratégie optimisée, la semence sexée et le génotypage (39 €) reviennent certes à 9.372 €. Mais ce coût est compensé par la valorisation des veaux croisés à 9.920 €. Sans compter l’économie sur les génisses non élevées. Evolution estime qu’une stratégie de renouvellement optimisé permet de gagner 150 € par vache et par an.

 

Dix ans de génotypage

En dix ans d'utilisation en routine, le génotypage a permis de prédire le potentiel génétique d’un million de bovins par la lecture et l’interprétation de fragments de leur génome.Considéré comme la 2e technologie de rupture, après la congélation de la semence, il a permis à la sélection de changer de braquet. Connaitre le potentiel génétique d’un animal, aussi bien mâle que femelle, quasiment dès sa naissance, permet un choix plus précis et plus varié des futurs reproducteurs. « Le génotypage nous permet de proposer aux éleveurs des gammes de taureaux plus variées pour répondre aux différentes stratégies d’élevage », souligne Jean Yves Dréau, directeur général adjoint d’Evolution. Cette technologie raccourcit les intervalles entre générations:avec la génomique, le taux d’IA avec des jeunes taureaux est passé de 25% à 97%. Ce qui accélère la création et la diffusion de progrès génétique. « Le progrès génétique a été multiplié par 2, voire 4 pour les caractères peu héritables ou multifactoriels comme les fonctionnels », confirme Clotilde Patry, d’Allice. Décrypter le génome assure aussi un meilleur suivi des gènes d’intérêts, par exemple sans corne, mais aussi des anomalies et de la consanguinité.

Une mobilisation européenne

Pour élargir la population de référence en race Holstein (donc augmenter la fiabilité des index) et réduire le coût de la puce de lecture du génome, 7 coopératives d’élevage ont mutualisé leurs actions au sein d’Eurogenomics. Ensemble, ils travaillent à faire progresser le génotypage, notamment par la prise en compte de nouveaux critères, comme la santé et la longévité, l’efficience alimentaire ou encore la réduction de l’empreinte écologique. Leur objectif commun est d’aller vers un élevage de précision.

 

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