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L’incubation en chargement unique, source de compétitivité

Le fabricant d’incubateurs Petersime a chiffré les gains de l’incubation d’embryons ayant tous le même âge par rapport à la pratique plus courante du chargement multiple.

Le chargement unique convient mieux à des couvoirs importants qui peuvent remplir intégralement leurs incubateurs tout en gardant la souplesse de gestion des volumes éclos. © P. Le Douarin
Le chargement unique convient mieux à des couvoirs importants qui peuvent remplir intégralement leurs incubateurs tout en gardant la souplesse de gestion des volumes éclos.
© P. Le Douarin

On ne fait rien de bon, dit-on, avec un mauvais poussin… Pour être « dans la course », un accouveur doit être passé maître dans l’art de gérer les flux d’œufs à couver, par nature fragiles et périssables. S’ajoute la maîtrise de la climatisation des parties du couvoir (stockage, incubation, éclosion…) avec la récupération des flux énergétiques. Recycler l’énergie est primordial. En effet, un embryon a besoin de chaleur au début de son développement, puis il devient progressivement excréteur d’énergie. C’est dans ce contexte que s’inscrit la technique du chargement unique des incubateurs, jusqu’à présent moins préférée que celle du chargement multiple.

Plus cher à l’achat, moins cher à l’usage

L’incubateur de poussins en chargement multiple contient en général trois lots d’œufs d’âge différent (1). La chaleur émise par les embryons en fin de développement réchauffe ceux en début. Les paramètres de température, ventilation, humidité, gaz carbonique sont calés sur une valeur moyenne convenant à tous les âges. Il en va différemment avec un incubateur à chargement unique, dans lequel ces paramètres sont optimisés en fonction d’un âge unique et même de la génétique. En revanche, cette méthode nécessite une meilleure technicité du personnel et des machines plus sophistiquées, donc plus chères. Les performances obtenues sont meilleures en qualité et quantité, avec des économies de coûts de fonctionnement constatées. C’est ce qu’a chiffré Philippe Boxho, directeur des ventes de Petersime en Europe lors d’une journée d’information organisée en juin par son distributeur Cidape (2). Pour un couvoir de poussins de taille moyenne qui incube un million d’œufs à couver (OAC) par semaine, les gains annuels se chiffrent en million d’euros, cumulant économies de fonctionnement et hausse du nombre de poussins éclos. Concernant la ventilation de l’incubateur à chargement unique, « on peut réduire la consommation électrique de moitié, affirme l’intervenant flamand, en diminuant de 70 à 80 % la vitesse de rotation du ventilateur à des périodes précises ». En effet, le pulsateur compte pour 95 % de la consommation électrique d’un incubateur. Avec le système Éco-Drive, qui pilote la rotation du pulsateur, l’économie réalisée peut atteindre 1 500 euros par machine et par an, c’est-à-dire près de 40 000 euros pour un couvoir de 48 millions d’OAC par an.

Mieux ajuster ventilation, hygrométrie, température et CO2

Le gain le plus important provient de la réduction de la mortalité embryonnaire qui oscille entre un et deux pour cent. C’est considérable dans ce métier. Elle est consécutive au meilleur pilotage de l’humidité relative (HR) et de la température de l’air dans la machine. Au lieu d’une humidité constante à 55 %, un niveau élevé (environ 85 %) les neuf premiers jours puis bas permet de réduire la mortalité embryonnaire précoce. De même, la réduction de la température de l’air intérieur en fin de développement réduit la mortalité tardive. C’est possible avec la technologie OvoScan qui enregistre en continu la température réelle de l’œuf. Avec 520 000 à 1,04 million de poussins supplémentaires éclos, le gain oscille entre 182 000 à 364 000 euros de revenu annuel supplémentaire (3) pour un couvoir moyen. Auxquels s’ajoutent 840 000 à 1,68 million d’euros générés par l’abattage des poulets supplémentaires (poids de 2 kg à 0,85 euro/kg). Enfin, un réglage plus précis du taux de gaz carbonique (CO2) améliore le développement cardiovasculaire. Selon Philippe Boxho, un poussin ayant connu un taux de CO2 plus élevé avant 9 jours d’incubation et ensuite plus bas, a une croissance modifiée. Il démarre moins vite mais il finit mieux, ce qui se traduit par moins de morts (-0,28 %) et par un meilleur indice de consommation (-77,2 g d’aliment consommé à 2 kg). Cela se concrétise par un revenu supplémentaire d’un peu plus d’un million d’euros par an sur la base d’un couvoir d’un million d’OAC par semaine. Pour les poulets à croissance lente, l’économie alimentaire sera plus élevée en raison d’une durée d’élevage plus longue. Cette analyse vaut aussi pour les poulettes de ponte et les dindes, précise Philippe Boxho. Les accouveurs français ont bien compris que l’amélioration de leur compétitivité et celle de leurs filières passent par de nouvelles technologies. « Depuis deux ans, nous battons des records de vente sur la France », souligne Alice Vinchon, codirigeante de Cidape. Le renouveau de l’accouvage français est enclenché.

(1) Soit un lot d’OAC introduit par semaine d’incubation. En dinde (4 semaines d’incubation), c’est 2 ou 4 lots.
(2) Cidape est le distributeur exclusif du matériel Petersime en France et dans les pays francophones depuis plus de 50 ans.
(3) Prix de vente de 0,35 euro par poussin.

Des gains d’éclosion à différents stades

D’autres méthodes de management des œufs à couver (OAC) sont une source d’économie ou de gain, pointe Philippe Boxho. Il en cite principalement trois : la bonne gestion du stockage des OAC avant la mise en incubation, leur pré-incubation (réchauffage ponctuel) qui synchronise les stades embryonnaires, la maîtrise de la fenêtre d’éclosion (temps entre premier et dernier poussin éclos).

Un couvoir peut facilement perdre 0,5 % d’éclosion rien qu’au stockage estime l’expert de Petersime. « Par exemple, 0,2 % des œufs sont classés comme infertiles alors qu’en réalité ils sont fertiles. Il est possible de récupérer 80 % de ces pertes. » Quant à la fenêtre d’éclosion, le système Synchro-Hatch permet de réduire ce temps de 30 %. On obtient aussi plus d’éclos (+ 0,64 %) et une meilleure uniformité des poussins, donc des poulets abattus.

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