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Des solutions pragmatiques pour le transport en circuits locaux

Premier réseau logistique national consacré aux circuits courts, La Charrette a lancé récemment sa bourse de fret avec succès.

2 000 opérateurs transport, 7 000 producteurs et depuis peu même des transformateurs convaincus que l’avenir est au local et aux petits volumes nécessitant une nouvelle approche de la logistique.
© La Charette

Dans le domaine des circuits courts ou de proximité, les projets de livraison en BtoC ne manquent pas, mais la question est tout autre lorsqu’il s’agit de mettre en place cela entre le fournisseur et le client professionnel. Les contingences sont les mêmes quel que soit le volume considéré.

C’est ce constat que l’ont fait Laura Giacherio et sa sœur Marie en lançant, en 2017, la start-up La Charrette. Si le projet original tournait autour d’un système de livraison aux particuliers, celui-ci a rapidement évolué vers une offre dédiée BtoB. « Nous avons compris qu’il existait un marché pour la livraison professionnelle en circuit court car, en 2019, cela n’existait simplement pas ! », explique Laura Giacherio.

Une nécessaire mutualisation

De fait, le circuit court ou local se caractérise souvent par de petits volumes par fournisseur qui rendent difficile la massification des produits, et en fin de compte, n’intéressent pas les grands transporteurs. Du coup, les volumes faibles ne s’intégraient pas dans les schémas de la logistique longue.

De plus, les producteurs attendaient aussi d’un tel système qu’il leur permette d’augmenter leur portefeuille clients. Face aux tentations d'internaliser sa fonction transport – le producteur prend son camion pour livrer – ou de la transférer totalement à une entreprise tierce, La Charrette se positionne comme un réseau de logisticiens spécialisés dans les circuits locaux.

Cependant, contrairement au domaine industriel, il a fallu faire preuve d’innovations, les grands opérateurs de transport n’ayant pas la flexibilité, ni parfois le temps, de traiter ces volumes. « Nous avons mis en place plusieurs modèles différents. Cela peut passer pas du Cross-Docking entre deux camions, de la préparation de commandes directement dans le camion ou l’installation d’un espace déporté chez le producteur. L’important est de pouvoir proposer la logistique la plus adaptée à la demande spécifique des circuits locaux », détaille Laura Giacherio.

 

Une bourse de fret spéciale circuits locaux

Après ces développements, l’entreprise a lancé, l’automne dernier, une bourse de fret destinée aux circuits courts. L’idée est simple sur le papier : au travers du site Internet lacharrette.org, un producteur ou un transporteur local pour une livraison simple ou la mise en place d’une tournée envoie directement leur demande sur la plate-forme Web qui traduit les demandes reçues en demandes de transport logistique détaillées.

La réalisation de la prestation peut s’effectuer par un producteur assurant la colivraison ou une entreprise spécialisée. « Nous nous sommes tournés vers des facilitateurs – petits grossistes, transporteurs locaux, groupements de producteurs, plates-formes dématérialisées – afin d’organiser les flux entre les producteurs et les acheteurs professionnels », souligne Laura Giacherio.

La proposition a, de toute évidence, suscité l’intérêt : pratiquement 2 000 transporteurs et 7 000 producteurs adhérent et utilisent cette bourse de fret, qui est active sur la région Rhône-Alpes, l’Occitanie et la Bretagne. « Elle permet aussi de renforcer la place des produits locaux et, par là même, répondre à cette demande des producteurs cherchant à étendre leur clientèle. Par exemple, dans le cadre d’une tournée de livraison auprès de restaurateurs lyonnais, nous sommes à même de proposer des produits locaux dans les alentours », précise-t-elle. Aujourd’hui, l’objectif de La Charrette est d’automatiser totalement l’activité. L’entreprise est en recherche de fonds pour passer à ce stade supérieur.

Juste répartition de la valeur et transparence des opérations demeurent le credo de l’entreprise.

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