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L’efficience alimentaire héritable, mais complexe à mesurer

Un projet de recherche international a étudié l’héritabilité de l’efficience alimentaire en ferme caprine et compare l’efficience selon le système d’élevage.

Des chèvres s'alimentent en fourrage.
Le type d'alimentation distribuée influence l'efficience alimentaire des chèvres.
© D. Hardy

Entrepris en 2019 et réunissant des chercheurs de douze pays, le projet Smarter (Small ruminant breeding for efficiency and resilience) avait pour but d’améliorer l’efficience alimentaire des ovins et caprins. Une partie des résultats a été présentée lors d’un webinaire le 14 mars 2024. L’alimentation représente entre 20 et 25 % des coûts de production et les émissions de méthane par les ruminants participent au changement climatique. L’objectif du projet est d’approcher l’efficience alimentaire au sein d’une large diversité de systèmes d’élevage. L’étude réalisée en élevage caprin vise à estimer l’héritabilité de l’efficience alimentaire et à étudier son interaction avec l’environnement, ici, représenté par le type d’alimentation.

L’efficience transmise à la descendance

L’étude a requis les données de quatorze fermes commerciales et une ferme expérimentale (Inrae à Osmoy dans le Cher) élevant au total plus de 6 000 chèvres alpines et saanens. Dans un premier temps, l’efficience alimentaire chez les chèvres s’avère relativement héritable (une chèvre efficiente est susceptible de transmettre en partie cette capacité à sa descendance), davantage même que chez les ovins. Toutefois, il est important de noter que les chercheurs ne peuvent calculer qu’une efficience approchée, car les mesures sont effectuées à partir de lots, puis estimées individuellement.

L’absence de distributeurs de fourrages et de concentrés individuels rend l’efficience alimentaire individuelle difficile à évaluer en ferme commerciale. Une voie d’amélioration de l’étude serait de réaliser les mesures en ferme expérimentale afin d’avoir des données individuelles, mais cette option se limiterait à un seul système d’élevage et à un nombre limité d’animaux.

L’efficacité alimentaire est-elle différente selon le système alimentaire ?

L’étude a aussi regardé l’impact de l’environnement sur l’efficience alimentaire, notamment du type d’alimentation. Pour cela, elle a comparé l’efficience alimentaire de six élevages dits « extensifs » à celle de neuf élevages dits « intensifs » choisis selon le pourcentage de concentrés dans la ration.

Les résultats montrent que pour un pourcentage de concentrés dans les fermes intensives d’en moyenne 46 % contre 32 % en système extensif, « la production laitière reste sensiblement la même dans les deux systèmes », souligne Marjorie Chassier de l’Institut de l’élevage. Cependant, l’énergie résiduelle ingérée obtenue semble un peu plus faible pour le système extensif que pour le système intensif, ce qui semble montrer que les chèvres consommeraient moins que prévu en système extensif, pour une production laitière équivalente.

Une possible interaction entre le génotype et l’environnement pour l’efficience alimentaire a été estimée, mais ce résultat reste à confirmer par d’autres expérimentations.

Définition

L’efficience alimentaire

L’efficience alimentaire est, ici, estimée en calculant l’énergie résiduelle ingérée. Ce modèle correspond à la différence entre la consommation réelle et la consommation prédite de l’animal d’après son poids et sa production laitière. Ainsi, une chèvre est efficace si son ingestion est plus faible que sa consommation prédite.

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