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COT'Hebdo Céréales et Sucre
Marché des céréales et du sucre du 19 au 26 février 2025 - Les exportations de blé français sous la menace de la grève des dockers

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 19 et le 26 février 2025, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

Image de céréales et courbes d'évolution de prix, générée par l'IA.
© Généré par l'IA

Sur Euronext et sur les marchés physiques français, les prix du blé ont reculé entre le 19 et le 26 février pour la deuxième semaine consécutive en ancienne et en nouvelle récoltes. Les échéances mars et mai 2025 continuent de souffrir des difficultés à exporter le blé français sur le marché mondial, malgré le ralentissement des expéditions depuis la mer Noire, et en particulier en provenance de Russie. Dans ce contexte, les primes françaises restent relativement stables depuis la semaine dernière. La dernière récolte australienne est plus élevée que prévu et l’Argentine accuse du retard dans ses exportations. Enfin, les pourparlers de paix en Ukraine entre Washington et Moscou rassurent les marchés et ajoutent de la pression sur les prix.

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En France, des fabricants d’aliments pour animaux complètent les couvertures sur avril-juin en blé fourrager. En blé meunier, quelques affaires se sont réalisées en ancienne récolte. Par ailleurs, signalons la grève des dockers sur les ports français qui vient perturber les exportations de céréales françaises au moment où l’activité montre des signes de reprise.

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En nouvelle récolte, les cours sur Euronext résistent mieux malgré une baisse significative. Les inquiétudes sur l’état des cultures en France, en Russie et aux États-Unis soutiennent les cours. Toutefois, les nouvelles sont rassurantes sur les cultures russes et états-uniennes de blé d’hiver avec des effets du gel plus limité que prévu. Pour autant, le courant d’affaires en France sur la prochaine récolte reste encore faible avec des primes qui évoluent peu depuis le 19 février. En France, les conditions de culture de blé d’hiver restent défavorables avec 74 % de surfaces en « bon ou très bon » état. L’activité demeure faible pour l’instant sur la récolte 2025 en blé meunier et fourrager.

Accalmie du fret fluvial sur le portuaire, manque de cales sur l'intracommunautaire

Les coûts du fret fluvial sur le bassin de la Seine n’ont pas évolué entre le 19 et le 26 février. L’exportation sur l’intracommunautaire, concernant des dégagements de blé et de maïs vers la Belgique, est maintenant confrontée à un manque de cale, en raison du dérèglement des flux de ces dernières semaines. Sur le portuaire, l’activité retombe progressivement, en l’absence de programme prévisionnel sur la première quinzaine de mars. Sur le plus long terme, c’est le flou artistique quant aux perspectives d’exportations céréalières ! « Entre congés scolaires, grève des dockers et chômage technique dans les terminaux céréaliers (à Sénalia officiellement, voire dans d’autres silos portuaires plus officieusement), il y a une forme de crispation, de tension continue, malgré la faible activité à l’heure actuelle, car le risque de rupture d’approvisionnement des industries de l’agroalimentaire, comme la meunerie en région parisienne, est toujours présent », commente un acteur du fret fluvial.

Les coûts de fret sur le Rhin n'ont quant à eux pas évolué sur la semaine. Rien n'est à signaler en ce qui concerne les conditions de navigation. 

Mikaël Juchet et Karine Floquet

Maïs

La météo s’améliore en Amérique du Sud

L’avancée des semis au Brésil rattrape son retard avec le retour d’un temps plus sec. En Argentine, les conditions de culture s’améliorent avec les dernières averses. Le marché observe les décisions de la Maison blanche sur la potentielle application début mars des droits douanes sur les importations états-uniennes. Les opérateurs attendent les estimations de l’USDA au 27 février sur les surfaces de maïs, attendues en hausse de plus de 4 %. En France, des affaires de couverture ont été réalisées sur avril-mai sur un marché vendeur. Signalons de la demande des Pays-Bas pour du maïs avec un taux de mycotoxines aux normes. Dans le Sud-Ouest, l’activité vient d’opérations de couverture opérées par l’Espagne.

Orge fourragère

L’activité se tasse

En orge fourragère, la fièvre catarrhale en Allemagne a provoqué une demande en orge fourragère de la part du Maroc sur le port de Rouen. Les programmes de ventes sur le marché français sont désormais très avancés et les acheteurs ne sont pas dynamiques. Actuellement, l’orge ne rentre pas dans les formulations en alimentation animale.

Orge de brasserie

Marché peu actif

Les prix des orges de brasserie sur le marché physique français ont suivi une tendance plutôt baissière en variétés d'hiver et de printemps entre le 19 et le 26 février, toutes récoltes confondues. Le marché n'est guère actif. On notera quelques petites affaires traitées en début de semaine.

Blé dur

Un marché du blé dur léthargique

Les prix évoluent peu et quelques affaires se sont réalisées en qualité intermédiaire. La demande italienne pour du blé dur français se confronte au manque de disponibilités en bonne qualité. Dans le Centre, les disponibilités en bonne qualité sont désormais rares. Les prix en blé dur sont très dispersés avec une fourchette allant de 245 €/t en mauvaise qualité à 295 €/t pour des lots aux normes semoulières.

Céréales secondaires

Le seigle demeure non coté

En avoine, seul le cours de l'avoine noire en Rendu Pontivy/Guingamp a gagné 8 €/t entre le 19 et le 26 février, les autres cotations sont restées inchangées. Les prix du triticale ont évolué irrégulièrement selon les zones de production. Le seigle n'est toujours pas coté cette semaine. 

Sucre

Des prix au plus haut en deux mois et demi

Les prix du sucre ont encore progressé entre le 17 et le 24 février, en sucre brut mais surtout en sucre raffiné. Sur le marché new-yorkais, les cours ont atteint en séance un plus haut niveau depuis quasiment deux mois et demi ce lundi avant de reculer un peu sur des opérations de liquidation de positions longues. 

Le marché est marqué aussi par la persistance de la robustesse du real brésilien depuis mi-décembre. La monnaie brésilienne a cependant consolidé un peu ces derniers jours : peut-être une opportunité pour les producteurs du pays pour réaliser des ventes à l’exportation. À suivre… L’annonce par l’Inde (India Sugar and Bio-Energy Manufacturers Association) d’une baisse de sa production de sucre pour la période allant du 1er octobre au 15 février (19,7 Mt, soit -2 % par rapport à l’an passé sur la même période), a aussi poussé les prix vers le haut. Le groupe français Téréos, numéro 2 mondial de la production de sucre, a publié les résultats pour le troisième trimestre de son exercice en cours : 1,39 milliard d’euros de chiffre d’affaires (-22 % comparé au même trimestre de l’an passé). La baisse des prix mondiaux du sucre a pesé sur ce résultat. 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • État des cultures de céréales d’hiver en France.
  • Dynamique des exportations russes, en net recul sur un an.
  • Remontée de l’euro face au dollar.
  • Grève des dockers sur les ports français.

Orges 

  • Avancée des semis d’orge de printemps.
  • Impact sur les échanges commerciaux des taxes douanières états-uniennes sur les produits canadiens et mexicains.
  • Marché français bien vendu, moins de disponibilités.

Maïs

  • Avancée des semis au Brésil.
  • État des cultures en Argentine, qui souffrent de la sécheresse.
  • Teneur en mycotoxines sur les maïs en ancienne récolte.
  • Demande chinoise.
  • Surfaces de semis de printemps aux États-Unis, attendus en hausse.

Mikaël Juchet

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