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L’asperge sur une exploitation à vocation céréalière

Installé en 2015 avec ses parents sur une exploitation orientée surtout sur les semences et les céréales, Simon Battais y a planté trois hectares d’asperges et compte doubler les surfaces.

SIMON BATTAIS : « L’asperge est une production technique, qui demande du suivi et où il y a beaucoup d’innovations. »
© V. BARGAIN

A22 ans, Simon Battais est sans doute l’un des plus jeunes producteurs d’asperges de Fleuron d’Anjou. Mais sur la commune de Saint-Mathurin-sur-Loire (49) où est située l’exploitation, deux autres jeunes se sont lancés en même temps que lui dans l’asperge. « Sur nos exploitations de petite taille, nous sommes obligés d’avoir des cultures à forte valeur ajoutée, souligne-t-il. Les sols limono-sableux de Saint-Mathurin-sur-Loire ne sont pas les plus adaptés à l’asperge. Mais deux autres producteurs, dont mon cousin, ont montré que cela était possible ». En 2015, l’exploitation comptait 50 ha de maïs semence, blé, pois et échalote. « J’ai pu reprendre 20 ha. Les contrats en maïs semence sont en forte baisse ces dernières années. Et pour l’échalote, il est de plus en plus difficile de trouver de la main-d’oeuvre qualifiée. Je connaissais déjà l’asperge que j’avais découverte pendant des stages. C’est une production technique, qui demande du suivi et où il y a beaucoup d’innovations. C’est une culture rémunératrice. Et c’est une espèce rustique qui nécessite peu de traitements, ce qui est un atout en termes de santé, de coût et de réponse aux attentes de la société. Comme Fleuron d’Anjou cherchait des producteurs et qu’il y a une bonne dynamique autour de l’asperge, j’ai décidé de me lancer dans cette production ».

Assurer le rendement et la qualité

En 2015, Simon Battais a donc planté trois hectares d’asperge de la variété Grolim, à 5 griffes/ml et 2,30 m d’écartement. Il a investi 90 000 euros dans la plantation et l’achat de matériel, dont une partie en copropriété avec les deux autres nouveaux producteurs de la commune. Pour pouvoir travailler leurs sols limono-sableux, les trois producteurs se sont notamment équipés d’une butteuse rotative à pales qui brisent les mottes. « Les butteuses à disques ne sont pas adaptées à nos sols », souligne Simon Battais. Les trois producteurs ont aussi acheté en commun une enrouleuse de plastique. Et l’EARL Battais a par ailleurs investi dans six machines d’aide à la récolte Asperge Spin, dans une coupeuse-laveuse et dans trois bacs de trempage. « La qualité de l’asperge est essentielle pour une bonne rémunération, note Simon Battais. Il faut des asperges droites, blanches, à la pointe fermée, sans défaut, avec le maximum de calibres 22-30. Ces bacs de trempage permettent de refroidir immédiatement les asperges après récolte et ainsi de préserver leur blancheur, pour un coût bien inférieur à celui d’un hydrocooler ». Les bacs de trempage sont de simples bacs en acier galvanisé que le producteur remplit d’eau à partir d’un puits et dans lesquels il dépose les palettes d’asperges au chariot élévateur.

Développer la production précoce pour une meilleure rémunération

En 2016, Simon Battais a récolté de début à fin avril avec son frère, salarié à mi-temps sur l’exploitation, un salarié permanent et un saisonnier. Pour cette première année de production, il a atteint son objectif de 3 t/ha. « Et les prix ont été stables pendant toute cette période », apprécie-t-il. En 2017, il prévoit de récolter 7-8 t/ha avec six personnes. Il va aussi tester la production sous petits tunnels. « Il faut développer la production précoce, estime-t-il. Plus tôt on arrive sur le marché, mieux les asperges sont rémunérées ». Pour cela, il a investi dans des arceaux et minitunnels et butté une parcelle de 60 ares dès le 9 décembre. « De plus, cela nous arrange pour l’organisation du travail, car le buttage fait classiquement en février tombe en même temps que le labour et la pose des plastiques pour les échalotes ». Et en 2018, il prévoit de planter trois hectares supplémentaires d’asperges. Il va pour cela s’équiper d’une planteuse pour pouvoir planter au GPS et faciliter ensuite le buttage. Et il envisage de planter d’autres variétés que Grolim pour produire plus tôt et améliorer la qualité des asperges.

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