Ardèche et Drôme : La bactérie menace le kiwi
Face à la recrudescence de la bactériose du kiwi en Ardèche et dans la Drôme, la profession s’inquiète. Dans certains secteurs, l’arrachage a commencé.
Face à la recrudescence de la bactériose du kiwi en Ardèche et dans la Drôme, la profession s’inquiète. Dans certains secteurs, l’arrachage a commencé.

Si la bactérie n’a pas encore contaminé tous les secteurs de production, l’inquiétude, elle, n’épargne personne. En Ardèche et dans la Drôme, une recrudescence de la virulence de la bactériose du kiwi est en effet observée, principalement au nord du secteur valentinois. L’agent pathogène de cette maladie, la bactérie Pseudomonas syringae pv actinidiae (PSA), menace donc la pérennité des vergers et l’arrachage de parcelles a démarré.
La situation est plus contrastée dans le secteur de Loriol-sur-Drôme : certains vergers sont déjà condamnés, mais d’autres sont encore indemnes. Sur l’autre rive du Rhône, du côté de la vallée de l’Eyrieux et d’Aubenas, de nouveaux foyers ont également été découverts. Le problème est qu’il n’existe, à l’heure actuelle, aucun traitement pour endiguer la bactériose. Pour les producteurs des deux départements, cela est loin d’être anodin. L’Ardèche produit près de 2 700 t de kiwis et la Drôme, l’un des cinq principaux départements producteurs en France, plus de 3 000 t1.
L’eau, vecteur de contamination
Dans le cadre d’un projet de recherche financé par le ministère de l’Agriculture et en parallèle de la mise en place de plan de surveillance, une enquête parcellaire a été réalisée dans 48 vergers d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Nouvelle-Aquitaine. Les résultats de l’étude, présentés à une cinquantaine d’arboriculteurs drômardéchois, en octobre dernier, confirment le lien entre l’état sanitaire de l’environnement proche et le risque de contamination d’une parcelle, d’autant plus fort en cas de vent dominant.
La présence de haies permet d’empêcher, sinon de ralentir, la contamination. Un stimulateur de défense des plantes (Bion 50 WG), un engrais foliaire (Cuivrol), deux formes de cuivre (Nordox 75 WG et Cupprocaffaro) et un régulateur (Sitofex) ont été testés. Les traitements cupriques ont été les plus efficaces (présence et virulence), mais le stimulateur de défense et le régulateur de croissance présentent une faible efficacité. Les traitements cupriques préventifs suscitent toutefois des interrogations puisque des formes de résistance de la bactérie peuvent survenir avec le temps.
L’étude menée n’a en revanche pas permis d’identifier un type de composition de sol plus sensible qu’un autre à la bactérie. Impossible aussi de dégager des tendances fiables quant à la présence d’azote en grande quantité, qui semble pourtant jouer sur « l’immunité » du sol. La présence d’eau libre dans le sol peut, elle, être à l’origine d’une contamination. Il est donc recommandé d’éviter de travailler dans les parcelles par temps humide. Des systèmes de couverture des vergers ont été testés dans le Sud-ouest, ils peuvent prévenir d’une contamination par la pluie. Attention toutefois à l’effet de confinement en présence de la bactérie.
1. Chiffres FranceAgriMer.