Melon : des virus et des vecteurs
Le programme de recherche ARIMNET doit permettre de comprendre les développements des maladies virales, notamment sur le melon, et les interactions virus-vecteur-plante hôte.
Le programme de recherche ARIMNET doit permettre de comprendre les développements des maladies virales, notamment sur le melon, et les interactions virus-vecteur-plante hôte.


Comprendre les émergences des maladies virales et comment les gérer dans le contexte climatique méditerranéen est l’objectif du programme ARIMNET qui regroupe douze équipes de recherche des pays d’Europe du Sud, du Maroc, de Tunisie et d’Egypte. Ce programme doit permettre de cartographier la présence des virus, leurs vecteurs et leurs plantes hôtes, d’analyser leur écologie et les interactions virus-hôte, de découvrir de nouveaux virus et d’envisager des méthodes de lutte.
Le trio de tête WMV, CABYV et CMV
En France, Eric Verdin, de l’unité de pathologie de l’Inra d’Avignon, a déjà mené un travail d’échantillonnage sur une large zone de l’arc méditerranéen. En 2016, 630 prélèvements ont été réalisés, avec prise de photos et localisation GPS, sur des plantes atteintes de symptômes de jaunisse, de mosaïque, de nécrose ou sur des feuilles filiformes. « Après des recherches ciblées en laboratoire, avec des tests sérologique et moléculaire, environ 60 % des plantes collectées étaient atteintes de virus», précise le chercheur, lors de l’après-midi melon dernièrement organisée par l’Aprel et SudExpé. Le virus WMV y est dominant et représente 45 % des cas de détermination. Le CABYV a été identifié dans 22 % des échantillons, le CMV dans 15 % et le ZYMV dans 8 %. En 2017, le maillage de l’échantillonnage a été plus resserré dans le but de comparer les souches de virus collectées. « Le trio de tête WMV, CABYV et CMV se retrouve partout », mentionne le spécialiste. Des prélèvements et identifications ont également été effectués sur les adventices présentes dans les cultures. Là aussi, la présence des trois virus prévaut, puisque WMV a été identifié à 84 %, CABYV à 41 % et CMV à 21 %. On relève également de manière plus erratique d’autres virus comme ZYMV, MNSV et PRSV.
Lien entre présence et risque
Pour sa part, Alexandra Schoeny, également chercheuse à l’unité de pathologie de l’Inra, a couplé la cartographie des virus à celle de leurs vecteurs, notamment les pucerons. Deux années de piégeage en plein champ à l’aide de pièges jaunes déployés pendant trois jours ont permis de réaliser un « instantané » de la situation. Après capture, et tri entre pucerons, thrips et autres insectes, les pucerons ont été déterminés par espèces. « On note une forte variabilité de l’abondance totale de pucerons entre les sites, de 30 à plus de 400 individus, ainsi qu’une forte variabilité des espèces présentes, plus de 20 espèces » a noté Alexandra Schoeny lors de la même journée de présentation. Le genre Aphis, avec beaucoup d’espèces vectrices, arrive en première position en 2017 et en seconde en 2016. La faible présence observée d’Aphis gossypii sur les sites de piégeages peut néanmoins être due au mode de capture par pièges jaunes moins efficaces que les pièges par aspiration sur cette espèce. « Sur deux périodes d’observation, Myzus persicae est quasiment absent », remarque la spécialiste. Suite à ces observations, l’existence d’un lien entre la présence des vecteurs et la prévalence des virus est posée. Les premiers résultats semblent montrer qu’il n’y a pas de lien apparent entre l’abondance des pucerons et le risque de développement de maladies virales. « La présence d’un vecteur n’est pas synonyme de transmission car nous ne disposons pas d’information sur le caractère infectieux de celui-ci », explique Alexandra Schoeny. Les travaux qui se prolongeront en 2018 devraient bénéficier de captures échelonnées afin de déterminer une dynamique de la situation virus/vecteur.
Le melon voit la vie en rose
SudExpé a évalué le comportement d’une culture de melon sous un film plastique fluorescent en condition précoce. Dans l’essai planté sous chenille au 9 mars, les répétitions du film testé, film Cascade lumineuses® de couleur rose, se démarquaient facilement par rapport film de référence. Selon le fournisseur, l’additif utilisé pour fabriquer ce film permet de convertir une partie du spectre lumineux en augmentant la part de photons bleu et rouge favorables à la plante. Au champ, Lucille Guigual, SudExpé, n’a pas noté de différence de végétation entre les différentes parcelles et le film a conservé sa couleur rose jusqu’au débâchage. A la récolte, débutée le 29 mai, le film Cascade a assuré un rendement précoce plus élevé. « Cette amélioration est liée à une meilleure nouaison et une amélioration de calibre », commente la spécialiste. Après une semaine de récolte, les rendements cumulés sont identiques jusqu’à la fin de la récolte. La présentation du fruit et le taux de sucre sont également comparables dans toutes les modalités. Les résultats de l’essai réalisé par SudExpé sont représentatifs des constats réalisés par le fabricant. « Notre objectif est d’aller chercher du rendement final par une meilleure compréhension des effets lumière/plant et leurs interactions avec le climat et la variété », explique Antoine Peyron, Cascade.
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