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Les secrets du BIP, l’outil indispensable aux éleveurs

Le Bulletin Info Prairie (BIP) est publié chaque semaine dans votre journal via l’équipe fourrage de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. Mais comment est-il réalisé ? Eclairage.

Après quelques mois de repos, le Bulletin Info Prairie est de retour dans les pages de l’Auvergne Agricole. Outil d’aide à la conduite des pâtures par excellence, il dispense depuis une dizaine d’années maintenant des conseils et recommandations pour optimiser sa production d’herbe. Réalisé par l’équi- pe fourrage de la Chambre d’agriculture 63, son édition repose sur des relevés hebdomadaires de végétation, corrélés aux données météo. En raison de la douceur hivernale, il commence cette année avec près d’un mois d’avance.

Secrets de fabrication

C’est un outil bien connu des éleveurs. Quand le Bulletin Info Prairie redémarre c’est qu’il y a du mouvement dans les prés. L’herbe recommence à pousser. Les conseillers fourrages de la Chambre d’agriculture rechaussent les bottes. Durant toute la saison de pousse de l’herbe, habituellement de mi-mars jusqu’à l’automne, ils arpentent les prés du département. Tous les deux ans, ils choisissent sept exploitations représentatives des productions d’élevages (bovins lait et viande, ovins lait et viande, AB et zone Saint-nectaire). «Nous couvrons toutes les gammes d’altitudes de l’Est à l’Ouest du Puy-de-Dôme. L’idée est que, malgré les spécificités géographiques et pédoclimatiques propres à chaque exploitation du département, chaque éleveur a un conseil dans lequel il se retrouve » explique Pascale Faure de l’équipe fourrage de la Chambre d’agriculture.

Tous les lundis matins, elle réalise avec l’aide de ses collègues mais aussi des conseillers de l’EDE et de l’INRA, entre 30 et 50 mesures de pousse de l’herbe qui, une fois corrélées aux courbes de températures, donnent un aperçu du stade des plantes. « Nous suivons un lot de parcelles pâturées par un lot d’animaux sur chaque exploitation. On surveille également des parcelles de fauches précoces et tardives. » À ces résultats, l’équipe fourrage rajoute son œil d’expert pour dispenser les meilleurs conseils de conduites du pâturage et de fauches. « Avec un recul de 11 ans de suivi de pousse de l’herbe, nous arrivons à voir rapidement les anomalies lors des années particulières, comme 2018 et 2019. »

Un mois d’avance

Sur les deux dernières années, entre les sécheresses, les coups de froid puis les canicules, partout les pousse d’herbe ont été lourdement compromises jusqu’à remettre en cause l’autonomie fourragère des élevages. « Au-delà des mesures chiffrées, nous apportons un conseil technique aux éleveurs. Nous essayons d’avoir la vision la plus juste possible mais parfois, comme l’année dernière, c’est plus compliqué. Il ne faut pas oublier qu’il y a notre œil mais aussi celui de l’éleveur. Nous ne pouvons pas tout voir. »

Alors cette année sera-t-elle plus classique ? Pas si sûr. L’hiver inhabituellement clément a fait galoper les sommes de températures. « En demi-montagne, nous sommes déjà à plus de 100°C cumulés depuis janvier ! A la même date en 2019, nous atteignions à peine les 75°C cumulés et c’était déjà beaucoup. D’ordinaire, le mois de février est le plus froid de l’année et nous devrions atteindre péniblement les 40 à 50°C cumulés » détaille Pascale Faure. Relevés météo en main et expérience en tête, la conseillère reste méfiante. Les températures sont certes très élevées pour la saison mais le soleil est toujours dans sa course hivernale. « C’est un ensemble. Les températures augmentent avec l’aug- mentation de la luminosité. Mais si on regarde le rayonnement, nous som-mes encore dans des durées hivernales. Alors ce décalage entre tempé- rature et lumière va-t-il suffire à enclencher la pousse de l’herbe ? C’est ce que nous allons voir. » Devant tant d’avance, Pascale Faure craint dé-sormais de voir poindre un hiver retardataire. Un coup de froid pourrait pénaliser les prairies. « Les granges sont vides. Les éleveurs regardent avec envie leurs prairies. Sortir les animaux les démange. Attention, même si les journées sont clémentes, un hersage trop fort pourrait faire plus de mal que de bien si le froid revient. »

Pour plus de conseils, lire le Bulletin Info Prairie ci-dessous. Vous pouvez également faire la demande d’un envoi gratuit par mail (réservé uniquement aux éleveurs) à : fourrages@puy-de-dome.chambagri.fr

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