Aller au contenu principal

Légumes d’industrie : certains producteurs sont tentés par les céréales

Face aux prix très hauts des céréales ces trois dernières années, certains producteurs sont tentés d’emblaver ce type de production plutôt que des légumes d’industrie. Ils ne seraient qu’une minorité selon l’Unilet qui rappelle que producteurs, OP et industriels sont liés. En outre, bien que plus techniques et plus risquées, les cultures de légumes d’industrie peuvent être très rémunératrices.

haricot vert. culture de haricot vert pour l'industrie. champ. bretagne.
Les légumes d’industrie représentent en général une culture de diversification chez les agriculteurs en produisant, les grandes cultures sont la production principale. Se pose donc l’enjeu de l’arbitrage des emblavements chaque année au sein de l’exploitation, d’autant plus dans un contexte de prix très hauts des céréales ces trois dernières années.
© Julia Commandeur

Les légumes d’industrie représentent en général une culture de diversification chez les agriculteurs en produisant (5 à 15 % des emblavements). Les grandes cultures sont la production principale. Se pose donc l’enjeu de l’arbitrage des emblavements chaque année au sein de l’exploitation, d’autant plus dans un contexte de prix très hauts des céréales ces trois dernières années.

Lors d’un voyage de presse organisé par l’Unilet, l'interprofession française des légumes en conserve et surgelés, fin septembre en Bretagne, producteurs et industriels ont partagé leur quotidien, leur engagement, leurs innovations, leurs difficultés. Dans cet article, les représentants de l’Unilet s’expriment sur la concurrence des céréales, mieux rémunérateurs, quant aux emblavements de légumes d’industrie.

Légumes d’industrie : pourquoi la filière consacre 70 % de son budget à la recherche et à l’expérimentation ?

Légumes d’industrie : comment gérer l’eau, du champ à l’usine

Légumes d’industrie : comment s’affranchir des problèmes de main-d’œuvre ?

 

Une culture plus technique et risquée mais qui peut être rémunératrice

En outre, les semences ou plants pour les légumes d’industries sont plus chers que celles des céréales. Jean-Claude Orhan, producteur et président du Cenaldi (et administrateur de la coopérative Eureden) rappelle : « La diversification en légumes d’industrie a un coût : c’est une culture plus technique, qui demande plus de suivi, elle est plus risquée. C’est du jardinage à grande échelle. Mais la diversification est à forte valeur ajoutée pour ceux qui s’y risque. Si c’est bien fait, ça dégage des bénéfices supérieurs à ceux des céréales ou des protéagineux. Un prix correct serait 15 et 20 % de marge supplémentaire à du blé ou du maïs pour une culture de légumes d’industrie réussie. »

De plus, on ne rappelle plus l’avantage de ces cultures de légumes : l’apport d’azote dans le sol, ces espèces étant pour la plupart des légumineuses. Les rotations permettent en outre de limiter la propagation des ravageurs et des maladies. Ce sont donc des cultures très avantageuses à long terme. 

Oui mais voilà : depuis trois ans, sur fond de guerre en Ukraine, les prix des céréales sont très élevés. Cyrille Auguste, président d’Unilet (et directeur général de Bonduelle Europe Long Life) confirme : « Oui le légume d’industrie est une culture de complément, et la rotation rentre en concurrence avec les autres cultures de l’exploitation. » C’est donc un choix de l’agriculteur mais aussi de l’OP -organisation de producteurs- à laquelle il appartient (les producteurs de légumes d’industrie sont quasi tous membres d’une coopérative ou d’une OP ; le Cenaldi, la branche amont d’Unilet, rassemble 16 OP). Et au-delà, le lien entre l’OP et l’industriel.

 

Une connexion entre l’industriel, l’OP et les producteurs

« Il ne peut pas y avoir de déconnection entre la production et l’industrie, rappelle Cécile Le Doaré, directrice générale d’Unilet. Tous les industriels [Unilet rassemble, via son collège aval Fiac Légumes, 9 groupes industriels et 24 sites] ont des contrats avec les OP portant sur des volumes et un calendrier. »

Les OP organisent elles-mêmes avec leurs producteurs les cultures (espèces, calendrier des semis, etc.). Les producteurs sont engagés dans des contrats pluriannuels d’adhésion à l’OP et des contrats annuels d’emblavement et de production. « Le taux de renouvellement dans une OP est de 1 à 2 %, ce qui illustre la fidélité des producteurs à leurs OP », soulignent les professionnels.

Ainsi, 90 % des producteurs sont engagés à moyen-long terme. Mais des « producteurs opportunistes », une « minorité », sont tout de même une réalité, reconnaissent les professionnels lors du voyage de presse de l’Unilet.

Lire aussi : Légumes d’industrie : pourquoi la survie de la filière est menacée [février 2023]

Les plus lus

<em class="placeholder">Un champ de chou-fleur en Bretagne.</em>
Crise sur les légumes d’hiver : « Il faut que toute la filière fasse de la pédagogie sur le vrai prix des légumes »

La météo très douce, qui a accéléré les cycles de production tout en limitant la consommation, entraîne une crise sans…

<em class="placeholder">Vue extérieure du bâtiment de la casserie de l&#039;entreprise Escoute,  à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne)</em>
Amandes dans le Lot-et-Garonne : la casserie d’Escoute au service de la relocalisation de la production

Le projet de relocalisation de la culture de l’amande dans le Sud-Ouest, porté par l’entreprise Escoute, vient de franchir une…

<em class="placeholder">Cédric Sanchez, arboriculteur à l&#039;Ile-Sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales.</em>
Clémentines en Pyrénées-Orientales : intégrer le risque de gel et de froid

La clémentine s’impose comme l’une des voies de diversification dans les vergers des Pyrénées-Orientales. Les références…

<em class="placeholder">Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente. </em>
Maraîchage en Charente : « Je blanchis mes serres multichapelles une fois par an »

Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente, a témoigné de sa stratégie pour limiter les hausses de température sous abri…

<em class="placeholder">Vue d&#039;ensemble de la serre Arche, en Haute-Corse, dédiée aux agrumes. </em>
Agrumes : en Haute-Corse, la serre Arche sécurise l’avenir de l’agrumiculture

La serre insect-proof implantée sur le site Inrae de San Giuliano en Haute-Corse va protéger l’une des plus grandes…

<em class="placeholder">Des barquettes de tomates cerises emballées dans du plastique, origine France (&quot;Tomates souveraines&quot;). </em>
Tomate cerise origine France : 12 millions de barquettes souveraines vendues pour la première saison
Près 3 000 tonnes de tomates cerises en barquettes souveraines de 250 grammes ont été commercialisées sur cette première…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes