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Jaunisse de la betterave : comment lutter en 2025, avec une arrivée tardive des pucerons ?

Le froid hivernal va retarder l’arrivée à courant mai des pucerons vecteurs de la jaunisse sur betterave sucrière. État des lieux des préconisations de lutte avec insecticides et solutions de biocontrôle.

<em class="placeholder">feuille de betterave sucrière avec symptôme de jaunisse</em>
La jaunisse de la betterave est une maladie virale transmise principalement par le puceron vert Myzus persicae. Le froid hivernal et les fortes pluies de l'an dernier ont ralenti le développement de ce ravageur.
© ITB

Les hivers froids ne sont pas favorables aux pucerons. Celui de 2024-2025 ne déroge pas à cette règle : l’arrivée des individus ailés du puceron vert vecteur de la jaunisse sur betterave est estimée autour du 13 mai, selon le modèle de prédiction utilisé par l’ITB. « Cette date est une moyenne nationale qui reflète un début d’année froid défavorable à la survie des pucerons », explique l’ITB. Il s’agit de la date la plus tardive depuis 2019 que ce modèle de prédiction est employé. En 2020, année à forte infestation jaunisse, l’arrivée des pucerons avait été estimée au 20 avril. « Mais les conditions de ce printemps seront à surveiller, souligne Fabienne Maupas, responsable du département technique et scientifique de l’ITB. S’il y a de la chaleur et absence de pluie forte, le développement des pucerons sera favorisé. »

Les mêmes insecticides efficaces contre les pucerons

Les moyens de lutte changent peu. Deux insecticides efficaces restent utilisables, dont un en dérogation 120 jours. Le produit Teppeki (flonicamide) est autorisé pour une seule application par an, à partir du stade 2 feuilles vraies de la betterave. L’insecticide Movento (spirotetramat) pour lequel l’ITB a demandé la dérogation est utilisable pour trois applications au maximum, du stade 2 feuilles à la couverture des rangs. Pour chacun des produits, il est conseillé d’ajouter 1 l/ha d’huile (Actirob B) pour améliorer l’efficacité du traitement. Le mélange avec des herbicides est possible.

Un programme de traitement avec les deux produits

« Nous conseillons le recours à Teppeki plutôt pour le premier traitement (T1) et Movento pour les traitements suivants (T2, T3), cette dernière spécialité étant plus performante en températures élevées, précise Cédric Royer, responsable protection de la culture de l’ITB. Les deux insecticides montrent une efficacité de 80 % à sept jours et de 65 à 70 % à 14 jours après l’application. » Les coûts d’utilisation de Teppeki et de Movento sont respectivement de l’ordre de 27 €/ha et 45 €/ha. Si les conditions de semis et de développement se déroulent bien, la betterave devrait être au stade 8 feuilles au 13 mai, à l’arrivée prévues des premiers pucerons ailés. Ce qui pourrait permettre de décaler et modérer les applications de produits par rapport à une année de forte pression.

Pas d’acétamipride pour cette année en betterave

Des insecticides à base de pyréthrinoïdes et de carbamate existent mais ils ne sont pas conseillés par l’ITB en raison de la résistance avérée du puceron vert à ces produits. Quant à l’acétamipride, en dépit de la demande de la profession pour son usage, il ne pourra pas être autorisé pour la campagne à venir.

Un produit de biocontrôle, répulsif naturel des pucerons

Des produits de biocontrôle et utilisables en agriculture biologique sont commercialisés contre le puceron vert. La solution Insior Gr A vient de recevoir une dérogation 120 jours. Fruit de la collaboration entre la start-up Agriodor et le groupe Syngenta, cette spécialité contient des substances chimiques (allomones) agissant comme répulsif naturel des individus de pucerons verts. « Elle agit sur la reproduction en la ralentissant et sur l’alimentation en la perturbant », ajoute Syngenta. « Nous avons mesuré des efficacités entre 20 et 60 %. Il s’agit du meilleur produit de biocontrôle que nous avons testé mais avec une forte variabilité d’efficacité », observe Fabienne Maupas.

Sous forme granulé, le produit est utilisable dès la levée de la betterave, à appliquer à l’aide d’un épandeur centrifuge. Il agit jusqu’à 28 jours, selon Syngenta. « Une application dès la levée peut repousser l’emploi d’un insecticide en tenant compte du seuil de déclenchement (10 % de plantes avec au moins un puceron), sachant qu’une fois que le feuillage de la betterave couvre les rangs, il n’est plus utile d’intervenir », précise Fabienne Maupas. Le produit coûte de l’ordre de 70 €/ha.

L’huile de paraffine doit faire ses preuves sur la jaunisse

Des spécialités à base d’huile de paraffine sont également commercialisées en biocontrôle, comme Illion de Sipcam France. « Sur les treize essais où nous avons testé le produit, nous en avons vu un seul où il y avait un effet sur la jaunisse, rapporte Fabienne Maupas. L’efficacité peut être estimée entre 0 et 20 %. Cela reste une solution potentielle, en agriculture biologique par exemple. » Responsable agronomique à Saint-Louis Sucre, Ophélie Bolingue envisage malgré tout « une utilisation d’Illion à 10 à 15 l/ha dès la levée de la betterave en cas d’arrivée précoce de pucerons avec une ou deux applications à 7 jours d’intervalle pour générer une barrière physique à la transmission de virus aux betteraves. Teppeki prend le relais ensuite dans la lutte contre ces ravageurs. »

Un moyen complémentaire de lutte avec les plantes compagnes

Outre les produits d’application, l’ITB conseille l’utilisation de plantes compagnes, notamment dans les régions à risque fort comme le Centre. Ces plantes, orge ou avoine, ont montré une certaine efficacité contre l’installation des pucerons. Elles ne doivent pas être détruites trop tard dans la betterave sous peine d’exercer une concurrence à la culture.

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