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La maladie des abcès chez les chèvres

Les abcès caséeux ou à microcoque de Morel gênent bien des élevages de chèvres sans qu’il n’y ait de véritables traitements, hormis l’hygiène et la prévention.

Nous parlerons de maladie des abcès chez les caprins si les deux critères sont présents : présence d’abcès avec contagiosité et évolution chronique de la maladie au sein de l’élevage. Elle n’est pas une maladie grave aussi bien sur le plan sanitaire qu’économique mais handicapante au vu de son incrustation dans certains troupeaux.

Deux formes sont observées dues à des agents bactériens différents : la maladie des abcès caséeux dite aussi « la lymphadénie caséeuse » et la maladie des abcès à microcoque de Morel.

La lymphadenie caséeuse chez l’adulte

Qui ne connaît pas les abcès caséeux dans son troupeau ? C’est une pathologie courante qui se manifeste par l’apparition d’abcès essentiellement chez les adultes. Les zones de frottement sont concernées : la tête, les épaules, les cuisses et les flancs. Ces abcès évoluent lentement vers la maturation, ils deviennent très fluctuants et percent en libérant un pus souvent crémeux vert jaunâtre et finissent par cicatriser. En général la chèvre ne présente pas de signes généraux sauf dans des cas particuliers de développement interne (abattement, hyperthermie et quelquefois mort).

Au niveau du troupeau la maladie est contagieuse pour atteindre au fil des semaines des taux de contamination de 5 à 20 %. La contagion peut s’accélérer selon le stade physiologique et les stress. L’agent causal est une bactérie, Corynébacterium pseudotuberculosis (rien à voir avec la tuberculose). La voie d’entrée est essentiellement cutanée par frottement sur tous les éléments contendants de l’élevage (barrières, auges, cornadis, salle de traite).

Les abcès à microcoque de Morel chez la chevrette

Cette maladie touche essentiellement les chevrettes de renouvellement à partir de cinq mois d’âge jusqu’à la mise bas. Par la suite une immunité semble s’installer. L’expression clinique est souvent explosive : apparition d’abcès souvent multiples au niveau de la tête, épaules, flancs, cuisses et la mamelle. Ces abcès peuvent atteindre le volume d’un pamplemousse. À maturité, ils libèrent un pus beaucoup plus liquide à visqueux. En principe, la vie des chevrettes n’est pas en danger mais la croissance peut être ralentie. Notons aussi quelques réformes du fait d’abcès au niveau de la mamelle.

Malgré l’immunité et la quasi-disparition des abcès après un an d’âge, la maladie réapparaît tous les ans sur le renouvellement de l’année suivante. Il y a donc persistance du germe sous forme active au sein de l’élevage, soit dans le milieu extérieur ou chez des animaux porteurs chroniques. L’agent causal est aussi une bactérie : un staphylocoque anaérobie dit « microcoque de Morel ».

Des moyens de luttes limités

Il n’y a pas de thérapeutique, les antibiotiques ne sont d’aucune utilité. La seule chose à faire consiste à ponctionner, débrider et nettoyer, avec une solution à base d’iode ou de chlorhexidine, les abcès arrivés à maturation avant qu’ils n’éclatent dans la chèvrerie.

On veillera à éviter tous les stress. L’alimentation prendra en compte les besoins notamment au niveau minéral, vitamines et oligo-éléments. Des essais à partir d’extraits de plantes à propriétés immunostimulantes et anti-oxydantes semblent apporter un mieux.

Prévention : attention à l’introduction

On appliquera des mesures préventives d’hygiène générale (lavage régulier et désinfection des zones de frottement), on évitera les stress de conduite d’élevage et on veillera aux équilibres nutritionnels. Aucun vaccin n’est commercialisé en France. La mise en fabrication d’auto vaccins après isolement du germe dans l’élevage pourrait être une voie mais la réglementation concernant la fabrication d’un autovaccin rend la mise en œuvre difficile. Il a été essayé hors autorisation de mise sur le marché sur des chevrettes le vaccin antistaphylocoque Vimco sans résultats convaincants.

Mais surtout il faut veiller aux introductions, notamment avoir la connaissance des élevages d’origine afin de ne pas introduire d’animaux porteurs, sources de contamination.

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