Commercialisation
Abricot : précocité, volumes et qualité
La saison de l’abricot a commencé avec une quinzaine de jours d'avance, en concurrence directe avec le produits espagnols.
La saison de l’abricot a commencé avec une quinzaine de jours d'avance, en concurrence directe avec le produits espagnols.

L’abricot français a, cette année, au moins deux semaines d’avance selon les opérateurs. « La saison a commencé début mai et devrait se terminer mi-août. D’habitude elle débute mi-mai et court jusqu’à début septembre », détaille Stéphane Durand, directeur de la coopérative Teranéo dans les Pyrénées-Orientales. Cette avance a lieu dans les trois bassins de production français. Les raisons : un hiver très froid qui a permis une belle dormance et un beau printemps qui a favorisé une floraison précoce. Conséquence : l’abricot français est arrivé sur le marché en pleine saison espagnole avec les mêmes variétés vendues beaucoup moins cher. Et l’offre de produits a été, dès le départ, sur le marché français largement plus importante que la demande.
Si certains ont manifesté dès les premiers jours leur mécontentement face cette concurrence, d’autres, à l’image de ce producteur du sud de la France, sont plus philosophes : « On ne peut pas s’en prendre à nos clients, qui sont nos partenaires, ils avaient des contrats à ce moment-là avec les Espagnols… C’est comme ça ». Néanmoins, une fois la saison espagnole passée, la question du prix demeure. « On a commencé la campagne à bas prix, c’est difficile ensuite de le remonter », témoigne un opérateur.
Selon Agreste, « les cours de mai sont inférieurs de 18 % à la moyenne 2012-2016 ». En Roussillon, certains estiment cette baisse des prix entre 20 à 25 % par rapport à l’an dernier.
La production française était estimée début juin pour 2017 à 145 000 t. Un volume en forte hausse si on le compare à la récolte de 2016 : +28 %, « mais légèrement inférieure à la moyenne des années 2012-2016 (-3 %) », précise Agreste.
L’an dernier, la récolte en Vallée du Rhône avait été largement déficitaire. En 2017, elle retrouve un niveau convenable (+56 %), mais encore en dessous de la moyenne des quatre dernières années.
En Languedoc et Roussillon, la campagne a débuté précocement. La production est confirmée en légère hausse sur un an : +2 %.
En région Paca, la production est estimée à 11 % de plus qu’en 2016 selon Agreste. Le gel a semble-t-il fait moins de dégâts qu’initialement craint.
Une chose est sûre : la production française est cette année particulièrement goûteuse. Et c’est cette carte-là que pourrait jouer la distribution.