Dossier Abricot : segmenter pour créer de la valeur ajoutée
L’une des sept entreprises fondatrices du label « zéro résidu de pesticides », Fruits & Compagnie continue, à travers ce label, sa démarche de segmentation, afin de créer de la valeur ajoutée.
L’une des sept entreprises fondatrices du label « zéro résidu de pesticides », Fruits & Compagnie continue, à travers ce label, sa démarche de segmentation, afin de créer de la valeur ajoutée.

« Pour rémunérer correctement producteurs, coopératives et metteurs en marché, il faut créer suffisamment de valeur ajoutée pour tout le monde », lance en introduction Bertrand Gassier de Fruits & Compagnie. En réponse à ce challenge, l’entreprise de mise en marché qui commercialise, entre autres, 7 000 t d’abricots provenant de 25 exploitations produites sur 450 ha, a choisi la segmentation. « Avec la segmentation, on essaye de réduire l’hétérogénéité de qualité des abricots en donnant un certain nombre de repères aux consommateurs », analyse le chef d’entreprise.
Zéro résidu de pesticides, une démarche ambitieuse
La dernière initiative en date est l’implication dans le collectif « Nouveaux champs » qui propose une offre de fruits et légumes « zéro résidu de pesticides » (cf. RFL n°381). « La démarche est ambitieuse mais la production doit se saisir de ce sujet qui préoccupe les consommateurs, renchérit l’entrepreneur qui est aussi producteur. L’allégation « zéro résidu de pesticides » a été testée et elle est comprise par le consommateur ». Pour cette première année, Fruits & Compagnie a ciblé deux parcelles dans un environnement peu problématique, c’est-à-dire avec un faible risque de contaminations extérieures, chez deux producteurs avec une bonne maîtrise technique. Les prévisions de volumes produits n’ont pas encore été communiquées, faute de visibilité. « Mais nous devons produire suffisamment de volume pour que la référence soit repérée par le consommateur », souligne Bertrand Gassier. Fruits & Compagnie qui a été l’une des premières entreprises à s’engager dans les démarches ISO 14000 Global Gap et RSE franchit ainsi une nouvelle étape dans la réponse aux attentes de consommation.
Proposer des solutions pour chaque usage
Mais c’est bien à travers leurs solutions de consommation que Fruits & Compagnie se démarque aujourd’hui. Développées depuis 2005, leurs gammes pré-emballées veulent répondre aux attentes des consommateurs. « La gamme « mûr à point » est pour les consommateurs qui n’ont pas le temps d’attendre, les mini-colis de 2 kg s’adressent plus aux familles, les barquettes de cinq ou six fruits à des personnes seules ou en couple », présente Séverine Gaillard. Enfin la gamme « Héritage de nos terroirs » garantie une qualité gustative et un taux de sucre, avec une présentation des fruits dans des barquettes en bois. « Souvent pointé du doigt, le manque de goût des abricots n’est pas qu’une affaire de variété. Pour cette gamme, nous avons défini des critères stricts de qualité gustative, la variété n’étant qu’un aspect de cette qualité », précise le président. Fruits & Compagnie a aussi participé aux choix variétaux inscrits dans les cahiers des charges des marques des distributeurs. « Nous savons précisément la part de marché potentielle en kilos vendus pour chaque produit, pointe Bertrand Gassier. Pour une grande surface de 1 500 à 2000 m2, le vrac représente 50 % des ventes, le plateau lité gros calibre 15 %, la barquette 650 g cœur de gamme 20 %, la barquette 1 kg 1er prix 12 % et la barquette « mûr à point » 8 %. Pour bien commercialiser l’abricot, les magasins ont besoin de cinq à six références, ce qui est loin d’être le cas actuellement. C’est pourquoi, je suis persuadé que l’abricot n’a pas encore atteint son plein potentiel de consommation ».
« Je suis persuadé que l’abricot n’a pas atteint son plein potentiel de consommation », Bertrand Gassier, Fruits & Compagnie.
Une projection à 20 ans
Avec AC fruits, Fruits & Compagnie investit dans l’innovation variétale pour trouver les variétés leaders dans 20 ans. Trois axes de sélection sont travaillés. Le premier est l’amélioration des variétés classiques pour qu’elles soient plus colorées, plus productives, moins sensibles aux manipulations et avec une meilleure qualité gustative. Le second est orienté vers les abricots de couleurs : rouge ou blanc. Le troisième veut créer des variétés plus résistantes aux ravageurs. Une orientation cohérente avec la démarche zéro résidu. « Mais il faut rester humble avec le choix variétal, souligne Bertrand Gassier. Pour avoir du recul sur une variété, il faut dix ans de pleine production. Or, nous n’avons pas le temps d’attendre donc on se trompe beaucoup ».
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