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« Notre exploitation caprine héberge une biodiversité importante »

Jean-Christophe et Sylvie Durepaire, éleveurs de chèvres dans le Loir-et-Cher, entretiennent sur leur ferme une biodiversité importante. Elle est facilitée par les infrastructures écologiques en place, mais également grâce à des pratiques d’élevage et de culture accueillantes pour le vivant.

La ferme de Bréviande a quelque chose de particulier : loin de l’imaginaire d’une campagne silencieuse, celle-ci piaille, gazouille et bourdonne. Menée par Jean-Christophe et Sylvie Durepaire depuis 1995, elle évolue en bio depuis 1964, à l’époque sous la mention Nature et Progrès. « Pour nous c’est important de maintenir la biodiversité. Je dirais même que ça va avec notre engagement en bio. C’est un tout. Le bio aide à maintenir notre patrimoine naturel », explique Jean-Christophe.

Un cadre propice à l’épanouissement du vivant sur la ferme

Pour héberger de la biodiversité, la ferme de Bréviande est idéalement située. Le terrain contient d’abord un étang. L’existence de ce plan d’eau est un atout majeur pour satisfaire la biodiversité. Il attire les oiseaux, et permet la présence d’une faune et flore exclusive au milieu d’eau douce : poissons, batraciens, insectes des milieux humides… « L’abondance de moustiques permet aux populations de chauves-souris de se développer », ajoute Jean-Christophe. Ensuite, à quelques kilomètres de la ferme se trouve la maison botanique de Boursay. Elle conseille, accompagne et finance le plantage de haies dans la région du Perche. La famille Durepaire est pleinement convaincue par la démarche de replantage et plantage de haies, et leur ferme en compte au total une dizaine de kilomètres. Parmi les infrastructures d’intérêt écologique, il faut ajouter une mare, des bois et bosquets, une prairie naturelle, un verger, quelques ruches, une pépinière et plusieurs trognes.

Conduite technique d’intérêt écologique

La conduite technique de l’exploitation Durepaire se fait en synergie avec sa vision écologique. L’exploitation est autonome en fourrages et céréales, avec 50 ha de cultures ayant comme seul apport le fumier composté et des bactériolites. Les 110 chèvres de race alpine sont au pré de mars à octobre, et gérées en pâturage tournant dynamique. Les trognes et les haies, comptant 30 à 40 espèces ligneuses différentes, dont certaines choisies pour résister au réchauffement climatique, pourvoient l’élevage en fourrage et fournissent du bois de chauffage. « Par rapport au changement climatique, on fait également quelques essais sur le fourrage, développe-t-il. On a planté un peu de trèfle de Perse, du teff grass et du trèfle d’Alexandrie. »

Les pratiques agricoles ont une incidence forte sur la biodiversité. « Il y a 15-20 ans, il y avait plusieurs alouettes dans le ciel. Je n’en ai vu aucune cette année. Ces oiseaux sont parmi les plus sensibles aux pratiques agricoles, car ils nichent directement au sol. Leurs nids sont détruits lors de la fauche. Ils sont également très sensibles aux pesticides qui fragilisent la coquille de leurs œufs, se désole l’éleveur qui reste optimiste. De plus en plus de conventionnels font un pas vers la biodiversité par l’installation de haies. Ils comprennent qu’elles ont un intérêt pour l’ombrage, le fourrage et empêcher le ruissellement. »

Programme OFV

Jean-Christophe fait partie du programme Oiseaux de nos fermes et de nos vignobles depuis qu’il a été lancé en 2017. Il s’agit d’un programme permettant aux agriculteurs de proposer des parcours d’observation des oiseaux et de la biodiversité sur leur ferme. L’objectif est surtout de sensibiliser un public citadin au monde agricole via des parcours ornithologiques. Aujourd’hui, environ vingt-cinq parcours existent dans le Loir-et-Cher. « Ma ferme attire des spécialistes de tous genres : des botanistes, entomologistes, chiroptérologues, ornithologues… Des inventaires ont été faits. En deux heures seulement, un expert peut identifier une cinquantaine d’oiseaux, et il y en a bien plus en réalité. »

Une relève assurée

La fin d’activité est prévue en 2026 pour Jean-Christophe Durepaire, dont la succession va être assurée par son fils, Clément Durepaire, en 2027. « Je veux mettre encore plus d’arbres, des arbres fruitiers notamment, et avoir une activité de transformation. Je souhaite perdurer dans un modèle biologique et favorable à la biodiversité », projette Clément.

Le trèfle du Perche

Jean-Christophe Durepaire fait partie de la vingtaine de producteurs à commercialiser le fromage CCP Trèfle du Perche. « C’est un fromage fait à partir d’un vieux moule retrouvé dans la Sarthe, la production a été relancée en 2005. » Il réalise 10 à 15 % de son volume de vente avec ce fromage.

 

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