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Un système d’information sur le pastoralisme

En Occitanie, on collecte des données sur pastoralisme et le comportement des brebis.

Marianne JOUVEN, enseignante-chercheur à Montpellier Supagro, s'intéresse au pastoralisme et travaille sur la collecte des données en lien avec cette pratique. © DR
Marianne JOUVEN, enseignante-chercheur à Montpellier Supagro, s'intéresse au pastoralisme et travaille sur la collecte des données en lien avec cette pratique.
© DR

Le projet P@stor’all va débuter en mars et s’étendra sur trois ans avec pour objectif la conception d’un système d’information à destination des éleveurs pastoraux. Il devrait regrouper de nombreuses données issues de témoignages d’éleveurs et bergers, de relevés météorologiques, de photos satellites et de capteurs GPS. Ces données, une fois analysées, vont permettre d’identifier les facteurs qui déterminent le comportement des animaux dans l’espace.

Sept éleveurs (5 en ovins allaitants, 1 ovin laitier et 1 caprin) sont déjà intégrés dans le projet et chacun d’entre eux équipera un animal et le but est d’avoir des données « basiques » (mouvements animaux, surface couverte, vitesse de déplacement, etc.) qui seront analysées plus en détail que ce que permettent les applications aujourd’hui. D’autre part, les troupeaux ovins des fermes expérimentales du Domaine du Merle et du Domaine de La Fage seront également équipés de 20 à 30 capteurs. « Les animaux porteurs du GPS seront alors choisis avec soin, il peut s’agir des meneuses, des fédératrices qui ont toujours une grappe d’animaux autour d’elles, détaille Magali Jouven, enseignante-chercheuse à Montpellier Supagro et coordonnatrice du projet. Il sera possible d’étudier si l’âge de la brebis joue sur son comportement, ou son génotype, son niveau de production, etc. » Les capteurs utilisés dans P@stor’all seront avant tout des capteurs disponibles sur le marché (1 par exploitation), l’idée n’étant pas de développer un nouveau prototype de balise mais d’approfondir l’utilisation des données qui sont déjà fournies. Les domaines expérimentaux seront équipés en plus d’un plus grand nombre de capteurs à vocation expérimentale.

Une approche transversale pour le pastoralisme

Pour l’instant, le projet porte sur la région Occitanie, mais il sera par la suite étendu à l’arc méditerranéen. « Plus il y aura de données collectées, plus les chercheurs seront en capacité de faire des analyses génériques qui soient transversales. Petit à petit, les observations pourront être transposables à d’autres systèmes dans d’autres régions qui sont confrontés à des problématiques similaires au pastoralisme occitan (parcours…) », reprend Magali Jouven. Le système d’information sera surtout pertinent pour les éleveurs ayant des surfaces pastorales hétérogènes. Il pourra être vu comme un outil d’aide à la décision et pourra permettre de définir des itinéraires pastoraux, des stratégies de valorisation de certaines zones ou de certains végétaux, appuyés par les expériences de chacun. Le système d’information sera aussi une mine de documentation et de preuves scientifiques pour soutenir les arguments en faveur du pastoralisme.

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