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Dossier "Protéine en nutrition animale"
Les microalgues lèvent des fonds

Les microalgues sont des organismes unicellulaires photosynthétiques. Il en existe entre 40 000 et 60 000 espèces, dont trois principales (spiruline, chlorelle, dunaliella) font l’objet d’une production industrialisée.

Les microalgues constituent l’une des pistes pour accroître la production européenne de protéines. Même s’il n’existe pas encore de marché pour la protéine de microalgues, il s’en dessine à l’horizon de deux ans, selon les experts, car la production progresse. Déjà utilisés dans des applications aussi diverses que les cosmétiques, les produits de santé, le traitement des eaux ou la fertilisation, ces végétaux trouvent des applications concrètes dans l’alimentation humaine et en nutrition animale, surtout dans les aliments spéciaux. Les arguments déployés par leurs promoteurs, comme Vitor Verdelho Vieira (président de l’EABA, European Algae Biomass Association), font une large part à la durabilité. «La production d’un kilo de matière sèche de microalgues ne demande que 15 litres d’eau et 2 à 3kg de CO2, tout cela sur moins de 0,1m2», a-t-il expliqué lors du symposium organisé par l’Ifipp (International Platform of Insects for Food and Feed) à Bruxelles le 6 novembre dernier. Le lobbying des productions de microalgues a permis, dès 2011 (amendement “algues”), de les introduire dans le catalogue européen des matières premières autorisées en nutrition animale dans la rubrique 7 : algue, algue séchée, tourteau d’algues, huile d’algue, extraits d’algues, macroalgues sont donc autorisés pour peu que leurs noms soient spécifiés et qu’ils répondent bien aux critères de sécurité sanitaire.

Un investissement de 350 M$

Selon Justin Sherrard, analyste stratégique à la Rabobank, l’intérêt des financiers est bon pour cette alternative puisque les investissements internationaux dans les microalgues ont dépassé les 350 M$ l’an dernier, contre un peu plus de 250 M$ pour les protéines d’insectes et environ 100 M$ pour les protéines bactériennes.

Il existe deux grands types de systèmes de production : ouverts et fermés. Ces derniers sont toujours de plus petite taille : maximum 150 t/an pour les quatre plus gros ateliers dépassant 1 000 m3 (BGG, Algatech, Buggypower et Allmicroalgae). Il n’existe pas de très grands sites “ouvert” qui produiraient plus de 5 000 t/an par exemple (dépassant donc 100 ha). L’EABA a identifié plus de 500 sites de moins de 5 ha (10 à 100 t/an), environ 300 unités de taille moyenne (5 à 50 ha), surtout en Chine et dans les autres pays d’Asie (capacité de 100 à 500 t/an), et moins de 20 sites de 50 à 100 ha qui sont, généralement, des producteurs de spiruline (1 000 à 5 000 t/an).

Pour la FAO, qui comptabilise quarante espèces cultivées, la production de plantes aquatiques connaît une croissance continue depuis les années 90 jusqu’aux 31,2 Mt de 2016. Plus de 30 Mt sont des macroalgues, dont l’expansion de la production d’espèces tropicales pour la production de carraghénanes, notamment en Indonésie (11 Mt), explique la forte croissance ces dernières années. La FAO chiffrait à 89 000 t les microalgues “cultivées” en 2016, dont… 88 600 t en Chine. Mais reconnaissait l’imprécision de ces valeurs en raison d’un manque de données chez d’importants producteurs comme : «l’Australie, la France, l’Inde, Israël, le Japon, la Malaisie et le Myanmar».

 

 

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