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Astreinte
La monotraite pour alléger le travail

La suppression d´une traite par jour pendant huit semaines n´a pas perturbé les vaches du troupeau. La production laitière a baissé de l´ordre de 20 % mais les taux ont augmenté.


Pointes de travail au printemps, envie de disposer de plus de temps libre. la monotraite est une solution envisageable pour diminuer l´astreinte de la traite. Cette pratique est d´autant plus attrayante que la traite représente « plus de 50 % du travail d´astreinte », souligne Jean-Michel Lamy, conseiller d´entreprise à la Chambre d´agriculture du Maine et Loire.
Une adaptation très rapide des animaux
Afin de mesurer ses conséquences technico-économiques, un essai a été réalisé au printemps 2003. Deux lots de 26 Prim´Holsteins ont participé à cette expérimentation. Lors du passage à une traite, les animaux avaient en moyenne 5,8 mois de lactation. Pour le lot une traite (lot 1), la suppression de la traite quotidienne a duré 8 semaines. Le « lot 2 » a servi de témoin. Les vaches étaient au pâturage et recevaient en complément de l´ensilage de maïs.
Première conclusion rassurante : l´adaptation au nouveau rythme de traite a été très rapide. « En trois à quatre jours, toutes les vaches étaient habituées », souligne Jean-Michel Lamy, responsable de cette expérimentation. « Nous n´avons pas observé de changement de comportement des vaches du lot 1 au pâturage lorsqu´on allait le soir chercher dans une parcelle voisine celles du lot témoin pour les traire. »

La production laitière a baissé de l´ordre de 20 % dans le lot 1. Ce résultat est cohérent avec ceux déjà observés aux Trinottières ou publiés par l´Inra. Quatre semaines après le retour à deux traites, un effet rémanent mais faible (-3 %) a subsisté. « Cet effet est plus marqué lorsque les vaches sont en début de lactation », prévient Jean-Michel Lamy.
De fait, un précédent essai portant sur l´arrêt d´une traite pendant cinq semaines a montré que « la perte de production lors de la reprise des deux traites est très marquée ( -11 %) pour les vaches en tout début de lactation (moins de 2,5 mois) et pratiquement nulle (-1 %) pour les vaches en milieu de lactation ».
Dans le lot 1, le TB a légèrement augmenté (+0,4 g/l). Cet écart s´est maintenu après le rétablissement de deux traites par jour. L´impact sur le taux protéique a été important (+1,8 g/kg de lait dans le lot 1). Il s´est légèrement contracté tout en restant significatif (+1,1 g/kg) trois semaines après le retour à deux traites. « Les comptages cellulaires n´ont pas significativement augmenté dans le lot 1. »

26 vaches à 5,8 mois de lactation
Ce résultat rassurant doit être cependant relativisé. Ce phénomène pourrait s´expliquer par un niveau de départ faible (75 000 cellules/ml). Lors de l´été 2004, le troupeau a connu une flambée de cellules après le passage à une traite par jour. Un phénomène que Richard Landelle, le responsable des Trinottières, explique par la conjonction de deux facteurs aggravants. « Les animaux étaient en fin de lactation (stade moyen de 8,5 mois) et sur une parcelle qui leur servait uniquement de parc. » Globalement, « le passage à une traite par jour n´a pas eu de répercussions économiques », selon Jean-Michel Lamy qui préconise cependant « de ne pas dépasser deux mois pour limiter l´impact sur les effectifs d´animaux et d´être très motivé au départ. »
Source : Ferme expérimentale des Trinottières- Institut de l´élevage.

Pour en savoir plus
Ce thème est un des trois sujets majeurs qui seront développés aux journées Portes ouvertes de la Ferme expérimentale des Trinottières à Montreuil-sur-Loir dans le Maine-et-Loire, les 15 et 16 juin 2005. La station proposera ainsi des solutions concrètes pour diminuer le travail d´astreinte, développer l´autonomie alimentaire ou réaliser une mise aux normes économe.

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