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Prairies : la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou étudie les stocks sur pied

Les stocks sur pied visent à ne plus distribuer durant l’été du foin récolté peu de temps auparavant. Deux modalités sont comparées : une conduite au fil avant et un pâturage libre.

La technique de report sur pied de la végétation consiste à laisser pousser l’herbe après au moins une valorisation en pâturage ou en fauche, et à la faire pâturer au bout de quelques semaines à plusieurs mois. « L’objectif est de ne plus distribuer en juillet dans des râteliers du foin récolté en juin », présente Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou dans le Maine-et-Loire. « Cette pratique économise le travail et les charges de mécanisation, et avec le carbone. » 2022 est la première des trois années de l’essai. Ce sont donc des premières tendances qui sont présentées ici. Une analyse des résultats sera disponible fin 2024.

Cet essai porte sur des animaux à très faibles besoins durant les mois d’été : des limousines gestantes, qui vêlent à partir du 1er septembre. Deux modalités de pâturage sont comparées : une conduite au fil avant avec un repas par jour, et un pâturage libre. Pour chacune, un lot de 15 vaches pâture sur 1,75 hectare d’une prairie de deuxième année à flore variée type Thorigné (10 kg de fétuque élevée, 8 kg de RGA, 3 kg de trèfle blanc, 3 kg de trèfle hybride et 3 kg de lotier).

Des vaches qui ont bien pâturé et n’ont pas perdu de poids

En 2022, la ferme n’a reçu que 170 mm de précipitations entre le 1er janvier et le 1er août. La parcelle a été pâturée une seule fois entre le 6 et le 13 avril. L’essai a commencé quand il n’y a plus eu d’herbe verte disponible sur la ferme pour ce lot, ce qui est intervenu le 5 juillet 2022.

« À l’entrée début juillet, la biomasse était faible : elle représentait 2 tMS/ha. Nous avons mesuré un taux de valorisation des stocks sur pied supérieur à 95 % pour les deux modalités de conduite », présente Julien Fortin. Pour le pâturage au fil avant, la ration journalière couvrait 95 % de leurs besoins théoriques. Les vaches venaient d’une parcelle verte et elles ont bien mangé ces stocks. Elles ont « rasé » le couvert (hauteur de sortie d’environ 2 cm) en ne laissant que les plus grosses tiges.

Sept jours de pâturage gagnés avec un fil avant

Les vaches étaient en état à leur entrée, avec une note d’état corporel de 2,15 de moyenne. Pour le lot en pâturage libre, ces stocks ont nourri les 15 vaches pendant 20 jours (jusqu’au 25 juillet). Pour le lot en conduite avec fil avant, l’essai a duré 27 jours - soit sept jours de plus (jusqu’au 1er août). « Dans les deux lots, les vaches n’ont pas perdu de poids et leurs notes d’état corporel montrent une (très) légère perte d’état. Pour des gestantes, cela montre qu’elles ont légèrement compensé », explique Julien Fortin.

Un essai à suivre, qui permettra aussi d’analyser l’impact de cette conduite sur le redémarrage de la pousse sur les trois ans d’essai. L’effet sur la fertilisation par les bouses et les pissats et des bénéfices pour la vie du sol par rapport à une distribution au râtelier seront ainsi approchés. L’évolution des rumex et chardons (tous deux peu présents dans la parcelle au départ de l’essai) sera aussi observée.

En parallèle, un essai analytique a été mis en place pour étudier la nature de la prairie la mieux adaptée à cette pratique de stocks sur pied. Deux types de prairie plutôt « pâture » et deux types plutôt « fauche » seront comparées. La date de la dernière exploitation avant de laisser pousser (le 1er mai, le 15 mai ou bien le 1er juin) sera aussi analysée. Résultats attendus fin 2024.

La ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou a d’autre part démarré en 2022 un essai de trois ans sur le bale grazing en été et en hiver, et un autre essai également sur trois ans est en cours sur le pâturage hivernal.

Les stocks sur pied pour allonger le pâturage en été ou en hiver

Le report sur pied consiste à différer le pâturage des pousses du printemps ou de l’automne de quelques semaines à plusieurs mois. Ces stocks de faible valeur alimentaire sont souvent pâturés en été, mais cela peut aussi se faire en hiver. Ils permettent d’allonger la période de pâturage quand les autres parcelles ne poussent plus, et d’économiser ainsi sur la mécanisation et le travail. Ils apportent aussi de la souplesse à l’organisation du pâturage : on peut les utiliser sur une période de plusieurs mois au moment où on en a besoin. Le report sur pied est aussi pratiqué en vue de bénéfices agronomiques : capacité de croissance future des plantes, égrainage naturel de la parcelle.

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