Aller au contenu principal

AOP et IGP doivent répondre aux nouvelles attentes sociétales

“Faux local”, durabilité, bien-être animal, partenariat… Retour sur la table ronde des Assises de l’Origine, qui a fait le point sur les enjeux auxquels doivent répondre les AOP et IGP pour garder leur avance en tant que produit valorisé.

La table-ronde a réuni, de gauche à droite, Joseph Giraud (directeur du Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou), Pierre Harambat (président du Consortium du jambon de Bayonne), Marc Duret (directeur Partenariat PME et monde agricole chez Carrefour) et Yves Boncompain, président de l’Union des Centres Techniques Régionaux de la Consommation en Nouvelle-Aquitaine.
© Julia Commandeur - FLD

Les Assises de l’Origine ont aussi été l’occasion de débattre, lors d’une table ronde, des nouveaux enjeux auxquels doivent répondre les IGP et AOP. « Il faut utiliser le signe de qualité pour faire reconnaître tout ce qu’il y a derrière, les points positifs pour les territoires, pour l’environnement, le bien-être animal, pour les enjeux sociétaux, bref tout ce qui est demandé par les consommateurs, estime Pierre Harambat, président du Consortium du jambon de Bayonne. Nous avons fait faire des études d’impact, cela sert bien pour communiquer. Et nous sommes en train de réfléchir à revoir nos cahiers des charges ». Et Joseph Giraud, directeur du Syndicat des Laiteries Charentes-Poitou, d’acquiescer : « Le beurre de Charentes-Poitou aussi est en train d’enrichir son cahier des charges vis-à-vis des attentes nouvelles des consommateurs, ce qui permettra une valorisation de nos produits, donc une protection supplémentaire pour nos producteurs ». « N’oubliez pas de demander l’avis des consommateurs lors de l’enrichissement de vos cahiers des charges ! », prévient Yves Boncompain, président de l’Union des centres techniques régionaux de la consommation en Nouvelle-Aquitaine.

Multiplication les logos et “local bashing”

Les producteurs de la salle ont également dénoncé « la multiplication des labels et logos privés qui jouent sur le local sans en être vraiment » (“origine France”, “produit en Aquitaine”…), notamment de la part « des enseignes de la GMS qui lancent leurs propres démarches sans y associer les IG ». « Oui, le local est à la mode, reconnaît Marc Duret, directeur Partenariat PME et monde agricole à Carrefour. Mais Carrefour n’est pas sur un local opportuniste. Pour beaucoup de PME, Reflets de France, créé en 1996, a été un formidable tremplin, notamment pour les IG puisque notre ADN c’est le territoire. Votre force, c’est la qualité de vos cahiers des charges. Mais attention, car en notoriété spontanée, les consommateurs connaissent le bio et le Label Rouge mais pas les IGP et AOP. Il y a des choses à faire. Oui, vos cahiers des charges doivent évoluer, sur toutes les nouvelles attentes : environnement, durabilité, bien-être animal, valeurs sociétales… Enfin, je crois beaucoup à la blockchain. Je pense que c’est l’outil qui séparera les bons des mauvais. En développant cette traçabilité, vous, IGP et AOP, serez plus à l’aise à la commercialisation. »

Envisager des partenariats entre indications

En fin de session, Claude Vermot-Desroches, président d’oriGIn France et d’oriGIn Monde, a encouragé les AOP et IGP à faire « évoluer leur cahier des charges avec des notions de durabilité » et a appelé à « une accession des IG aux financements du développement rural », « à des mesures de simplification quand une IG veut évoluer », « des moyens de communication plus forts car les deux logos sont noyés dans tous ces nouveaux logos privés ». Il a aussi proposé d’instaurer une solidarité entre produits, en mettant en place une veille croisée. Les IG italiennes et la tequila mexicaine ont ainsi signé une convention, cette dernière surveillant les produits italiens sur le marché sud-américain et inversement. « Soyez plus acteurs, plus promoteurs !, a-t-il conclu. Les IG c’est le bon modèle agricole qui a le vent en poupe. »

Une version courte de cet article a été diffusée dans FLD Hebdo du 13 juin.

« Utilisez les études d’impact de vos appellations sur les territoires pour communiquer ».

Les plus lus

« L’asperge est une culture rentable si on maîtrise ses charges » : dans les Landes, la coopérative Maïsadour à la recherche de producteurs d’asperges

Dans les Landes, la coopérative Maïsadour recherche 3 à 4 producteurs d’asperges en projet d’installation ou de…

Boîtes de légumes petits pois et haricots verts d'aucy de la gamme Bien cultivés avec le logo Origin'Info.
Baisse de la consommation des légumes en conserve : comment d’aucy (coopérative Eureden) entend s’adapter ?

Face à la baisse des ventes de légumes appertisés, la coopérative d’aucy, filiale du groupe breton Eureden prévoit une…

portrait de mathilde chambe dans un verger de cerisiers
« En saison, c’est toujours l’urgence. En cerise, il faut aller vite » : Mathilde Chambe, expéditrice dans les Monts du Lyonnais

Mathilde Chambe est expéditrice de fruits dans les Monts du Lyonnais. Jeune et dynamique, proche des producteurs, elle ne…

Tomates cerise en vrac, origine indéfinie.
Tomates marocaines en France : vers un accord bilatéral

Mi-mars devrait être signé un accord bilatéral entre les représentants des producteurs de tomates marocains et français. L’…

cerise - Drosophila suzukii
Parsada : quels projets de recherche concernent les fruits et légumes ?

Le ministère de l'Agriculture a annoncé les 27 projets lauréats du dispositif Parsada pour 2024. Quinze concernent directement…

Pommes : comment Blue Whale entend dynamiser le rayon pommes ?

Redynamiser le rayon pommes pour faire face à la baisse de consommation de ce fruit : c’est la mission que s’est donnée…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes