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Nouvelle année noire pour l’abricot

Les conditions climatiques de juin ont plombé la campagne abricot, faible en volume et en qualité. Un travail sur le goût est plus que jamais nécessaire pour relancer la filière.

Près de la moitié des volumes d'abricots commercialisés dans une année normale, manquait en 2018.
© M. Le Corre

Fragiles, peu goûteux, manquants… la qualité comme les volumes n’ont pas été au rendez-vous cette année en abricot. « Avec une production européenne de retour dans la moyenne, nous avions tous de grands espoirs », a débuté Raphaël Martinez de l’AOP pêches et abricots de France, lors de la présentation variétale abricot fin août au CTIFL de Balandran (Gard). Mais les conditions climatiques de juin en ont décidé autrement. L’extrême fragilité des fruits et les marbrures ont fait de 2018, « une année apocalyptique pour les stations. » L’engouement des consommateurs français a été limité d’autant que la qualité gustative était hétérogène, même pour la référence qu’est la variété Bergeron. Les prix de 2018 ont donc plafonné à 20ct/kg sous ceux de 2016. « Et nos marchés d’export se ferment progressivement avec l’augmentation des volumes espagnols, insiste le directeur de l’AOP. Il reste des opportunités mais pour une qualité qui justifie nos prix. » La filière est donc en difficulté et la clef pour en sortir est la qualité gustative de ses abricots. « Elle se joue chez les éditeurs de variétés mais aussi chez les producteurs selon leur mode de conduite et le déclenchement de la récolte », insiste Raphaël Martinez. 

Des  projets pour voir le bout du tunnel

Plusieurs projets ont donc pris le problème à bras-le-corps. L’AOP a lancé son plan qualité 2020 pour travailler sur la partie production. Et le CTIFL a présenté les premiers résultats de son projet MicMAc (Mesure et détermination des critères de qualité et des préférences des consommateurs en abricot). Ce projet a pour objectif de caractériser l’offre commerciale existante et de déterminer les critères de qualité perçus par les consommateurs. Les résultats de cette première année d’essais confirment l’hétérogénéité de la qualité. « En 2018, nous n’étions clairement pas au maximum d’arôme et de sucre qu’il est possible de rencontrer », confirme Valentine Cottet du CTIFL. Les résultats de l’enquête consommateur montrent que l’abricot a une image positive, puisqu’il est considéré comme un fruit savoureux pour 91 % des interviewés. Mais pour 60 % d’entre eux c’est un fruit qui manque souvent de goût. 78 % souligne la qualité inégale. « Et près de la moitié considère que la qualité se dégrade », déplore la spécialiste. « Pourtant notre baromètre sur les attentes et perceptions des consommateurs montre que la consommation d’abricot croît, affirme Danièle Scandella, CTIFL. Elle est en augmentation de 26 % en volume entre 2005-2007 et 2015-2017. »

 

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