Aller au contenu principal

Lait bio
Bio Danone : équitable et non certifié équitable, deux contrats coexistent

Mathieu Grenier, représentant de 58 exploitations laitières bio sous contrat avec Danone, raconte ce qu'a permis l'équitable et la question que soulève aujourd'hui la coexistence de deux contrats au sein de la même OP.

Mathieu Grenier, éleveur bio Danone
© I. Sachet

Mathieu Grenier, co-président de l'OP lait bio Seine et Loire, représente 58 exploitations laitières bio sous contrat avec Danone. Lors de la table ronde organisée par l'OP lait bio Seine et Loire en juillet dernier, Mathieu Grenier a témoigné de l'expérience équitable avec Les Prés Rient Bio, filiale de Danone, qui valorise du lait bio en ultra-frais sous marque Les2vaches en GMS et sous marque Faire bien en magasins spécialisés. 54 exploitations pour 16 millions de litres de lait sont en équitable. Pour l'instant, 4 exploitations sont hors du contrat certifié "commerce équitable".

Lire aussi : Triballat Noyal se lance dans l'équitable

"Les premiers produits labellisés équitables sont sortis en mars 2019. Mais nous travaillons dessus depuis plus longtemps, et lors des échanges avec Les Prés Rient Bio cela a permis un déblocage sur la question du prix rémunérateur", souligne Mathieu Grenier. "On a travaillé sur le prix de revient, et donc sur le coût de production ; et donc sur la rémunération des exploitants. Nos réflexions ont abouti à une revendication : ne pas parler de Smic car nous ne sommes pas salariés. Nous demandons 36 000 euros de rémunération nette, ce qui donne un prix de revient proche de 570 €/1000 l." Le différentiel est élevé avec le niveau du prix de marché. "Avec l'équitable, il y a eu un compromis trouvé entre l'OP et Les Prés Rient Bio, sur une progression en cinq ans du prix de revient. On n'est pas encore au prix rémunérateur, mais on avance sur le sujet (520 € en prix moyen réel payé en 2020)."

Comment gérer deux contrats coexistants ?

Les volumes vendus en commerce équitable se développent (usine du Calvados). Mais Danone développe aussi d'autres marchés valorisant du lait bio, transformé à l'usine de Haute-Normandie et sur celle des Hauts de France, mais pas en équitable. "Au sein d'une même OP, avec un même acheteur - Danone -, nous avons d'un côté des éleveurs avec un contrat en équitable et de l'autre des éleveurs avec un contrat classique. En équitable on arrive à parler prix rémunérateur, et en non équitable on n'y arrive pas." En simplifiant, en équitable, le prix rémunérateur pour l'éleveur est payé par le consommateur. Sur les autres gammes, le consommateur ne serait pas prêt à payer. 

Mathieu Grenier expose les réflexions de l'OP : "Aujourd'hui, les écarts sont significatifs entre les deux contrats. Or, tous les adhérents peuvent répondre aux mêmes engagements liés au commerce équitable et au cahier des charges renforcé mise en place par Danone-Les Prés Rient Bio (marque Les 2 vaches). Est-ce à Danone de compenser l’écart ? Est-ce à l'OP de réaliser une mutualisation du retour de l'équitable pour en faire bénéficier tous les adhérents ?" 

Prix du lait réel payé moyen 2020 pour les adhérents de l'OP livrant Danone : 520 €/1000 l en contrat labellisé « commerce équitable » ; 490 € en contrat non certifié commerce équitable.

Les plus lus

<em class="placeholder">démonstrateur centrale agrivoltaïque Voltalia sur prairie avec des vaches</em>
Agrivoltaïsme : les ombrières de faibles hauteurs perturbent peu les vaches mais modifient la composition de la prairie à Poisy, en Haute-Savoie

Avec des hauteurs inférieures à 2,20 mètres, les panneaux fixes installés sur une prairie pâturée de la ferme de Poisy, en…

<em class="placeholder">Laurence, Christophe et Matthieu Debreuilly et leur conseillère Caroline Tostain</em>
« Avec notre passerelle, nos vaches traversent la route en sécurité », dans la Manche

Le Gaec Debreuilly dans la Manche dispose depuis l’été 2025 d’un pont pour que les vaches puissent traverser une route…

<em class="placeholder">Gilles Onillon, éleveur laitier, dans une prairie avec ses vaches Jersiaises</em>
« La fétuque élevée repart toujours après une période de chaud », dans le Maine-et-Loire

Le Gaec de la Jutière, dans le Maine-et-Loire, intègre de la fétuque élevée méditerranéenne dans son mélange prairial. Cette…

<em class="placeholder">John Plard, éleveur laitier</em>
« J’aurais dû anticiper l’explosion des cellules au robot de traite », dans la Sarthe
L’EARL Plard dans la Sarthe n’avait pas de problème de cellules avant le passage au robot de traite. Pourtant, l’élevage a dû…
<em class="placeholder">vaches laitières au pâturage</em>
Ralentissement de la collecte de lait de vache à l’Ouest de la France

Les premiers indicateurs d'avril laissent entrevoir un tassement de la dynamique de la collecte laitière après un début d'…

<em class="placeholder">Jérémy Amans, éleveur laitier</em>
« J’ai investi dans un robot de traite reconditionné pour 30 vaches », dans l’Aveyron

Installé seul, Jérémy Amans a fait le choix de l’automatisation de la traite et du raclage, ainsi que de la délégation de la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière