Des PNPP pour la framboise
Des producteurs de framboise d’Ardèche et de Haute-Loire sont également impliqués dans un groupe Dephy Framboise en évaluant l’utilisation de PNPP et en améliorant la biodiversité du sol.
Des producteurs de framboise d’Ardèche et de Haute-Loire sont également impliqués dans un groupe Dephy Framboise en évaluant l’utilisation de PNPP et en améliorant la biodiversité du sol.

Agri Bio Ardèche accompagne un groupe de dix producteurs dans le cadre d’un Dephy Ferme Framboise. Mis en place en 2017, il réunit des producteurs d’Ardèche et de Haute-Loire, cinq en agriculture conventionnelle, quatre en agriculture biologique et un en conversion. Ils produisent en sol sous abri, représentant au total 6 ha de framboisier. Chez la plupart d’entre eux, la framboise fait partie d’une production diversifiée de fruits rouges : fraise, mûre, groseille, cassis… « Le dispositif collectif de Dephy Ferme est très enrichissant et permet aux producteurs de partager leurs expériences et d’échanger car certains d’entre eux sont de nouveaux producteurs de framboise », témoigne Céline Venot, chargée de mission à Agri Bio Ardèche qui assure le remplacement temporaire de Fleur Moirot, animatrice du Dephy Framboise. Pour diminuer l’usage des produits phytosanitaires, le groupe s’est donné plusieurs axes d’expérimentation, notamment l’utilisation de Préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) de type décoction de prêle et de tanaisie, purin d’ortie, macérat d’ail, élaborés par les producteurs ou achetés. « Un producteur a utilisé essentiellement et avec succès ces préparations à base de plante pour renforcer les défenses de ses framboisiers », confie Céline Venot.
Un paillage à base de laine de mouton
Un travail sur le piégeage massif de Drosophila suzukii, un des principaux ravageurs de la framboise, a également été entrepris mais n’est pas suffisant dans certaines zones et des pertes de récoltes sont tout de même liées à ce ravageur. La réduction des produits phytosanitaires a aussi été envisagée avec l’apport de BRF sur le rang qui limite le développement des adventices. « Le BRF peut également faciliter le développement de champignon du genre Glomus permettant de limiter la présence de Phytophthora », mentionne la chargée de mission. A noter également chez un agriculteur, la mise en place d’un « paillage » à base de laine de mouton efficace pendant deux ans. Dégradable, il apporte aussi des ressources minérales au sol. La gestion de l’entre-rang peut s’effectuer avec la mise en place d’engrais vert. « En 2017, un producteur a semé en avril un mélange luzerne-trèfle-avoine qui a été tondu pendant la période de récolte puis incorporé au sol à l’automne lors du broyage de cannes », explique Céline Venot. En 2018, un mélange phacélie-moutarde sera testé. Le groupe s’intéresse également à la vie du sol et sa biodiversité, avec pour objectif de placer la plante dans les meilleures conditions de développement. Ainsi, il s’est doté d’appareils de mesure du pH et du Potentiel d’oxydo-réduction (Redox) du sol et évalue également le paramagnétisme du sol. Accompagnés par un spécialiste du sol et en mesurant ces différents paramètres, les producteurs cherchent à favoriser la vie du sol. « Certains producteurs ont réalisé des apports de basalte dans ce but, le suivi régulier de ces mesures permettra, au fil du temps, de tirer des apprentissages des différentes pratiques réalisées par les producteurs », note Céline Venot.
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