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«Macron, réponds-nous et sauve tes paysans !»

Le 22 octobre, plus de 150 agriculteurs et une vingtaine de tracteurs ont rejoint le Puy-en-Velay pour une matinée de mobilisation. Leur cible : l’État qui doit tenir compte des difficultés du monde agricole et l’aider à sortir la tête de l’eau.

Pour terminer l’opération, les tracteurs ont été garés en épis devant la DDT.
Pour terminer l’opération, les tracteurs ont été garés en épis devant la DDT.
© HLP■Mardi 22 octobre, plus de 150 agriculteurs ont

■Mardi 22 octobre, plus de 150 agriculteurs ont rejoint le Puy-en-Velay pour participer à la mobilisation nationale FNSEA-JA et déclinée à l’échelle de la Haute-Loire par le réseau FDSEA-JA. Cette nouvelle action syndicale a démarré par une opération escargot à partir du rond-point des Barraques sur la RN88, où une vingtaine de tracteurs ont roulé au pas sur la voie rapide qui mène à Brives-Charensac. Tous feux allumés, les tracteurs avançaient au pas et non sans bruit puisque les agriculteurs ne lâchaient pas leur klaxon ! Une fois à Brives, le cortège a fait un petit crochet jusqu’au rond point devant le magasin Auchan avant de partir en direction de la place du Breuil puis de la DDT, rue des Moulins. Mais en chemin, les agriculteurs ont finalement décidé de prolonger un peu leur itinéraire, en passant devant la Préfecture... Un passage qui n’était pas prévu et d’ailleurs pas véritablement souhaité puisque des plots en béton étaient installés aux extrémités de l’avenue du général de Gaulle...
Bien décidés à montrer leur détermination aux représentants de l’État, les agriculteurs ont procédé au déplacement des plots à l’aide d’un tracteur équipé d’une fourche. La voie étant ouverte, les tracteurs dont l’un trainait une remorque chargée de pneus usagés sont passés deux fois devant la Préfecture avant de rejoindre la DDT où de nombreux agriculteurs les attendaient. Une fois devant la DDT, l’incarnation de l’État qui reste toujours dans le collimateur des agriculteurs, ces derniers ont déversé la remorque de pneus devant l’entrée de l’administration.
La pression monte dans les rangs des agriculteurs
Depuis la précédente action syndicale du 8 octobre dernier, les motifs de la colère des paysans et leurs cibles n’ont pas changé. «Nous nous mobilisons pour demander davantage de revenu, pour pouvoir passer les crises et avoir encore des agriculteurs demain, mais aussi pour dénoncer l’agribashing et les accords commerciaux de libre-échanges» a indiqué le président des JA Aura, Nicolas Merle qui observe par ailleurs que «la pression monte parmi les troupes car nous ne sommes pas écoutés !».
Autre motif de mobilisation : une sécheresse particulièrement sévère. «Suite à l’importante sécheresse que nous avons subie cette année, nous attendons à présent de la part du gouvernement des mesures et des solutions pour nous aider à passer l’année» a précisé Yannick Fialip, délégué cantonal FDSEA et président de la Chambre d’agriculture.
Au cours de cette action syndicale, une délégation d’agriculteurs a été longuement reçue par le Préfet. Si ce dernier s’est montré compréhensif, il n’a malheureusement pas pu apporter de réponses concrètes à leurs revendications qu’il fera remonter auprès du Président Macron. À la sortie de la Préfecture, le président de la FDSEA, Thierry Cubizolles a rappelé les principales problématiques qui touchent sa profession  : «Sur la loi Egalim, on attend des réponses sur la création du prix des produits agricoles en partant de la production jusqu’au consommateur. Sur ce dossier, le Président doit passer des paroles aux actes. Nous demandons que toutes les denrées agricoles soient sorties du Ceta car nous n’accepterons pas que des denrées qui ne répondent pas aux standards français arrivent dans nos assiettes. D’autre part, on veut un étiquetage simple et précis sur la composition des produits transformés alimentaires. Halte à l’estampillage français qui ne veut rien dire car on sait très bien qu’un produit venu de l’étranger devient français à partir du moment où il est transformé sur notre territoire. Les Français doivent pouvoir avoir le choix sur ce qu’ils mangent !».
Sur la sécheresse, la profession note quelques avancées comme le taux de perte sur la marge brute d’exploitation qui est passé de 13 à 11%, ce qui permettra à un plus grand nombre d’agriculteurs d’intégrer le dispositif des calamités agricoles. L’autre avancée qui vient de tomber et dont le réseau FNSEA-JA porte la paternité, concerne  le financement des chambres d’agriculture : «le financement des cham- bres d’agriculture est assurée ; le gouvernement a fait marche-arrière sur son projet de réduction de la taxe additionnelle du foncier non bâti et la régionalisation de la collecte de l’impôt départemental».
Une loi pour sanctionner très sévèrement les intrusions
La mobilisation du 22 octobre visait aussi à dénoncer l’agribashing perpétré par des «anti-viandes intégristes» et à demander un soutien ferme et définitif de la part du président de la République sur ce sujet-là. «Il faut que l’on obtienne, par une loi, que ces intrusions illégales dans les exploitations soient  sanctionnées très sévèrement ,tout comme les médias qui suivent ces intrusions». 
Les  agriculteurs sont désormais en attente de réponses de la part du gouvernement et promettent des actions plus musclées si rien n’évolue. «Macron réponds-nous et sauve tes paysans !» conclut le président de la FDSEA. Vous l’aurez compris, la balle est à présent dans le camp d’Emmanuel Macron.

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